Le Tribunal Administratif annule un arrêté préfectoral “pollueur”

3 mai 2009 by brunod

Le TA de Lyon annule l’autorisation de polluer encore plus notre eau déjà non potable

Le 19 mars 2009, un jugement du Tribunal Administratif a décidé l’annulation de l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation de la station d’épuration (STEP) du Nizerand. La Communauté de Communes Beaujolais Nizerand Morgon se trouve donc actuellement dans l’illégalité en exploitant son assainissement. L’objectif de l’action devant le tribunal était d’empêcher la construction de la STEP, mais cet objectif n’a pas été atteint car il fallait payer un avocat pour contester le permis de construire.

Rappel, la qualité de l’eau de toutes les rivières en aval de la CCBNM était excellente (1A) avec l’ancien système d’assainissement. Les destructions des anciennes STEP, et la construction de la nouvelle, étaient donc totalement inutiles par les usagers et pour l’intérêt général (mais bien sûr utiles pour certains intérêts particuliers car le projet a abouti).

L’annulation de l’arrêté prouve que les pouvoirs publics (Préfecture, Maires, CCBNM, CAVIL) n’ont pas toujours raison, et que leurs affirmations sont parfois fausses.

Le tribunal met clairement en cause la Communauté de Communes Beaujolais Nizerand Morgon qui a fournit de fausses informations au Préfet. Les débits du Nizerand sont de la pure invention, la CCBNM a inventé une fausse station de mesure, et inventé de faux débits fictifs pour obtenir son autorisation du Préfet.

Dès mi 2006, bien avant le démarrage de la construction de la STEP, les responsables de la CCBNM ont été avertis que les débits étaient faux, ils étaient déjà au courant, et au lieu de corriger leur erreur auprès de la Préfecture, et ils ont tout fait pour accélérer les travaux, et faire pression sur les opposants : menaces de représailles personnelles, dépôt de plainte pour diffamation, écrits diffamatoires dans le journal de la CCBNM, pressions sur la presse locale.

Déjà des millions d’euros de notre argent gaspillés par eux, et peut être beaucoup plus si la STEP doit être détruite, et le système d’assainissement modifié. Qui va payer ? Encore nous bien sûr.

L’assainissement actuel de la CCBNM est un véritable sabotage environnemental et sanitaire. Les égouts de la CCBNM sont concentrés et rejetés (partiellement traités) en amont des captages de Villefranche qui alimentent en eau dite « potable» 60 000 personnes et qui sert à la fabrication d’aliments pour bébé, de produits dits « BIO ».

La CCBNM a attribué tous les marchés liés à la STEP à Véolia. Cela est anormal, totalement immoral et illégal. En effet depuis 126 ans, Véolia exploite les captages d’eau de Villefranche (CAVIL). La même entreprise va donc s’enrichir en polluant l’eau inutilement en amont, puis en dépolluant la même eau en aval pour tenter d’obtenir de l’eau potable.

Dans la procédure devant le Tribunal, le principal argument était que l’eau des captages de Villefranche était déjà très polluée et non potable, et qu’il était anormal de la polluer encore plus avec l’assainissement de la CCBNM. La préfecture a donc été obligée de répondre sur la pollution des captages et la non potabilité de l’eau distribuée. Aucune justification ou argument valable n’a été apporté par la Préfecture. Tout ce qui est écrit dans les rapports de la CAVIL est considéré par le Préfet comme la vérité absolue. Dans mes mémoires, je donnais des mesures de terrain et des preuves, et inlassablement la Préfecture répétait les affirmations gratuites et fausses des rapports de la CAVIL.

Pollution du Nizerand en aval du rejet de la nouvelle STEP illégale et pollueuse de la CCBNM

Pollution du Nizerand en aval du rejet de la nouvelle STEP illégale et pollueuse de la CCBNM

Pollution (eutrophisation) du Nizerand à Arnas due au rejet du nouveau système d'assainissement de la CCBNM

Pollution (eutrophisation) du Nizerand à Arnas due au rejet du nouveau système d'assainissement de la CCBNM

Des mesures précises par traçages prouvent que 12 heures environ après leur rejet par la nouvelle STEP, les eaux polluées se retrouvent dans les puits de captage d’eau “potable” de Villefranche. Et quelques jours après, les habitants de la CCBNM ont le plaisir de boire leurs propres égouts! Merci aux responsables de tout ça, et en particulier à nos élus que nous avertissons depuis 10 ans, et qui ne suivent visiblement qu’une seule politique : l’enrichissement maximal de Véolia. Rappel : nos élus ont des obligations de résultats, ils doivent défendre l’intérêt général et l’intérêt des citoyens et des usagers.

Nouvelle dégradation de la qualité de l’eau à Villefranche (encore!)

2 mai 2009 by brunod

Les dernières analyses officielles montrent une forte dégradation de la qualité de l’eau distribuée aux usagers.

 

TTétrachloréthylène dans l'eau distribuée aux usagers de Villefranche-sur-Saône

Tétrachloréthylène dans l'eau distribuée aux usagers de Villefranche-sur-Saône

Le 5 février 2009, une analyse du contrôle sanitaire (= analyse DDASS) sur l”EAU DISTRIBUEE DESINFECTEE” à Villefranche-sur-Saône a donné :

  • Tétrachloréthylène : 8,5 µg/l
  • Trichloréthylène : 1,0 µg/l
  • Somme Tri + Tétra : 9,5 µg/l

Ci-dessous les différentes valeurs de références pour le tétrachloréthylène dans l’eau :

  • 0 µg/l : c’est l’objectif des experts européens dans l’eau potable (CSTE du 07/07/1994 :  “plus bas possible”)
  • 0 µg/l : d’après la circulaire du 30 mai 2006 du Ministère de la Santé, le tétrachloréthylène doit être considéré comme un produit cancérigène à toxicité sans seuil. Une molécule dans l’eau peut donc tuer un usager. Le seul objectif possible dans l’eau distribuée est donc ZERO. Sur la totalité du territoire des USA, l’objectif  est aussi de 0 µg/l dans l’eau potable.
  • 0,06 µg/l : norme de l’eau distribuée en France, absence de risque pour la santé d’après la circulaire du 30 mai 2006 du Ministère de la Santé (risque de 1/1000000)
  • 0,6 µg/l : risque de cancer de 1/100000
  • 2 µg/l : norme proposée par les experts européens en 1997, d’après les connaissances de l’époque, à réviser d’après les experts à chaque nouvelle donnée scientifique (nouvelle Valeur Toxicologique de Référence en 2001 : 0,06 µg/l)
  • 10 µg/l : “limite de qualité” pour la somme “tétrachloréthylène + trichloréthylène” en France. Cette limite est très supérieure à l’absence de risque pour la santé. D’après l’article R 1321-2 du Code de la Santé Publique, elle ne doit donc pas être utilisée.

Le 5 février 2009, l’eau distribuée aux habitants de Villefranche était 140 fois au dessus de la norme de potabilité. Cela signifie que le risque de cancer pour les usagers est 140 fois au dessus de la normale

Concernant  les pesticides, seulement 25 substances actives et 4 produits de dégradation, sont analysés dans l’eau distribuée. Et en plus, les seuils de détection sont élevés. Depuis 20 ans, aucune analyse plus complète n’est connue sur l’eau distribuée à 60 000 usagers. Et bien sûr, on ne trouve pas grand chose : 93 ng/l du pesticide oxadixyl. Comment peut-on vérifier les limites de qualité de 100 ng/l par pesticides et 500 ng/l pour la somme des pesticides quand on fait des analyses aussi limitées sur l’eau distribuée?  Rappel : 21 pesticides différents ont déjà été détectés dans l’eau du réseau par des laboratoires indépendants. Les analyses DDASS ne trouvent pratiquement rien, car les seuils de détection par pesticides sont trop élevés, et car peu de substances sont analysées. On peut parler de tricherie officielle sur la qualité de l’eau distribuée. En aucun cas, les analyses DDASS ne permettent de vérifier la limite de qualité sur la somme des pesticides (500 ng/l).

Copie du rapport d’analyse du 5 février 2009

Mise à jour de l’article : les polluants du captage de Villfranche-sur-Saône

25 avril 2009 by brunod

http://leau.wordpress.com/2007/01/15/les-polluants-du-captage-de-villefranche-sur-saone/

Aujourd’hui, il y a 152 substances polluantes détectées dans l’eau autour des captages de Villefranche-sur-Saône, dont 72 pesticides différents.

21 pesticides différents ont été détectés dans l’eau captée. Il s’agit d’un record (négatif et triste) pour un réseau d’eau potable.

Lors d’une réunion publique, nos élus viennent de nous réaffirmer que l’eau distribuée était parfaitement potable, et qu’il fallait être positif.

Quand la qualité de l’eau dite potable se dégrade en permanence, et que les élus n’agissent pas (à part être positif et dire que TOUT VA BIEN), on peut être pessimiste. Pour la potabilité, il faut des preuves, et on attend toujours!

Les responsabilités du Maire

26 novembre 2008 by brunod

Les responsabilités du maire concernant l’eau potable, d’après le site http://www.rhone-alpes.sante.gouv.fr/ :

Le maire

Par sa fonction, le maire détient des pouvoirs de police générale, prévus dans le Code général des collectivités territoriales. En matière d’eau potable, retenons que :

  • le maire est le garant de la salubrité publique sur le territoire communal ; il est le premier responsable de la qualité de l’eau qui y est distribuée, mais également de la qualité des ressources situées sur sa commune, quel que soit le mode d’exploitation.
  • le maire est tenu d’assurer l’information de la population sur sa commune.

Sur le site de la DRASS de l’Ile de France :

Le Maire est responsable de l’organisation du service public de l’eau potable.

Le Maire est le garant de la salubrité publique sur le territoire de sa commune. Cette responsabilité peut être engagée vis à vis de la qualité des eaux desservies ou des ressources situées sur la commune.

Les lyonnais enfin informés sur les solvants chlorés

24 novembre 2008 by brunod

En 2008, les 1 000 000 d’usagers de l’agglomération lyonnaise ont enfin été informés sur la présence de solvants chlorés dans leur eau “potable”.

“Dans l’eau mise en distribution à Croix Luizet, la valeur moyenne relevée est de 0,54 µg/l et la valeur maximale de 1,5 µg/l. “

Nous vous rappelons qu’en 2007, il n’y avait pas la moindre information, même dans le rapport détaillé du Grand Lyon sur la qualité de l’eau au cours de l’année 2006. Voir http://leau.wordpress.com/2008/07/13/98-des-habitants-du-rhone-sont-exposes-au-tetrachlorethylene/

C’est bien sûr un point positif, mais pourquoi cette information a lieu si tard. La présence des solvants chlorés est connue depuis au moins le début des années 80, avec une eau dans certains puits au dessus de la valeur guide (1 µg/l de 1980 à 2003). C’est à dire que l’on informe les usagers avec 25 ans de retard.

En conclusion, “L’eau distribuée est restée conforme aux limites de qualité réglementaire pour l’ensemble des paramètres physico-chimiques mesurés.” C’est vrai, mais cela n’intéresse pas les 1 000 000 d’usagers. Ce que les usagers veulent savoir, c’est si l’eau qu’ils utilisent est potable ou non.

Hors le tétrachloréthylène, le polluant de l’eau des lyonnais, est 3 fois plus toxique que l’atrazine (limite de qualité de 0,1 µg/l). La pollution moyenne est de 0,54 µg/l. L’eau distribuée est donc très polluée. En utilisant les instructions officielles du Ministère de la Santé, la norme du tétrachloréthylène devrait être de 0,06 µg/l. L’eau est dangereuse pour la santé, donc non potable d’après la loi (Code de la Santé Publique, l’article R 1321-2).

Il y a aussi tous les paramètres physico-chimiques non mesurés : produits de dégradation des pesticides du Rhône (du métolachlore…), médicaments et résidus de médicaments, perturbateurs endocriniens des eaux usées rejetées dans le Rhône, phtalates, autres polluants détectés dans le Rhône : nonylphénols, tributylphosphate, monooctylétain, benzo (a) Pyrène (aussi détecté dans l’eau distribuée)…

La loi française est claire. Les pouvoirs publics ont une obligation de résultat sur la qualité de l’eau. La simple conformité à quelques limites de qualité n’est pas suffisante pour déclarer l’eau potable. L’eau réelle (pas celle des analyses de la DDASS) ne doit pas être dangereuse pour la santé.

Décharges avec pesticides à Jarnioux

22 novembre 2008 by brunod

Jarnioux est une petite commune du Beaujolais, située à quelques km de Villefranche-sur-Saône. Depuis une dizaine d’années, nous dénonçons les décharges illégales, surtout lorsque des pesticides et des emballages de pesticides sont jetés dedans.

Voici une photo prise il y a une heure, le 22 novembre 2008 à 12h00 :

decharge_pesticide_jarnioux_2008_11_22

 

On voit nettement un bidon de pesticides qui a échappé au feu. Sur l’étiquette : ”herbicide de la vigne”, oryzalin 343 g/l et diuron 214 g/l. Le diuron est un fort polluant des eaux souterraines, qui pollue déjà les sources captées en aval de la décharge (analyse au-dessus de la norme européenne). Le trou est une doline, un effondrement karstique. Les pesticides rejoignent donc directement une rivière souterraine qui est captée en aval. Les sources polluées alimentent l’intérieur d’habitations, ainsi que des animaux et des étangs. Les déversements sauvages de déchets, de pesticides dans la nature, et surtout dans un effondrement karstique, sont strictement interdits depuis plus de 100 ans.

 

A Jarnioux, le phénomène des pesticides dans une décharge illégale n’est pas nouveau. Voici des photographies prises le 1 janvier 2000 dans une autre décharge illégale à proximité. Le propriétaire du terrain avait donné son accord pour la décharge, et se faisait probablement rétribuer par l’entreprise d’espaces verts qui plusieurs fois par jour jetait ses déchets divers dans la décharge. La justification de l’entreprise était que les décharges légales et les centres de compostage étaient trop chers.

decharge_pesticide_jarnioux_2000_01_01 

Quelques jours plus tard, les photos ont été apportées à Madame le Maire de Jarnioux. Le Maire a d’abord fait un grand discours sur la protection de l’environnement, en accusant les pollueurs. Pendant ce temps, la secrétaire de mairie a recherché le nom du propriétaire, puis discrètement à montrer le nom au Maire. Le discours a immédiatement changé, il fallait maintenant vérifier les photos, et la municipalité allait voir ce qu’elle pouvait faire. Un mois plus tard, l’entreprise a brulé tous les déchets de la décharge en même temps : pesticides en grains, emballage de pesticides, huiles de vidange, déchets divers de bâtiment et chantiers, déchets verts. En hiver, un immense nuage de fumée a envahi la région. Certains hameaux sont restés des heures dans la fumée, avec une odeur épouvantable. La visibilité sur la route départementale à quelques centaines de mètres de décharge était presque nulle pendant des heures, d’où un risque d’accident. L’entreprise a cessé de jeter ces déchets à Jarnioux, mais les versements sauvages d’huiles de vidange sur le sol, et d’emballages de pesticides ont continué jusqu’à maintenant.

Nous demandons de nouveau à la municipalité de Jarnioux de faire cesser les décharges illégales sur sa commune, de procéder à des analyses de sol et d’eaux souterraines (pesticides) et de dépolluer les sites des anciennes décharges. En aval sur la commune de Lacenas, des personnes utilisent l’eau polluée par les décharges. Vont-elles être dédommagées de la pollution?

Analyse du 02/08/2005 de l’eau captée en aval des décharges :

  • Atrazine déisopropyl (produit de dégradation de la simazine) : 1155 ng/l
  • Terbutylazine déséthyl : 815 ng/l
  • Norflurazon : 565 ng/l
  • Simazine : 320 ng/l
  • Oxadixyl : 260 ng/l
  • Terbutylazine : 240 ng/l
  • Diuron : 119 ng/l
  • Terbumeton : 50 ng/l
  • Total des pesticides détectés : 3524 ng/l

La norme européenne (objectif de qualité pour 2015) est de 100 ng/l pour les eaux souterraines. Dans le Beaujolais, l’objectif ne sera pas atteint en 2015. Mais quand, si on continue en 2008 de rejeter les emballages de pesticides dans des trous?

Dégâts à Villefranche dus à la rupture du barrage

20 novembre 2008 by brunod

Les enregistrements des débits du Morgon prouvent que Villefranche-sur-Saône a bien reçu la vague du barrage.

morgon_villefranche_inondation1

D’après des témoignages et des photos, la rupture du barrage a eu lieu vers 4 h 45. Rappel : ce barrage était involontaire. Il s’agissait d’un chemin d’accès à une propriété privée. Pour une raison inconnue, le chemin s’est transformé en une digue de vrai barrage, et plusieurs dizaines de milliers de m3 d’eau se sont accumulés derrière. Puis brusquement, la digue a lâché, formant une vague de 1 à 1,5 m de haut dans le lotissement de Gleizé en aval (quartier des Carolines). En bordure du Morgon à Gleizé (secteur vers les Grands Moulins), l’eau a dû monter de 50 cm environ. Dans Villefranche, la rupture du barrage a dû entrainer une montée de l’eau de 20 cm environ. Près de l’autoroute, l’eau est montée de 5 cm (mesure de la banque HYDRO du Ministère de l’Ecologie). En estimant à 30 000 m3 l’eau dans la retenue en amont du chemin, et une augmentation du débit de 20 m3/s à 25 m3/s pendant le passage de la vague sous l’autoroute, on obtient une durée de 1,6 h, exactement ce qui a été enregistré par l’appareil du Ministère de l’Ecologie.

 

morgon_debits

La figure précédente montre les hauteurs d’eau, les débits du Morgon, et les pluies à Liergues. La pluie s’est arrêtée vers 2 heures du matin. Le Morgon a débordé dans Villefranche à partir de 0h30 environ (rectification 06/02/2009). Le niveau d’eau près de l’autoroute est resté assez stable de 1h30 à 5 h, temps pour remplir tous les points bas dans Villefranche. Brusquement vers 5-6 heures du matin, l’eau de la rupture du barrage est arrivée, avec un pic stable d’une durée de plus d’une heure (temps assez long pour pénétrer dans les voitures et les habitations). En fin de crue naturelle, les dégâts matériels dus à l’accident artificiel ont été très importants, car toute la ville basse était déjà saturée d’eau. Une grande partie des voitures destinées à la casse (2000 voitures sinistrées) et des dégâts au rez-de-chaussée des immeubles sont probablement dus à la rupture du barrage.

Sur les courbes, on voit que le niveau de l’eau après la vague est inférieur à celui d’avant la vague, et qu’ensuite le niveau a baissé rapidement. C’est exactement ce que disent les témoins à Gleizé et Villefranche qui ont suivi le passage de la vague. Ces témoins disent aussi qu’il y avait, à coté d’eux, des policiers et des pompiers qui ont vu la même chose.

Les conséquences sont aussi financières pour les sinistrés. Avec la “catastrophe naturelle”, ils devraient être indemnisés uniquement pour les biens assurés, et en enlevant une franchise obligatoire. Hors de nombreux sinistrés ont perdu des biens non assurés (extérieur des habitations). Comme mentionné dans un commentaire, il y a aussi “le préjudice psychologique”. Pour la partie des dégâts dus à la rupture du “barrage involontaire”, et non à la crue naturelle, il serait normal qu’ils soient indemnisés en totalité.

J’espère avoir prouvé ici que la soi-disant “rumeur” est la réalité.

Photographies des inondations à Gleizé

16 novembre 2008 by brunod

Des habitants de Gleizé nous ont envoyé des photographies prises après le passage de la vague de rupture du “barrage involontaire” de Pommiers. Ces photos ont été prises lors de la décrue. Les habitants ont été réveillés par le bruit de l’eau, ils ont porté secours aux personnes dormant au rez-de-chaussée, et après ils ont pris des photos. L’eau est montée à 1,5 m du sol lors du passage de la vague.

gleize_vague_barrage_1

Sur cette photo, on distingue que le mur à gauche du portail a déjà été arraché, et une voiture sous le lampadaire qui a été entrainée de plusieurs dizaines de mètres par la vague.

gleize_vague_barrage_2

Photo prise un peu plus tard, à 5h01 (heure vérifiée), le courant d’eau a diminué. On voit 2 voitures emportées par la vague.

gleize_vague_barrage_3

Photo prise à 5h24, arrivée de pompiers. Il n’y a plus d’écoulement d’eau dans le lotissement. Les habitants disent que le niveau de l’eau  est descendu très vite (30 cm en 10 minutes). Cela est une PREUVE que les dégâts ne sont pas dus à une catastrophe naturelle, mais bien à la rupture du barrage. Avant l’arrivée de la vague, depuis environ 2 h du matin d’après les habitants, il y avait 10 à 20 cm d’eau dans le lotissement, et les dégâts étaient faibles.

Une petite vidéo prise à 5h02 pendant la décrue après la vague : 

http://fr.youtube.com/watch?v=FVFirYEohBg

Comment certaines autorités peuvent-elles encore parler de “rumeur” (dans la rue, et sur ce blog), concernant les dégâts causés par la rupture de la digue et accuser les médias d”alimenter la rumeur” ?

Actuellement la tendance des autorités semble être à l’enterrement de l’affaire de la rupture du barrage. J’espère être bientôt contredit par une déclaration des maires de Pommiers, de Gleizé et Villefranche-sur-Saône disant qu’ils vont aider les sinistrés à se faire entièrement indemniser par la responsabilité civile des responsables de l’accident (pour la partie non naturelle des dégâts).

Plusieurs personnes se posent la question de la mise en danger de la vie d’autrui. D’après la municipalité de Pommiers, le problème de la digue, qui a cassé, était connu depuis 1990 par la CAVIL. Pourquoi en 18 ans n’a-t-on éliminé ce risque ? La municipalité de Pommiers a mis 2 jours pour résoudre le problème après la catastrophe, en aménagant un nouvel accès à la propriété. Des personnes sont passées voir l’état de la digue à 2h30, 4h30 et 5h10. A 4h30, l’eau passait par dessus la digue. Pourquoi n’a-t-on pas téléphoné aux habitants du lotissement pour leur demander de monter au premier étage les personnes sensibles dormant au rez-de-chaussée (enfants, personnes âgées) ? D’après un article de journal intitulé “On entendait les murs tomber les uns après les autres”, une chambre d’enfant au rez-de-chaussée (heureusement vide la nuit au 1 au 2 novembre 2008) a été inondé sous 1,6 m d’eau.

Remblaiements des lits des cours d’eau

15 novembre 2008 by brunod

En amont de Villefranche, les remblaiements illégaux des lits mineurs et majeurs des cours d’eau sont fréquents. Certains propriétaires essaient de faire passer les eaux de crues chez leur voisin (c’est difficile car personne ne se laisse faire), donc en général les eaux finissent sur les routes goudronnées (là les Maires devraient réagir, mais certains ne font rien).

Exemple à Lacenas dans le lit d’un affluent du Morgon

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En 1998, le lit du cours d’eau temporaire était entièrement dans une parcelle de terrain à coté de la route. L’eau de la route s’écoulait vers la parcelle (preuves par des mesures et des traçages). Le cours d’eau est temporaire car il se situe dans une vallée sèche en milieu karstique (en basses eaux, l’eau coule en profondeur dans des grottes). Cependant lors de chaque précipitation importante, un torrent descend dans la vallée.

Ensuite le lit a été obstrué en amont par 2 camions de terre. Puis fin 2003-début 2004, l’intégralité du lit du cours d’eau sur 170 m a été remblayée par des dizaines de camions de terre. Le Maire de la commune, qui habitait à 300 m de là et qui avait été prévenu, n’a rien fait. Résultat : depuis 2004, la route goudronnée en forte pente est devenue le lit mineur et majeur de la vallée. La pente actuelle est inversée, de la parcelle vers la route. L’eau descend avec une forte vitesse sur la route, et l’on imagine les conséquences en aval. Les 1-2 novembre 2008, les dégâts sur les habitations en aval ont été plus importants que les crues précédentes.

Toujours la même question : est-ce à la collectivité de payer des erreurs humaines ?

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2003 : premiers camions de terre ayant pour objectif de détourner le lit de la rivière sur la route. En 1998, l’eau coulait dans l’autre sens ! 

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Quelques camions de terre qui ont remblayé sur 170  m le lit naturel du cours d’eau 

 

Exemple à Pommiers dans le lit de la Galoche

Vers 1997-1999, à 1 km du village de Pommiers, les lits majeurs et mineurs de la Galoche ont été remblayés par des dizaines de camions, sur quelques dizaines de mètres. L’eau est obligée de couler en limite de parcelle, et chez le voisin en crue. Ces remblaiements accélèrent l’écoulement de l’eau, donc font des dégâts en aval. Est-ce la “goutte d’eau de trop” qui a fait céder le “barrage involontaire” de Pommiers ?

pommiers_remblaiement

Petite partie du remblaiement de la Galoche à Pommiers

Sur d’autres communes, il y a sûrement d’autres exemples. Tous ces aménagements irresponsables s’additionnent sur les 68 km2  du bassin versant du Morgon, et ensuite, les habitants en aval (Gleizé, Villefranche-sur-Saône) sont inondés. Les données météo montrent que les précipitations du 1-2 novembre n’étaient pas exceptionnelles.

Précipitations du 1-2 novembre 2008 et inondations

15 novembre 2008 by brunod

Données Météo France de la station de Liergues située au milieu du bassin versant (68 km2) du Morgon. Le Morgon est la rivière qui a inondé une partie de Villefranche-sur-Saône et Gleizé.

  • 1 et 2 novembre 2008 : 79,5 mm (en 48 h)
  • 21 octobre 2008 : 83,5 mm (en 24 h)
  • 1 et 2 décembre 2003 : 90 mm

Idem pour la station météo de Villefranche-sur-Saône (d’après un journal local) :

  • 1 et 2 novembre 2008 : 79 mm
  • 21 octobre 2008 : 80 mm
  • en novembre 1996 : 85 mm en 24h
  • en juillet 1993 : 100 mm
  • en septembre 1958 : 109 mm (record)

Une certitude : les précipitations du 1-2 novembre 2008 n’étaient pas exceptionnelles. Pourquoi ont-elles fait des dégâts aussi importants ?

Quelques pistes :

  • L’urbanisation anarchique dans l’ensemble du bassin versant de 68 km2. On construit beaucoup, sans mettre en place des mesures compensatoires suffisantes (bassins de rétention en aval des lotissements).
  • Les constructions et les remblaiements en zone inondable.
  • Les constructions et les remblaiements dans les lits des cours d’eau. Une grande partie du bassin versant est karstique (l’eau circule en profondeur dans des grottes). Les cours d’eau sont souvent temporaires. On autorise donc les constructions dans les lits de ces cours d’eau. Quand il pleut, l’eau coule sur la route goudronnée, inondant les riverains situés un peu plus bas !
  • La rupture du “barrage involontaire” à Pommiers.