Nouveau sabotage de l’eau de Villefranche
J’ai constaté hier que VEOLIA (sa filiale SADE) a commencé (et presque terminé) l’installation des tuyaux de transfert des égouts de la vallée de Louattes vers la vallée du Nizerand. Ce transfert intervallées des eaux usées va donc dégrader un peu plus la qualité de l’eau distribuée à 60 000 usagers et à l’usine de fabrication d’aliment pour bébés. En effet, environ 30 % de l’eau distribuée provient du Nizerand (mesures fournies au Tribunal Administratif). De plus, la récente étude BAC de la CAVIL prouve que le Bassin d’Alimentation des Captages de Villefranche est principalement la vallée du Nizerand.

Carte du Bassin d'Alimentation des Captages de Villefranche avec le projet de transfert des eaux usées de l'extérieur vers l'intérieur du BAC
L’inconcevable risque d’être fait : transférer les eaux usées de l’extérieur de la zone d’action du BAC officiel du Préfet (Arrêté Préfectoral de délimitation) vers l’intérieur de zone sensible des captages de Villefranche. La pollution de nos captages par les polluants des égouts de Louattes va donc augmenter fortement (30 % de l’eau que nous buvons vient du Nizerand où les eaux polluées vont être rejetées).
Dans le monde entier, les hommes font tout leur possible pour éviter de boire leurs égouts. Ici dans le Beaujolais, c’est le contraire : depuis 10 ans, la CCBNM concentre les égouts de son territoire vers la vallée du Nizerand. Tous les marchés publics sont attribués à VEOLIA (tuyaux ici, construction et exploitation de la station d’épuration), d’où des soupçons de corruption car tous ces travaux sont évidemment contraires à l’intérêt général. De plus, l’attribution de ces marchés à VEOLIA est IMMORALE, car cette entreprise exploite aussi les captages de Villefranche. VEOLIA va donc gagner de l’argent en polluant l’eau (par les égouts de la CCBNM) et en dépolluant ensuite la même eau (usine de traitement de l’eau du robinet).
Une lettre avait été envoyée au Sous-Préfet en mai 2010 sur ce sujet : aucune suite alors que la station d’épuration a un fonctionnement illégal (jugement du Tribunal Administratif de 2009).
Rappel : une station d’épuration retient les matières solides (fécales et papier) et une partie des polluants fixés sur les particules solides, mais n’épure pas chimiquement les eaux du restant des polluants dissous non visibles (ceux qui polluent l’eau du robinet : pesticides, résidus médicamenteux, hormones, nitrates, solvants…). Au contraire, ses grands bassins sont des réacteurs chimiques qui produisent des produits cancérigènes non présents dans les eaux non traitées. Par exemple, la station du Nizerand, où vont aller les eaux de Louattes, est une véritable usine à fabriquer des nitrates. Des mesures de VEOLIA en décembre 2008 prouve que la quantité de nitrates est multipliée par 5 entre l’entrée et la sortie de la station « d‘épuration ».
J’appelle tous les usagers, citoyens, élus à se mobiliser pour empêcher cette nouvelle pollution des captages de Villefranche.
2011 in review
Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2011 pour ce blogue.
Voici un extrait:
La salle de concert de l’Opéra de Sydney contient 2 700 personnes. Ce blog a été visité environ 14 000 fois en 2011. Si c’était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 5 représentations à guichets fermés pour pour qu’autant de personnes le voient.
Nouvelle dégradation de la qualité de l’eau à Villefranche
Les dernières analyses de l’eau du robinet sont inquiétantes. Après la détection d’un pesticide interdit dans l’eau brute (monuron en mars 2011), un pesticide interdit vient d’être détecté dans l’eau du robinet distribuée aux usagers : 30 ng/l de simazine le 9 juin 2011. Comme pour d’autres analyses proches, une forte suspicion d’un usage illégal de simazine existe. La simazine a été interdite en 2003, et ne peut pas réapparaître sans raison dans l’eau distribuée.
Pour la pollution aux HAP (qui a démarré en 2007 dans l’eau du robinet), un nouveau seuil vient d’être franchi le 2 juillet 2011 avec 4 HAP en même temps détectés dans l’eau distribuée avec une concentration totale 107 ng/l.
En plus, le pesticide présent depuis longtemps ne baisse pas : 82 ng/l d’oxadixyl dans l’eau du robinet le 4 août 2011. Le 2 décembre 2010, la concentration totale en pesticides dans l’eau distribuée avait atteint 154 ng/l.
Le 4 août 2011, la pollution de l’eau du robinet au trichloréthylène a atteint 1 100 ng/l (tétrachloréthylène : 3 700 ng/l). Cette nouvelle pollution est inquiétante car le trichloréthylène est un cancérigène à toxicité sans seuil, une seule molécule dans l’eau du robinet peut causer un cancer, puis la mort d’un usager. De plus, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) vient de reconnaître, officiellement, que le trichloréthylène (TCE) est un produit «cancérigène chez l’humain par toutes les voies d’exposition». Auparavant (1987), le produit était classé comme «cancérigène probable». Le TCE y est aussi reconnu comme pouvant causer des maladies autres que le cancer.
Et toujours, l’efficacité du traitement de l’eau est douteuse, le 9 juin 2011 on avait 40 µg/l ( 40 000 ng/l) d’aluminium et 17 µg/l de manganèse dans l’eau du robinet. La concentration en manganèse de l’eau brute est autour de 50 µg/l (le traitement à l’aluminium sert à enlever le manganèse), donc le gestionnaire privé rajoute dans l’eau plus d’aluminium neurotoxique, qu’il n’enlève de manganèse, oligoélément bon pour la santé. L’année dernière, le président de la CAVIL avait dit qu’il “étudiait” la suppression de l’aluminium, qu’attend-il?
L’évolution du nombre de pesticides détectés lors d’une même analyse dans un puits de captage (P3) montre également la forte dégradation de la qualité de l’eau captée depuis 2008.
Pollution industrielle illégale dans le Nizerand (ça continue)
Depuis des années, sur la commune d’Arnas, des industriels rejettent illégalement des eaux polluées dans la rivière du Nizerand qui alimente les captages d’eau potable de Villefranche. Les autorités ne font rien pour stopper les pollutions, et protègent même les pollueurs. Nous avons rencontré le Maire d’Arnas qui nous expliqué que tout allait bien, que les lois étaient respectées sur sa commune. Les preuves du contraire dans les photos suivantes (voir aussi les anciennes photos).
En été et en automne, le Nizerand est à sec, il est donc possible de voir les rejets industriels, mais en hiver, l’accès est impossible car la rivière coule. Les rejets illégaux continuent probablement en hiver.
Et en 2011, ça recommence :

Rejet illégal de la société EPUR dans le Nizerand à sec, toute la pollution s'infiltre et va rejoindre à 100 % les captages d'eau potable (21/09/2011)
En plus voici une photo du premier site d’EPUR.
C’est honteux pour notre région d’avoir un site pareil juste au-dessus de nos captages. L’activité d’EPUR n’a jamais fait l’objet d’une vraie étude d’impact, l’arrêté préfectoral date de 1982. Il faut une révision de l’arrêté préfectoral, qui ne peut aboutir qu’à la fermeture du site.
En un peu plus en aval, c’est pire. EPUR exploite un site sans autorisation préfectorale. Les photos du stockage illégal, caché derrière un mur, de déchets non triés ont déjà publié sur ce blog. Actuellement de nouveaux stockages de bois ont lieu sur le site, sans autorisation, malgré un premier incendie en mai 2011 qui a fortement pollué le Nizerand.
Le maire d’Arnas défend EPUR en disant que l’ancien Arrêté Préfectoral de REGEMAT a été repris par EPUR. Cela est impossible car l’ancien AP s’annulait au bout de 2 ans d’inexploitation du site, or il y a eu plus de 2 ans entre la faillite de REGEMAT et l’arrivée d’EPUR sur le site (document écrit en mairie d’Arnas prouvant le délai supérieur à 2 ans).
Il est clair que les activités de la société EPUR sont totalement incompatibles avec la présence en aval d’un captage d’eau potable alimentant 60 000 personnes, plus l’usine BLEDINA. Soit EPUR, soit le captage doit déménager. Nous demandons à nos élus de prendre une décision politique dans ce sens. La pollution existante des captages étant tellement extrême, c’est bien sûr aux captages de déménager, mais les responsables de la pollution (EPUR, HENKEL, solvants chlorés, pesticides) doivent payer. Les usagers ne sont pas responsables, ce sont des victimes, ils n’ont pas à payer.

Rejet industriel dans le collecteur d'eau pluviale (rue Grange Morin) de la CAVIL qui arrive dans le Nizerand à sec (21/09/2011)
Et un peu plus bas, au rejet du collecteur d’eau pluviale de la CAVIL, toujours le même spectacle depuis des dizaines d’années. Des industriels, au lieu d’envoyer leurs eaux polluées dans le réseau d’assainissement (problème car il y a des contrôles, nouveaux arrêtés préfectoraux de limitation des rejets vers la station d’épuration de VEOLIA), les rejettent illégalement dans la rivière alimentant l’eau potable (mais là il n’y a strictement aucun contrôle).
Un peu plus bas, toujours la même chose, des rejets industriels dans un autre réseau d’eau pluviale de la CAVIL.
Une question que l’on se pose depuis des années : quand est-ce que le Maire d’Arnas et les autorités vont-elles réagir pour faire respecter les lois dans la zone industrielle d’Arnas qui est devenue une véritable zone de non-droit?
Un pesticide interdit retrouvé dans l’eau de Villefranche
Le 9 mars 2011, deux nouveaux pesticides ont été détectés pour la première fois dans un puits de captage sur la commune de Villefranche-sur-Saône, dont le MONURON.
Or le monuron est désherbant INTERDIT EN FRANCE depuis 1994.
L’évaluation de la toxicité de ce pesticide est inquiétante (extrait d’une thèse universitaire). De toute façon, s’il a été interdit en 1994, c’est qu’il doit être particulièrement toxique.
“Le monuron pourrait de plus présenter des propriétés carcinogènes, mais l’insuffisance des études sur cet aspect n’autorise aucune affirmation. Peu de publications sont disponibles sur la toxicité des métabolites. Toutefois, certains produits potentiels de dégradation sont connus pour leurs risques carcinogènes (dérivés phénoliques, anilines). La mise en évidence de propriétés phytosanitaire supérieure ou égale à celle du pesticide pour certains composés résultant de N-déalkylation entraîne une interrogation quant aux risques pour l’homme [21].”
Actuellement le monuron est fabriqué en Chine. Or de récentes enquêtes de la presse et de la télévision prouvent des trafics illégaux de pesticides interdits, provenant de Chine et utilisés en France.
D’où vient le monuron trouvé sur la commune de Villefranche-sur-Saône?
Cette molécule n’a jamais été détectée dans la Saône et dans le Nizerand (eau, sédiments, matières en suspension et bryophytes) :
http://eaubeaujolais.wordpress.com/liste-des-polluants/
Ces deux rivières alimentent à 80 % environ l’eau des captages de la CAVIL. Donc le monuron devrait venir des 20 % d’alimentation restante, la nappe phréatique en amont (à l’ouest) du champ captant. La moitié est occupée par la zone industrielle d’Arnas (pas d’utilisation de ce pesticide), et l’autre moitié par les périmètres de protection, qui sont en fait une vaste zone de culture intensive, où les pesticides sont utilisés à tout va.
(quand on voit cette photo, on imagine la dose qu’il doit rester dans les légumes vendus à coté dans les grandes surfaces et les marchés locaux : double peine pour les habitants du Beaujolais, eau et légumes aux pesticides)
A l’intérieur des périmètres de protection, on a une vaste zone de culture de céréales au nord (blé-orge et maïs, le monuron n’est pas adapté à ces cultures) et une immense zone de cultures maraîchères au sud. La substance interdite pourrait donc provenir d’une utilisation en maraîchage.
De plus, le monuron a été quantifié dans le puits n°3 avec une concentration de 30 ng/l. Or le P3 est l’un des puits les moins exposés et les plus protégés des 14 puits du champ captant, car il est l’un des plus éloignés de la Saône et des cultures intensives. Quelle aurait été la pollution du monuron si l’analyse avait été réalisée dans le P4, P6 (arrêté) ou P7 (drains)? Probablement bien plus importante, et supérieure à la norme de 100 ng/l.
Quand?
En 1994 (date de l’interdiction du monuron), une étude agropédologique complète a été réalisée par la Chambre d’Agriculture du Rhône, sur les activités agricoles à l’intérieur des périmètres de protection. Une liste impressionnante (plusieurs dizaines) des pesticides maraîchers utilisés dans les périmètres est donnée. Le monuron n’est pas dans cette liste. Donc le monuron retrouvé en 2011 dans le P3 ne provient pas d’une activité légale avant 1994. Il devrait provenir d’un épandage récent en 2010 ou 2011. De plus, l’absence totale de détection avant 2011 dans tous les milieux suggère une utilisation récente donc illégale.
Les responsabilités du Maire :
-
La distribution de l’eau potable (même s’il y a une communauté, un syndicat ou un exploitant privé, le Maire reste toujours le principal responsable pénal en cas de problème).
-
Protection des captages d’eau potable située sur sa commune (même s’il n’alimente pas sa commune) : ici le P3 est sur la commune de Villefranche-sur-Saône et alimente la même commune.
-
Information sur la qualité de l’eau du robinet : la détection d’un pesticide interdit depuis 17 ans dans un puits de captage d’eau du robinet est une information indispensable pour les usagers et les citoyens. Pourquoi ne pas utiliser le fabuleux procédé vanté par Veolia aux usagers qui permet de “contacter 100 000 foyers en moins d’une heure”?
-
La santé des usagers….
Cette nouvelle pollution fait donc partie des responsabilités du Député-Maire de Villefranche-sur-Saône. Je lui demande d’éclaircir cette affaire, et toutes les autres citées dans ce blog. Comme l’on déjà fait des usagers (mais “classement sans suite”), je lui demande de porter plainte pour toutes les pollutions, et pour cette pollution illégale au monuron. Le minimum serait la réalisation immédiate (tout retard entraîne la disparition des preuves) d’une vraie enquête judiciaire et douanière, avec des analyses du monuron et de ses produits de dégradations (dérivés phénoliques, anilines, composés résultant de N-déalkylation).
“Le fait de dégrader des ouvrages publics destinés à recevoir ou à conduire des eaux d’alimentation ou de laisser introduire des matières susceptibles de nuire à la salubrité, dans l’eau de source, des fontaines, des puits, des citernes, conduites, aqueducs, réservoirs d’eau servant à l’alimentation publique, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende.”
“I.-Est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 Euros d’amende le fait :
5° De ne pas se conformer aux dispositions relatives à l’interdiction et à la réglementation des activités, travaux, dépôts et installations, dans les périmètres de protection mentionnés aux articles L. 1322-3 à L. 1322-7 ;”
Deux nouveaux pesticides dans l’eau de Villefranche (encore et toujours)
Début 2011, 2 nouveaux pesticides ont été détectés dans l’eau de Villefranche-sur-Saône : l’isoproturon et le monuron.
On atteint le nombre de 25 pesticides détectés dans un même réseau d’eau potable (puits et distribution), probablement un triste record mondial.
Liste des 25 pesticides et produits de dégradation de pesticides : atrazine, atrazine-déséthyl, atrazine-déisopropyl, bentazone, dichloropropène-2,3, diuron, terbuthylazine-hydro, métolachlor, oxadixyl, simazine, simazine-hydroxy, tébutame, asulame, 2,6-dichlorobenzamide, linuron, métoxuron, bromacile, 2-hydroxy-atrazine, deisopropyl-déséthyl-atrazine, lenacile, terbuthylazine-déséthyl, carbofuran, chlortoluron, isoproturon (09/03/2011), monuron (09/03/2011).
Lors de la dernière analyse du 06/07/2011, il y avait 11 pesticides différents dans l’eau brute, plus 6 solvants chlorés, plus 8 métaux lourds ou toxiques (dont Plomb dans l’eau brute, Aluminium dans l’eau traitée…). Rappel : 25 solvants chlorés et micropolluants différents ont été détectés dans l’eau de Villefranche, là encore un record.
L’isoproturon est un désherbant des céréales. Le monuron est un pesticide interdit en France depuis 1994 : désherbant sélectif des cultures d’asperges, donc utilisé en maraîchage. La question se pose de l’origine de ces nouveaux pesticides. Viennent-ils des cultures illégales de céréales et de légumes à l’intérieur du périmètre de protection immédiate (PPI) des captages? Ce serait grave pour nos élus (qui ne font rien pour arrêter les déversements de pesticides dans le PPI) et pour les personnes qui utiliseraient des pesticides interdits.
Quelques photos des cultures illégales en 2010 et 2011 dans le PPI : céréales et légumes, qui utilisent justement les nouveaux pesticides détectés en 2011.
http://leau.wordpress.com/2011/06/23/perimetres-de-protection-non-respectes-a-villefranche-encore/
http://leau.wordpress.com/2010/08/29/arrete-prefectoral-non-respecte-et-tromperie-des-usagers/
Ces polluants qui menacent notre fertilité et notre santé – 20 octobre 2011
Conférence du Professeur René HABERT, Toxicologue de la Reproduction, Université Paris VII, Directeur de Laboratoire CEA/INSERM
Cinéma « Les 400 Coups » 60 rue de la Barmondière 69400 Villefranche-sur-Saône
Conférence- Débat Jeudi 20 octobre 2011
Organisée par le Collectif beaujolais des usagers de l’eau
Les effets des polluants sur la reproduction et en particulier sur la reproduction masculine sont les mieux documentés actuellement car les chercheurs de ce domaine ont tiré la sonnette d’alarme il y a une quinzaine d’années. Ce n’est que depuis quelques années qu’on prend conscience que toutes les fonctions sont affectées (diabète, obésité, croissance et développement de l’enfant, cancers, allergies, déficits immunitaires….).
Pollution au tétrachloréthylène à Foix
Le respect des limites de qualité ne doit pas être le seul objectif des élus : la preuve avec la récente pollution à Foix de l’eau du robinet.
En juin 2010, plusieurs analyses prouvaient la pollution du captage et de l’eau distribuée à Foix par le tétrachloréthylène : 3,6 microg/l le 7 juin 2010 dans le puits de captage, confirmé par 3,5 microg/l au robinet des usagers le 14 juin 2010. Cependant comme la limite de qualité était respectée, l’analyse est passée “CONFORME”, sans la moindre remarque de la DDASS dans les “conclusions sanitaires”.
Résultat : pendant un an, aucune analyse des solvants chlorés n’est réalisée à Foix. Et catastrophe, le 23 mai 2011, une analyse sur l’eau distribuée montre une énorme pollution de 120 microg/l, bien supérieure à la limite de qualité de 10 microg/l et à la recommandation de l’OMS. Donc pendant une durée indéterminée, mais que l’on peut estimer à 6 mois, la santé de 8000 usagers a été menacée. Cela aurait-il pu être évité?
Bien sûr que oui. Si les premières détections du polluant en juin 2010 avaient donné l’alerte, des mesures simples et très peu coûteuses auraient permis d’éviter un risque inutile aux usagers, par exemple l’analyse du tétrachloréthylène (PCE) tous les mois avec les prélèvements classiques bactériologiques et chimiques (coût 20 euros environ pour protéger la santé de 8000 usagers). La pollution de juin 2010 étant supérieure à la valeur guide de la directive européenne de 1980 (1 microg/l pour le tétrachloréthylène), une recherche de l’origine de la pollution aurait pu être menée, avec un arrêt de la pollution en septembre 2010 qui aurait évité tout dépassement de la “norme” au captage. MAIS RIEN N’A ETE FAIT.
Les conséquences peuvent être graves pour la santé des consommateurs, mais de manière certaine pour leur porte-monnaie. Pour rétablir la distribution de l’eau potable, le traitement de l’eau polluée va coûter 25 000 euros par mois.
Pour éviter ce lamentable exemple, il faudrait, comme aux USA, des objectifs de qualité et de vraies normes strictes pour l’eau potable. Aux USA, l’objectif maximal fédéral est 0 microg/l pour le PCE, donc aucune autorité ne peut se dire être satisfaite de la qualité de l’eau quand on a quelques microg/l comme à Villefranche-sur-Saône, Belleville, Lyon… En France, pour les élus, les limites de qualité sont des “objectifs de qualité”, et les vraies normes sont les recommandations de l’OMS (très élevées, pour le tétrachloréthylène, il s’agit d’une norme de toxicité aigüe, le risque de cancer a été “oublié”).
Dans le Rhône, le même risque qu’à Foix existe. Pour exemple à Belleville, la pollution aux solvants chlorés est connue depuis 2002, et aucune action pour arrêter cette pollution n’a été menée, car “les normes sont respectées”. A Lyon, des témoins ont vu des fûts de 200 l remplis de déchets polluants enterrés près du champ captant de Crépieux-Charmy. Avec la rouille, ces fûts peuvent un jour se percer, et polluer brusquement l’eau d’un million d’habitants. A Villefranche, le sel prouve que le port pollue les captages. Un transport de produits dangereux sur la plateforme multimodale du port peut donc polluer brusquement l’eau distribuée par la CAVIL (là encore, la pollution au-dessus de la limite de qualité pour le sel a été totalement “enterrée”).
Illégalité du traitement de l’eau par mélange à Villefranche
A Villefranche-sur-Saône, la CAVIL et VEOLIA utilisent le traitement de l’eau par mélange et dilution pour respecter les limites de qualité aux robinets des usagers. Ce traitement est-il légal?
- une dégradation de la qualité, telle que constatée à la date d’entrée en vigueur de ces mesures, des eaux destinées à la consommation humaine qui a une incidence sur la santé des personnes ;
- un accroissement de la pollution des eaux brutes utilisées pour la production d’eau destinée à la consommation humaine.”
La présente section est Section 1 : Eaux destinées à la consommation humaine à l’exclusion des eaux minérales naturelles. C’est à dire principalement le respect des limites de qualité aux robinets des usagers. Donc, pour respecter les “normes”, il est interdit de dégrader la qualité de l’eau avec une incidence sur la santé des personnes.
Et que fait VEOLIA? Pour respecter les normes aux robinets (respect effectif en 2010, après une dizaine d’années de dépassement), VEOLIA mélange “mathématiquement” l’eau de 13 puits. VEOLIA crée donc volontairement un cocktail de polluants, qui détériore considérablement la qualité réelle de l’eau, avec une incidence négative sur la santé des personnes. L’effet cocktail est une certitude scientifique, que toutes les expériences prouvent. A Villefranche, on mélange des pesticides, des perturbateurs endocriniens de la Saône, des nitrates, des HAP, des solvants chlorés… Les expériences prouvent qu’un mélange de 3 polluants peut augmenter la toxicité d’un facteur 100, par rapport aux 3 polluants pris séparément.
Donc, le traitement par mélange de l’eau de la CAVIL est illégal. Nous demandons à la CAVIL l’arrêt de ce mélange, et d’autres méthodes pour rendre l’eau “potable” : traitements des pollutions à la source, barrières hydrauliques pour les solvants chlorés, traitements aux charbons actifs…
Législation sur les déchets
D’après l’arrêté du 15/03/2006 fixant la liste des déchets admissibles en décharge : « Il est interdit de procéder à une dilution ou à un mélange des déchets dans le seul but de satisfaire aux critères d’admission. ». Ce principe est général dans toute la législation sur les déchets. La dilution et le mélange pour respecter des normes sont assimilés à de la tricherie, ils sont donc interdits.
Il est clair que les solvants chlorés présents dans l’eau de Villefranche sont des déchets. Il ne s’agit pas d’une pollution accidentelle, mais d’industriels qui ont volontairement rejetés les solvants dans le Nizerand et la nappe phréatique, pour s’en débarrasser gratuitement au lieu de payer un coûteux recyclage. Donc, une deuxième fois, le traitement par mélange de l’eau de la CAVIL doit être interdit, car la dilution et le mélange de déchets pour satisfaire à une norme sont interdits.
Si l’Etat autorise le traitement de l’eau par mélange à Villefranche, certains industriels français n’auront plus de souci avec leurs déchets liquides. Il suffit de rejeter les produits toxiques en amont de captages d’eau potable en vérifiant le respect des limites de qualité (99 % des produits industriels n’ont aucune limite de qualité, donc c’est pratique, exemple de la récente pollution de l’eau du robinet de Villefranche au 112-trichloroéthane). Bien sûr, s’il n’y a pas de captage en aval, les polluants vont s’accumuler dans la nappe, et les pollueurs vont être obligés de payer une dépollution de nappe. Les captages permettent de faire disparaitre les polluants, et donc de polluer à nouveau. Le recyclage des produits toxiques industriels dans le robinet des usagers serait légal. Et avec les grands mélanges des interconnexions illimitées, le potentiel de recyclage est immense.
D’après IFEN 2005, le total des captages des eaux destinées à la consommation humaine est de 6,3 km3/an. Donc en respectant la norme de 10 microg/l pour le trichloréthylène et le tétrachloréthylène, on peut en toute légalité recycler 16 tonnes par an de solvants dans les robinets des usagers. En appliquant la méthode officielle d’évaluation sanitaire du ministère français de la santé, cela correspond 10 000 cancers en toute légalité, plus tous les autres cancers dus aux produits sans normes.
Il est donc totalement aberrant de dire que l’eau de la CAVIL, qui a respecté en 2010 les limites de qualité au robinet, est parfaite, ce que vient de nous répéter le maire d’Arnas, responsable de l’environnement à la CAVIL donc de l’eau potable à la CAVIL.
L’aberration de l’interconnexion Villefranche-Anse
Les autorités (élus, CAVIL, ARS-DDASS) nous expliquent que l’eau de Villefranche est sécurisée par une interconnexion avec les captages d’Anse (qui sont en fait sur les communes d’Ambérieux et de Quincieux, champ captant de Saône-Turdine). Nous, simples citoyens et usagers, sommes respectueux de cette autorité, et sommes contents de savoir que l’eau du robinet est sécurisée par un tuyau entre Villefranche et Anse.
Sur le site de la CAVIL : http://www.cavil.fr/index.php?rubrique=176
“L’eau de la Communauté d’agglomération peut également approvisionner le syndicat Saône-Turdine, dans le cadre d’un plan de secours intercommunal. Dans cet esprit, les sites de Beauregard et d’Anse (Champ captant de Saône-Turdine) viennent en appui l’un de l’autre, en cas d’incident ou de pollution de l’un des deux. Un entretien régulier est effectué.
Chaque semaine, Beauregard et Anse se livrent respectivement 2 000 m3 d’eau pour vérifier le bon fonctionnement du système.”
Le problème commence quand on regarde où sont les captages. Sur une carte, on constate que tous les puits de Villefranche-sur-Saône, Arnas, Ambérieux-d’Azergues et Quincieux sont en bordure de la Saône. Le pourcentage d’eau de Saône envoyée dans le réseau d’eau “potable” varie en fonction du débit pompé, mais en général 50 % de l’eau pompée vient de la rivière. Donc, s’il y a une pollution de la Saône par des hydrocarbures, ou un produit toxique échappé d’un accident d’une usine chimique en amont, tous les champs captants seront pollués en même temps. Une pollution sur les puits de Villefranche touchera Ambérieux quelques heures plus tard (7 km de distance). Où est la sécurisation ? Quel est l’efficacité du ”plan de secours” de la CAVIL ? Une fois de plus, les autorités semblent nous tromper. Si ce n’est pas de la sécurisation, à quoi donc sert ce tuyau?
Début de réponse dans un couloir de la CAVIL où un plan du réseau d’eau est affiché. Bizarre, il y a 2 tuyaux entre la ville et le champ captant. En suivant le dessin d’un tuyau, un côté va en direction d’Anse, et l’autre passe à côté de l’usine de traitement d’eau, du bassin de mélange des eaux en amont de l’usine, et vient se connecter directement sur l’eau brute des 14 puits de Villefranche-Arnas. Lors de l’enquête publique des périmètres de protection des captages d’Ambérieux, nous voyons sur un plan que l’autre côté du tuyau est connecté directement l’eau brute des puits d’Ambérieux-Quincieux, puis c’est marqué en toutes lettres “l’interconnexion est faite sur de l’eau brute” non traitée, donc sur de l’eau non potable. Normalement, les interconnexions de sécurisation en France et dans le monde sont faites sur de l’eau traitée et potable. La situation de Villefranche-Anse est aberrante. S’il y a une pollution par des hydrocarbures sur un puits de Villefranche, l’usine de traitement d’eau (bassins, filtres à sables…) va être polluée, et il faudra des jours, des semaines pour la remettre en état. Donc, l’interconnexion ne servira à rien, car l’eau non potable d’Anse arrive en amont de l’usine. 60 000 habitants seront privés d’eau du robinet pendant des jours, alors qu’ils ont payé avec leurs impôts, leurs factures d’eau un coûteux tuyau de “sécurisation”. Là, les autorités trompent réellement les consommateurs d’eau, ils ont trahi notre confiance. Toujours, à quoi sert ce tuyau?

Preuve de l'interconnexion sur l'eau brute (rapport annuel CAVIL eau 2009). L'échange d'eau de 2000 m3 par semaine est fait en amont du bassin de "traitement de l'eau par mélange" (appelé bâche d'exhaure sur la figure). En prime, un mensonge de plus de la CAVIL : il y a 3 puits à drains rayonnants (P7, P10 et P11), et non 2.
Réponse dans une lettre envoyée par l’ARS (ex DDASS) à VEOLIA-Villefranche, le 12 février 2009 suite au dépassement de la norme des solvants chlorés sur l’eau distribuée du 5 février 2009 : l’ARS propose plusieurs solutions pour résoudre le problème, dont “l’achat d’eau au SMEP Saône-Turdine”, en fait plutôt une augmentation des échanges d’eau entre Villefranche et Anse car il y a pas d’achat d’eau. Villefranche va augmenter ses envois d’eau polluée aux solvants chlorés, pesticides, HAP, perturbateurs endocriniens, chlorures… dans les robinets des 120 000 usagers de Saône-Turdine (il faudrait leurs demander ce qu’il pense de cette solution de traitement de la pollution de l’eau de Villefranche), en échange Villefranche va recevoir de l’eau moins polluée aux solvants chlorés d’Anse, et ainsi “respecter la norme aux robinets de usagers”. Cette solution du “traitement des pollutions par mélange ou dilution” est honteuse. Il est évident que la raison de l’interconnexion sur l’eau brute (et non sur l’eau traitée) est de mélanger l’eau des 2 champs captants, qui sont pollués de manière différente (dérogations pour distribuer une eau non conforme pour l’atrazine sur Saône-Turdine, alors que les dépassements sur Villefranche sont sur l’oxadixyl et les solvants chlorés, eau non conforme toujours distribuée sans aucune dérogation par la CAVIL). Il faut rappeler que 100 % des analyses de l’ARS sont faites en aval du bassin de mélange de 500 m3, même les “prétendues analyses sur l’eau brute de Villefranche”, donc sur l’eau mélangée avec Anse quand l’interconnexion a fonctionné avant (2 000 m3 par semaine). Ce “grand mélange” de dizaines de puits répartis actuellement sur 14 km de bord de Saône, et bientôt sur 50 km (interconnexions prévues avec Lyon et Belleville-Beaujeu), est sans limite. Les autorités arriveront toujours à respecter les normes au robinet, en augmentant sans fin les mélanges et dilutions des polluants, mais en oubliant totalement “l’effet cocktail”.
Nous demandons donc la transformation de cette interconnexion pour la réaliser sur l’eau traitée, travaux très peu coûteux, il n’y a que quelques mètres de tuyaux à poser coté Villefranche-sur-Saône.
-
Archives
- janvier 2012 (2)
- octobre 2011 (4)
- juillet 2011 (2)
- juin 2011 (8)
- mai 2011 (3)
- février 2011 (4)
- janvier 2011 (3)
- novembre 2010 (1)
- octobre 2010 (2)
- septembre 2010 (3)
- août 2010 (3)
- juillet 2010 (3)
-
Catégories
-
RSS
Entrées RSS
Syndication RSS










