Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Nouvelles pollutions illégales au-dessus de nos captages

A Villefranche-sur-Saône, dès que nous arrivons à stopper une pollution illégale d’un industriel, d’autres réapparaissent.

Hier, vendredi 17 septembre au soir, nous avons constaté d’autres pollutions. Sur plus de 600 mètres, les galets et les feuilles mortes du lit du Nizerand à sec sont pollués par des hydrocarbures, des huiles et des pellicules de couleur noire. Nos captages en aval sont donc bientôt pollués par des BTEX, des HAP et d’autres polluants dangereux (jamais analysés dans l’eau dite potable). L’origine a été trouvée facilement (pollution en aval, aucune pollution en amont) : le collecteur CAVIL d’eau pluviale situé près de la voie ferrée Paris-Lyon (appelé DN 1600, Kapriel). Le mercredi, le Nizerand coulait assez fort, emportant la pollution et les feuilles. La date du rejet illégal est donc le jeudi 16 ou le vendredi 17 septembre.

Pollution par des hydrocarbures et des huiles du Nizerand le 17/09/2010. Sur 600 mètres de long, c’est le même (triste) spectacle. Des dizaines de photos ont été prises.

Plus en aval, une pollution permanente depuis des années continue : rejet d’huiles flottantes et d’un matériau gris-bleu dans le Nizerand sortant du collecteur CAVIL d’eau pluviale situé sous l’usine Romaire (appelé DN 1000, Romaire). En une semaine (après grosse crue qui a nettoyé le lit du Nizerand), une pollution de 4 * 1 m de matériau gris-bleu s’est déposée dans le lit de la rivière.  Des quantités énormes de pollution sont donc sorties de ce collecteur depuis les quelques dizaines d’années que durent cette pollution. Depuis 2007, la CAVIL est prévenue des 2 pollutions précédentes rejetées par le réseau d’eau pluviale donc elle est responsable, et comme d’habitude ne fait rien d’inefficace pour les stopper.

Pollution du Nizerand par le DN1000. Photo du 06/09/2010, mais pollution permanente depuis des années.

Le nom du (des) pollueur est inconnu, mais en amont se situe l’ancien site METALEUROP d’Arnas, aujourd’hui Recyclex. RECYCLEX utilise des produits chimiques dangereux, et très polluants pour la nappe phréatique et l’eau potable. Mais rassurez-vous, ces produits n’ont jamais analysés dans l’eau distribuée, donc pas de problèmes (pour nos « responsables »), mais tout de même inquiétude pour nous les usagers.

Rappel : ces pollutions sont illégales car la Zone Industrielle d’Arnas a un réseau d’assainissement menant à une station d’épuration. D’après la loi française et les Arrêtés Préfectoraux (mais le Beaujolais, c’est l’anarchie, plus personne, parmi les « puissants »,  ne respecte les lois et les AP), ces rejets polluants devraient aller dans le réseau d’assainissement, et non dans la rivière du Nizerand qui alimente nos captages d’eau potable.

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18 septembre 2010 Posted by | Colles, Eau, Eau Rhône, Eau Villefranche, Qualité de l'eau potable | Laisser un commentaire

La Saône polluée par les phtalates de la colle ?

Nous avons vu une pollution de la rivière du Nizerand par l’usine de fabrication de colles industrielles. Mais la Saône située quelques km en aval est-elle polluée?

Normalement le fort débit de la rivière entraîne une dilution, donc plus de pollution visible. Cependant il ne faut pas oublier que l’usine rejette ses déchets dangereux dans la rivière depuis 1972 (38 ans).

D’après un responsable du site, l’usine utilise des centaines de substances chimiques pour la fabrication des colles, mais la société refuse de donner les noms de tous ces produits. Dans les études réglementaires ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement), Hl et ses prédécesseurs n’ont jamais donné au Préfet la liste des produits, pour la simple raison qu’ils affirment ne rejeter aucun produit dans l’eau (faux, regardez les autres articles de ce blog).

Seuls les gros stockages sont mentionnés dans les études d’impact. En 1972, il y avait une cuve de 12 000 l de dibutylphlalate. En 1989, il y avait une cuve de 30 000 l  de phlalate de di-octyle ou DOP ou DEPH ou di(2-éthylhexyl) phtalate. Ces produits sont dangereux pour la santé. Ces phtalates rendent les hommes stériles et peuvent provoquer des cancers : preuves sur http://telematin.france2.fr/?page=recherche&motcle=phtalate&theme=&id_mot

Donc, il suffit de consulter les analyses des réseaux européens RCS et CO des sédiments de la Saône en amont et en aval de l’usine de colle.

En amont, il n’y a aucune détection de  phtalates (DEPH) dans les sédiments de la Saône : vérification à St Symphorien d’Ancelle à 20 km en amont du rejet d’Hl et à Ouroux-sur-Saône à 80 km en amont.

En aval, les sédiments de Saône sont contaminés par les phtalates (DEPH). 948 µg/kg à Saint-Bernard à 8 km en aval. 1033 µg/kg à Lyon à 28 km en aval.

Rien en amont, pollution en aval, on peut donc soupçonner l’usine exploitée actuellement par Hl d’avoir pollué la Saône. Plus de 200 000 personnes boivent l’eau de la Saône après un transit par les sédiments de la  Saône. Ces perturbateurs endocriniens sont toxiques à des doses infirmes. Cette pollution pourrait donc avoir un impact négatif sur la santé des 200 000 usagers, plus des consommateurs de produits agroalimentaires fabriqués avec l’eau. Plusieurs centaines de millions de personnes ont peut-être été exposées juste au moment où il ne fallait pas les exposer : quand ils étaient bébés.

Précision : la gravité des faits vient que les rejets dans les eaux superficielles et souterraines sont illégaux. Voir le site officiel : Rejets industriel , taper Hl dans la recherche, puis choisir le site de Villefranche-sur-Saône. L’usine n’a aucune autorisation de rejet dans le milieu aqueux. Par contre, d’autres usines ont des « autorisations de polluer les eaux », par exemple le site Hl de Châlons-en-Champagne qui rejette directement dans l’eau du cadmium, du nickel et du plomb. De plus, par une recherche par polluant, on vérifie bien qu’aucun des 30 établissements français autorisés à rejeter du DEPH dans l’eau n’est situé dans la vallée de la Saône.

11 septembre 2010 Posted by | Colles, Eau, Eau Villefranche, Phtalates | | Laisser un commentaire

Conférence Marc Laimé avec photographies des pollutions

Les cinq premières minutes de la conférence du 10 décembre 2009, organisée par le collectif beaujolais des usagers de l’eau, à Villefranche-sur-Saône

Le blog de Marc Laimé : Les eaux glacées du calcul égoïte http://www.eauxglacees.com/

12 décembre 2009 Posted by | Arnas, Colles, Eau, Eau Villefranche, Qualité de l'eau potable, Uncategorized | Laisser un commentaire

Hl (7) : la pollution continue

Malgré des années d’alertes aux pouvoirs de police et une plainte devant le Procureur, les rejets illégaux de colles et de produits chimiques purs dans la nappe phréatique captée par l’eau potable continuent à Arnas.

Voici des photos prises le 10 septembre 2009 à 11h45

Le 10/09/2009, la pollution continue à Arnas

Le 10/09/2009, la pollution continue à Arnas

Produit chimique pur violet rejeté dans le Nizerand à sec

Produit chimique pur violet rejeté dans le Nizerand à sec

La photo précédente montre une substance chimique violette huileuse (flotte à la surface de l’eau, nombreuses taches dans la vasque). A coté, il y avait aussi une substance huileuse jaune. Il s’agit de produits chimiques purs, qui comme la rivière Nizerand est à sec, ne peuvent que se retrouver que dans l’eau potable de 60 000 usagers.

Autour de la vasque, il y avait également, comme d’habitude, des dépôts noirs de goudron collé aux galets.

Le matin même du 10 septembre, Le Progrès publiait un article sur les plaintes contre X pour cette pollution, constatée par nous depuis 2006, mais qui dure sans aucun doute depuis la mise en service de l’usine en 1972.

Dans le journal, le directeur général de la CAVIL a dit : « Les déversements de colle sont accidentels et sont liés à un problème d’entretien ». Cela est faux, les déversements de colles ne sont pas accidentels, et ne sont pas liés à un problème d’entretien. Nous passons dans le Nizerand depuis 3 ans, ils sont réguliers, quotidiens à certaines périodes. Le rejet de colles, de produits purs dans le réseau eau pluviale est une pratique industrielle régulière qui existe probablement depuis des dizaines d’années.

« Nous avons demandé à des entreprises ciblées de mettre en place des actions correctives. »

Visiblement les gentilles demandes ne suffisent plus. Ne faudrait-il pas contraindre l’industriel à respecter son étude d’impact et son arrêté préfectoral, qui impose le rejet dans le réseau d’eau pluviale uniquement des eaux pluviales.

Une autre indication de l’origine de la pollution est donnée par les pastilles de colle « hot melt » que l’on retrouve dans le Nizerand depuis des années.  Photographie du 17 août 2009 à 16h00.

Pastilles de colle

Pastilles de colle « hot melt » en provenance de l’usine Hl

Dans l’arrêté préfectoral du 20 septembre 1979, l’usine devait respecter pour ses rejets d’eaux industrielles dans le réseau d’assainissement, les prescriptions parues au Journal Officiel du 20 juin 1953 : l’effluent devra être exempt de matières flottantes et ne pas provoquer de coloration visible dans le milieu récepteur. Le 10 septembre 2009, le rejet illégal dans la rivière ne respectait même pas les prescriptions de 1953 pour un rejet dans un réseau d’assainissement!

13 septembre 2009 Posted by | Colles, Eau, Eau Villefranche | Laisser un commentaire

   

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