Incompatibilité entre le projet de nouvelle zone industrielle de l’Epie et le maintien des captages d’eau potable actuels

1 février 2010 par brunod

Lors du dernier conseil communautaire, la CAVIL a présenté son projet de création d’une zone industrielle de 35 à 40 hectares à l’intérieur des périmètres de protection des captages de Villefranche-sur-Saône (procédure de ZAC).

Je m’oppose à ce projet qui me parait illégal. La priorité législative est l’obtention d’une eau brute de bonne qualité. La nouvelle zone industrielle, juste au-dessus des captages d’eau potable, ne peut que dégrader encore plus la qualité de l’eau de Villefranche. La CAVIL privilégie le traitement de l’eau à la protection des captages, ce qui est illégal.

Bien sûr, cette nouvelle zone industrielle est utile à la création d’emploi, mais uniquement si les choses sont faites dans l’ordre :

  • D’abord prendre la décision ferme et irrévocable de déplacer le champ captant actuel.
  • Ensuite étudier le projet de zone industrielle sans les captages d’eau potable en aval.

22 janvier : Réunion publique d’informations et d’échanges

13 janvier 2010 par brunod

Le vendredi 22 janvier à 20h30, une réunion publique est organisée par le collectif beaujolais des usagers de l’eau. Cette information des usagers de l’eau se tiendra à la bourse du travail de Villefranche-sur-Saône, 21 place Roger Rousset.

Suite à la conférence du 10 décembre, des informations plus détaillées seront données sur la situation alarmante de l’eau du robinet et de l’environnement sanitaire global dans le Beaujolais. Cette réunion se veut informelle et conviviale, avec une présentation des informations sur vidéoprojecteur, mais aussi des discussions avec les usagers. En fonction des personnes présentes, des sujets particuliers pourront être abordés, par exemple la situation à Anse : déchets illégaux REGEMAT et qualité de l’eau potable.

Quelques points abordés :

  • L’eau du robinet est-elle potable dans le Beaujolais?
  • Que faire pour protéger les enfants?
  • Combien de victimes la pollution globale de la région de Villefranche va-t-elle faire? Pourquoi rien n’est fait pour protéger la population?
  • Pourquoi les autorités dénigrent les lanceurs d’alerte et disent que TOUT VA BIEN?
  • Scandales récents : pollution du centre de vaccination, rejets de colles dans le Nizerand, déchets REGEMAT, causes des inondations de novembre 2008…
  • Que faire? L’intérêt de se regrouper dans un collectif pour faire cesser le déni total de la situation environnementale et sanitaire de notre région

Conférence Marc Laimé avec photographies des pollutions

12 décembre 2009 par brunod
Les cinq premières minutes de la conférence du 10 décembre 2009, organisée par le collectif beaujolais des usagers de l’eau, à Villefranche-sur-Saône

Le blog de Marc Laimé : Les eaux glacées du calcul égoïte http://www.eauxglacees.com/

Conférence du 10 décembre

1 décembre 2009 par brunod

De l’eau potable autour de Villefranche?

 L’eau que nous buvons respecte globalement les normes en vigueur, certes, mais est-elle vraiment potable? « Potable » au sens du code de la santé publique, c’est-à-dire n’entraînant pas de risques à terme pour la santé ? Comment les pratiques  de collecte, de contrôle, de traitement et de distribution de l’eau s’adaptent-elles à l’augmentation de la population, à l’accroissement des rejets industriels et agricoles, à la multiplication des polluants chimiques dispersés dans l’environnement ?  En quoi la situation  de notre bassin local est elle spécifique ? Comment traite-t-on le problème ailleurs ?

 Ce sont les questions que se pose le « Collectif Beaujolais des usagers de l’eau », né au printemps 2009 à l’initiative d’une dizaine de citoyens, experts ou simples consommateurs. Le Collectif est particulièrement inquiet des dérives, illustrées par des incidents récents (résidus de colle dans le Nizerand, raticides dans le Morgon, déchets industriels abandonnés sur les sites de Regemat à Anse et Arnas, infiltration de pesticides dans les champs captants). La presse nationale, s’est faite, récemment, l’écho de cette situation préoccupante.

Le Collectif (site internet : http://eaubeaujolais.wordpress.com ) est une instance informelle, totalement indépendante, qui vise à approfondir la connaissance de ce dossier, à en diffuser les éléments essentiels, à sensibiliser la population et à agir auprès des pouvoirs publics responsables. Le Collectif est ouvert à tout citoyen concerné par la qualité des eaux  et les réunions sont publiques.

Une conférence publique, animée par Marc Laimé, aura lieu le 10 décembre à 20 heures au cinéma les 400 coups sur le thème « À boire ! Eau, pollution et santé à Villefranche et dans le monde ». 

Marc Laimé, expert et conseil en politiques publiques de l’eau, journaliste spécialiste des problèmes de l’eau, est l’auteur de divers ouvrages et enquêtes, ainsi que rédacteur du blog www.eauxglacees.com 

Collectif beaujolais des usagers de l’eau

Les égouts de Pommiers

29 novembre 2009 par brunod

La pollution du centre de vaccination est petite par rapport à la pollution des égouts du Syndicat de la Galoche (commune de Pommiers). Après de petits orages, la station d’épuration ne fonctionne plus, et les égouts bruts sont déversés dans la rivière de la Galoche, puis dans le Merlon, puis dans le Morgon, puis dans la Saône. En 2006, suite à un petit orage de 10 min, la pollution a été suivie jusqu’à l’entrée de Villefranche, elle atteint donc la Saône. Depuis la mise en service de la « station d’épuration », les quantités de polluants envoyés dans la Saône sont donc énormes. Quelques km en aval, en bordure de Saône, il y a les captages des 105 000 usagers du Syndicat Rhône Turdine (dont les habitants de Pommiers, qui comme les habitants de la CCBNM,  boivent leurs propres égouts).

Autrefois, la vallée de la Galoche avait des petites stations d’épuration qui fonctionnaient correctement. La preuve était la qualité 1A (= EXCELLENTE) de la Galoche à Gleizé. En 1998 avec des habitants de Gleizé, je me suis opposé à la destruction des petites stations performantes, et la construction d’une nouvelle (par VEOLIA bien sûr, on est à quelques km de Villefranche) qui n’a jamais fonctionné. Aujourd’hui, la Galoche n’est plus qu’un égout saturé de boues fécales.

Quelques photos prises en 2006 (la pollution est bien pire que celle du palais des sports!). Aujourd’hui, la pollution continue. Il y a une semaine, le lit de la Galoche était encore saturé de boues fécales.

En aval du rejet de la "station d'épuration" de Pommiers

Sur des centaines de mètres, le lit de la Galoche est saturé de cette boue fécale (en fait la plupart de la pollution se retrouve dans la Saône)

Matière fécale brute pêchée dans la Galoche (preuve que la station d'épuration ne fonctionne pas)

Depuis 3 ans, tout a été fait pour faire cesser cela (article dans la presse, action en justice…), sans aucun résultat. La police de l’eau n’est jamais venue constater avec nous les pollutions. La police de l’eau est la DDAF, qui est le maître d’œuvre de la station d’épuration et du réseau d’assainissement (position de « JUGE ET PARTIE »). Cette pollution est due à une mauvaise conception du système d’assainissement global.

En longeant le Nizerand

28 novembre 2009 par brunod

Sur la rivière du Nizerand, quand ça s’arrange d’un coté (après 3 ans de lutte, il n’y a plus actuellement de rejet d’eau polluée sortant du collecteur de la rue Grange Morin), ça se dégrade d’un autre.

Pollutions en descendant le Nizerand

Le 07/10/2009, rejet illégal des WC du palais des sports de Villefranche-sur-Saône, aujourd'hui utilisé comme centre de vaccination. On voit clairement les matières fécales en marron, et le lit de la rivière saturé de papiers WC sur une épaisseur mesurée de 30 cm

Rejet d'eaux usées illégal sur la commune d'Arnas

Autre rejet illégal dans le Nizerand à Arnas

Rejet industriel (métaux lourds, peinture, solvants) dans le Nizerand, permanent depuis des années

Rejet industriel pollué dans le Nizerand (7 octobre)

Même rejet industriel à Arnas (23 novembre)

Autre rejet industriel (eau claire en amont sur la gauche)

Autre rejet industriel (eau claire en amont sur la gauche)

Pellicules flottantes (colle?), il y en partout en permanence sur le Nizerand dans la ZI d'Arnas

 Une partie de cette colle (?) provient d’un autre rejet industriel (pas de photographie dans cet article).

Toutes ces pollutions actuelles se retrouvent dans les captages d’eau potable de Villefranche et de 60 000 usagers. Depuis des années, nous demandons aux Maires, aux pouvoirs publics de faire cesser cela, mais aucune action efficace n’est menée.

Le centre de vaccination de Villefranche-sur-Saône rejette ses égouts en amont des captages d’eau potable

26 novembre 2009 par brunod
Depuis 10 ans, des usagers dénoncent la gestion scandaleuse de la ressource locale en eau, mais là un nouveau cap vient d’être franchi. Le centre de vaccination de Villefranche-sur-Saône (60 000 personnes vaccinables) a été installé dans des locaux non reliés au réseau d’assainissement. Les eaux usées du centre se rejettent par un tuyau directement dans la rivière du Nizerand. Cette rivière est actuellement presque à sec, et donc les eaux usées s’infiltrent dans la nappe phréatique, qui est captée en aval pour alimentation en eau des 60 000 usagers de la région.

Après le fonctionnement du centre, hier mercredi, toute la journée, l’état de la rivière est lamentable. Sur des dizaines de mètres, on trouve des matières fécales, du papier blanc (papiers hygiéniques, mais l’énorme quantité pose la question d’un éventuel usage après la vaccination, donc susceptibles d’être contaminés par des produits médicaux), des serviettes hygiéniques…

Rejet direct des égouts du centre de vaccination dans le Nizerand (eau potable de la ville)

Egouts du centre de vaccination de Villefranche (papiers hygiéniques blancs)

Lit du Nizerand plein des rejets des égouts du centre de vaccination

Sur les photos, l’eau est claire car le centre est fermé depuis une journée. Il ne reste que les matières solides. Quand le centre fonctionne, avec des centaines de personnes présentes, l’eau de la rivière est dans un état infect.

Le centre est installé dans le palais des sports de la ville de Villefranche-sur-Saône. Malgré un tuyau proche menant à la station d’épuration, le palais des sports n’a jamais été raccordé au réseau public d’assainissement. Les eaux des WC et des lavabos sont rejetées directement dans la rivière sans aucun traitement. En 2006, nous l’avions signalé aux élus, à l’administration, mais ils n’ont rien fait pour sortir de l’illégalité (c’est bien sûr totalement illégal). Le 7 octobre 2009, de nouveau le Maire de Villefranche et la presse ont été prévenus, mais comme d’habitude, rien n’a été fait pour résoudre le problème.

Centre de vaccination dans le palais des sports de Villefranche-sur-Saône

Matières fécales brutes (flottants marrons) à la sortie de l'égout du palais des sports

ECO-RESPONSABLE EXEMPLAIRE?

29/11/2009 : La première photo a été flouée. Pour les personnes choquées, ce spectacle est courant dans le Beaujolais. Il faut donc publier ces photos pour faire cesser ces pollutions publiques illégales. Dans notre région, des tuyaux d’assainissement (= envoyer ses déchets chez les autres) publics,  et  des « stations d’épuration » qui n’épurent rien du tout, rejettent le contenu des WC directement dans les rivières. Un seul conseil, enlever le bandeau que vous avez devant les yeux, puis demander à votre Maire d’agir.

02/12/2009 : Enfin, les travaux de raccordement des égouts du centre de vaccination vers la station d’épuration ont démarré. Aujourd’hui, il y avait une pelle mécanique et des camions. Dans quelques jours au maximum, les eaux usées du centre de vaccination et du palais des sports ne se déverseront plus dans la rivière du Nizerand. D’après la ville de Villefranche et la CAVIL, les travaux ne sont pas une conséquence du présent message du 26 novembre, mais de l’envoi de l’email de 7 octobre au Député-maire de Villefranche et aux responsables de la CAVIL. Presque 2 mois pour réaliser des travaux aussi simples, c’est une honte et cela montre à quel point l’environnement et la protection de l’eau potable ne sont pas des priorités. Que l’Etat ait pu ouvrir le centre de vaccination le 12 novembre alors qu’il savait que les WC était déversés directement dans une rivière captée en aval pour l’eau potable est incompréhensible.

Autre problème : les papiers blancs, regardez la première photo, ils n’ont pas l’air naturel. En fait, il s’agit de papiers contenant probablement des produits chimiques appelés azurants optiques, substances fluorescents bleues qui donnent un papier « plus blanc que blanc ». Ces produits, certains cancérigènes, vont donc bientôt se retrouver dans l’eau potable de 60 000 habitants, quelques polluants en plus des centaines déjà présents dans l’eau distribuée.

Depuis quelques jours, l’eau distribuée a un goût bizarre. VEOLIA et la DDASS n’ont-ils pas augmenté le chlore dans l’eau à cause de la pollution du centre de vaccination? Non, d’après VEOLIA. Une pollution organique a donc touché le réseau d’eau de Villefranche. Cela entraîne la formation de dizaines de polluants organochlorés et cancérigènes. Donc pour éviter un risque bactériologique immédiat, on provoque des cancers dans quelques dizaines d’années!

Carte de qualité faussée

25 novembre 2009 par brunod

Carte de la DDASS de la qualité de l'eau distribuée pour les pesticides

 La carte précédente est un document public diffusé par la DDASS du Rhône : http://rhone-alpes.sante.gouv.fr/rhone/sante_environnement/pdf/qualite_eau_potable_2007.pdf

La tâche rouge au milieu, c’est Villefranche-sur-Saône et sa région (CAVIL et SIEOV). Problème : la DDASS indique seulement 2 molécules détectées, lors que dans la réalité 11 molécules différentes ont été détectées dans l’eau (analyses européennes de 2007). Les seuils de détection trop élevés des analyses DDASS faussent donc l’information des consommateurs.

Plus grave, le Grand Lyon a été entièrement mis en vert = absence de détection de pesticides. Cette soi-disant absence est due au seuil très haut de 30 ng/l des analyses DDASS. Si on descendait à 20 ng/l comme pour les analyses européennes, ou à 6 ng/l comme cela est possible, on détecterait de l’atrazine et certains autres des 37 pesticides du Rhône, et de leurs produits de dégradation. Bien sûr cela ne ferait pas plaisir au Grand Lyon et à VEOLIA, qui clament depuis des dizaines d’années que l’eau de Lyon est excellente.

La preuve. En 1997,  6 analyses indépendantes ont été faites dans l’un des puits d’eau potable du Grand Lyon : 5 détections d’atrazine et 3 détections de déséthyl-atrazine (produit de dégradation de l’atrazine). Ces analyses indépendantes ont été supprimées après. Pourquoi? Et ce n’est pas tout, du mercure (0,1 µg/l), du cadmium, (1 µg/l), du chrome (10 µg/l), du cuivre (6 détections, max 110 µg/l), plus 78 détections de solvants chlorés, dont du tétrachlorure de carbone (très toxique), du tétrachloréthylène…, ont été mesurés dans l’eau de Lyon. Les détections de métaux lourds sont très rares en France dans les captages d’eau potable. En détecter autant, dans un seul puits de captage, montre bien que l’eau de l’agglomération lyonnaise n’est pas aussi bonne que cela.

Seuils de détections

24 novembre 2009 par brunod

Nous avons vu précédemment que les seuils de détection élevés du contrôle sanitaire faussaient les résultats, en particulier pour la limite de qualité sur le total des pesticides.

Ces seuils peuvent facilement être abaissés. Quelques exemples :

D’après « la référence des professionnels », le Rodier, « L’Analyse de l’eau », 9e édition, 2009, le seuil de détection de l’atrazine est de 6 ng/l (par CG, en page 548). Hors la DDASS du Rhône demande au laboratoire un seuil de 30 ng/l. Cela fausse le résultat sur le total des pesticides, et permet de dire qu’il n’y a pas de pesticides dans l’eau des 1,1 million d’habitants du Grand Lyon.

En 2004, l’AFSSA (Agence française de Sécurité Sanitaire des Aliments) a réalisé de nombreuses analyses avec les seuils suivants :

  • Tétrachloroéthylène : 2 ng/l (seuil DDASS 69 : 500 ng/l, et norme 60 ng/l d’après Article R1321-2 du CSP)
  • Benzo(a)pyrène : 0,8 ng/l (seuil DDASS 69 : 10 ng/l, et norme 10 ng/l)
  • Métolachlore : 8 ng/l (seuil DDASS 69 : 35 ng/l, et norme 100 ng/l)

Autre aberration : métolachlore ESA, OA : aucune analyse de la DDASS 69. Cela est grave, car ces produits de dégradation de pesticides sont parfaitement connus et analysés en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis depuis plus de 10 ans, et la France refuse de les rechercher dans l’eau potable, alors que c’est obligatoire d’après la réglementation européenne (produits de dégradation pertinents).

Comparaison entre les analyses DDASS et les analyses européennes

15 novembre 2009 par brunod

En France, la qualité du contrôle sanitaire est contestée régulièrement. La principale critique concerne les seuils de détection des polluants qui sont trop élevés. La DDASS prend une concentration en un pesticide égale à zéro, alors que ce pesticide est présent dans l’eau juste en dessous du seuil de détection. La somme des concentrations en pesticides est donc fausse. La norme sur le total des 300 pesticides existants ne peut donc être vérifiée. Fréquemment, des polluants présents en amont des captages d’eau ne sont pas recherchés. L’eau est donc qualifiée de potable, alors qu’elle serait non-potable si ces polluants étaient analysés dans l’eau.

Cependant des preuves sont nécessaires pour affirmer que les analyses DDASS officielles sont faussées. A Villefranche-sur-Saône, ces preuves existent. En 2007 et 2008, deux organismes différents ont analysé la même eau brute des captages.

Les résultats sont sans appel :

  • 7,5 détections de pesticides par analyse, et 14 pesticides différents détectés, par le Réseau de Contrôle européen (RC).
  • 1,3 détection de pesticides par analyse, et 3 pesticides différents détectés, par le contrôle sanitaire (DDASS).

Les analyses DDASS officielles, qui sont les seules utilisées pour nous affirmer en permanence que l’eau est potable et de très bonne qualité, sont donc insuffisantes.

Sur exactement la même eau, la DDASS détecte 6 fois moins de pesticides que les analyses européennes. La concentration totale moyenne en pesticides est 3 fois moins élevée dans les analyses DDASS (0,07 µg/l)  que dans les analyses européennes (0,21 µg/l).

A Villefranche-sur-Saône, et dans tout le département du Rhône, le contrôle sanitaire est insuffisant, et les résultats officiels faux pour quantifier le total des pesticides. Cela est extrêmement grave, car la santé (et même la vie sur le long terme)  de 1,5 millions de personnes est menacée par cette non-qualité prouvée.

La cause du problème a été recherchée. Les seuils de détection trop élevés pour le contrôle sanitaire sont l’unique cause des résultats faussés. Les deux laboratoires ont parfaitement respecté leurs cahiers des charges (seuils de détection et de quantification), ils ne sont donc pas responsables du grave problème. Leurs clients (les communes, l’Etat ou la DDASS), qui commandent les analyses avec ces seuils trop élevés, sont les uniques responsables des résultats erronés.

Par deux fois (21/03/2005 et 12/07/2005), la norme de 0,5 µg/l pour le total des pesticides a été dépassée par les analyses européennes, alors que la DDASS n’a détecté aucun dépassement de norme (max 0,2 µg/l le 06/07/2005). Si on ajoute tous les produits de dégradation des 22 pesticides de l’eau captée, et des 72 pesticides de l’eau en amont des captages, il est probable que l’eau de Villefranche-sur-Saône est en permanence au-dessus de la norme.

Le cas des 1,1 million d’habitants alimentés par les captages du Grand Lyon est inquiétant. Certains des 37 pesticides détectés dans le Rhône, à des concentrations parfois énormes (19 pesticides au-dessus de la norme de 0,1 µg/l), devraient se retrouver dans l’eau des lyonnais, alors que la DDASS ne trouve rien. Lyon n’a pas la chance d’avoir des analyses européennes indépendantes. Elles existaient autrefois mais elles ont été supprimées en 2000.

Cette comparaison apporte la preuve que les analyses sanitaires officielles sont erronées dans tout le département du Rhône.