Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Nouveaux polluants dans le Rhône (principale alimentation de l’eau du Grand Lyon)

Une première liste a déjà été publiée : https://leau.wordpress.com/2009/08/22/qualite-de-leau-du-grand-lyon-37-pesticides-dans-le-rhone/

Voici la liste des nouveaux polluants détectés dans le fleuve Rhône à la station de Jons :

Pesticides :

Atrazine déisopropyl : traces dans l’eau en 2009

Dicamba : 0,04 µg/l  le 30/06/2009

Dimétachlore : traces le 09/09/2008

Dinoterbe : 0,06 µg/l   le 09/12/1998

Propoxur : traces le 30/06/2009

Propyzamide : traces le 16/02/2009

Spiroxamine : traces le 30/06/2009

Terbuthylazine déséthyl : traces le 18/08/2009

Terbuthylazine hydroxy : traces le 30/06/2009

Trichlopyr : traces le 03/12/2008

Résultat : 46 pesticides dans le Rhône en amont des captages d’eau potable du Grand Lyon. L’eau du robinet est-elle aussi excellente que cela ?

HAP :

Anthracène : 1 µg/kg en 2009

Benzo (a) Anthracène : 147 µg/kg   le 31/03/2009

Benzo (a) Pyrène : 0,006 µg/l  le 23/07/2009 (eau)

Benzo (a) Pyrène : 183 µg/kg  le 31/03/2009 (sédiment). En 2006, une analyse de l’eau distribuée chlorée à Lyon donnait une pollution au Benzo (a) Pyrène de 0,002 µg/l. Cette substance est très cancérigène.

Fluorène : 0,01 µg/l  le 09/12/1998 (eau)

Fluorène : 73 µg/kg  le 18/08/1999 (sédiment). Le 16/09/2009, une analyse de l’eau du robinet à Lyon donnait une pollution au fluorène de 0,013 µg/l

Phénanthrène : max 367 µg/kg   le 18/08/1998 (sédiment)

Phénanthrène : max 157 µg/kg   le 31/03/2009 (sédiment)

Phénanthrène : max 0,02 µg/l   le 26/05/2009 (eau). Le 16/09/2009, une analyse de l’eau du robinet à Lyon donnait une pollution au phénanthrène de 0,033 µg/l (0,021 µg/l   le 03/12/2009 à Vénissieux). La concentration au robinet est supérieure car l’eau du Rhône se charge en HAP en traversant les sédiments contaminés.

+ beaucoup d’autres HAP (16 au total)

Les correspondances entre les pollutions du Rhône aux HAP et les pollutions de l’eau du robinet à Lyon prouvent que les alluvions ne filtrent pas correctement l’eau. De plus, cela est dit clairement par le rapport de l’ARS (ex DDASS 69) de la dernière enquête publique, paragraphe 2.4 Vulnérabilité intrinsèque de la ressource : « Pour mémoire, le rôle de filtre naturel assuré par les alluvions ne joue pas pour les matières dissoutes ».

Métaux :

Antimoine : 1,5 mg/kg en 2009

Argent : 1 mg/kg  le 31/03/2009

Arsenic : 1,4 µg/l   le 23/08/2010 (eau)

Arsenic : 13 mg/ kg  le 30/06/2009 (sédiment)

Cadmium : 0,5 µg/kg en 2009

Chrome : 69,6 mg/kg  le 07/01/2009

Mercure : 0,044 mg/kg le 25/08/2009

Nickel : 5,6 µg/l   le 31/03/2009 (eau)

Nickel : 45,3 µg/kg   le 07/01/2009 (sédiment)

Plomb : 0,3 µg/l  le 06/10/2009 (eau)

Plomb : 50,6 µg/kg  le 25/08/2009 (sédiment)

Sélénium : 0,7 µg/kg  le 30/06/2009

Autres polluants :

Crésol-para : 4145 µg/l    le 25/08/2009

DEPH (Phtalates) : 1,8 µg/l   le 09/12/2008 (eau)

DEPH (Phtalates) : 3146 µg/kg   le 31/03/2009 (sédiment)

Dibutylétain : 0,01 µg/l   le 04/03/2008 (eau)

Dibutylétain : 26 µg/kg   le 13/11/2007 (sédiment)

Dioctylétain : 0,27 µg/l   le 23/09/2005

Monobutylétain : Traces dans l’eau et les sédiments en 2009

Monooctylétain : 84 µg/l   le 07/01/2009

Monophénylétain : traces  le 07/01/2009

Tributylétain : 20 µg/kg   le 25/04/2006

Trioctylétain

Triphénylétain

PCB : nombreuses détections en 2009 (12 PCB détectés au total)

Exemple : PCB 153 : 4,3 µg/kg   le 31/03/2009

Tributylphosphate : 0,09 µg/l   le 31/03/2009

Trichlorofluorométhane : 0,5 µg/l  le 30/06/2009

Trichlorotrifluoroéthane-1,1,2 : 13 µg/kg  le 11/02/200

Dichloréthylène-1,2 : 3 µg/kg   le 11/02/2000

Dichlorobenzène-1,2 : 12 µg/kg  le 03/06/2008

Dichlorobenzène-1,4 : 12 µg/kg  le 03/06/2008

Dichlorophénol-2,5 : 0,13 µg/l  le 14/11/2000

Diméthylphénol-2,4 : 0,08 µg/l   le 14/11/2000

Chloroforme (Trichlorométhane) : 17 µg/l  le 18/12/2006

Ethylbenzène : 4,5 µg/l   le 04/03/2008

Hexachlorobenzène : 5 µg/kg  le 18/08/2000

Isopropylbenzène : 0,4 µg/l  le 04/03/2008

MTBE : 120 µg/kg  le 23/01/2003

Nitrophénol-2 : 0,1 µg/l   le 14/11/2000

Nonylphénols : 1 µg/l   le 05/05/2004

Octylphénols : 0,2 µg/l   le 23/01/2003

Tétrachloréthylène : 8 µg/l   le 15/10/1994

Tétrachloréthylène : 10 µg/kg  le 05/05/2004

Tétrachlorophénol-2,3,4,6 : 75 µg/kg   18/01/1999 

Trichloréthane-1,1,1 : 2 µg/l  le 28/02/1994

Trichloréthylène

Trichlorobenzène-1,2,3

Trichlorobenzène-1,2,4

Trichlorobenzène-1,3,5

Toluène

Xylène-ortho

Xylène-para

Xylènes (o, m, p)

Conclusion : 73 micropolluants toxiques (hors pesticides) dans le Rhône en amont des captages d’eau potable du Grand Lyon. Toujours de l’eau du robinet excellente?

119 micropolluants toxiques au total dans le Rhône pour polluer l’eau du robinet d’un million d’habitants

Ces matières dissoutes ne sont pas filtrées par les alluvions entre le Rhône et les robinets des usagers (d’après la DDASS-ARS). En plus, l’eau captée se charge en nouveaux polluants en traversant les sédiments.

4 novembre 2010 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, HAP, Mercure, Pesticides, Phtalates | Laisser un commentaire

Carte de qualité faussée

Carte de la DDASS de la qualité de l'eau distribuée pour les pesticides

 La carte précédente est un document public diffusé par la DDASS du Rhône : http://rhone-alpes.sante.gouv.fr/rhone/sante_environnement/pdf/qualite_eau_potable_2007.pdf

La tâche rouge au milieu, c’est Villefranche-sur-Saône et sa région (CAVIL et SIEOV). Problème : la DDASS indique seulement 2 molécules détectées, lors que dans la réalité 11 molécules différentes ont été détectées dans l’eau (analyses européennes de 2007). Les seuils de détection trop élevés des analyses DDASS faussent donc l’information des consommateurs.

Plus grave, le Grand Lyon a été entièrement mis en vert = absence de détection de pesticides. Cette soi-disant absence est due au seuil très haut de 30 ng/l des analyses DDASS. Si on descendait à 20 ng/l comme pour les analyses européennes, ou à 6 ng/l comme cela est possible, on détecterait de l’atrazine et certains autres des 37 pesticides du Rhône, et de leurs produits de dégradation. Bien sûr cela ne ferait pas plaisir au Grand Lyon et à VEOLIA, qui clament depuis des dizaines d’années que l’eau de Lyon est excellente.

La preuve. En 1997,  6 analyses indépendantes ont été faites dans l’un des puits d’eau potable du Grand Lyon : 5 détections d’atrazine et 3 détections de déséthyl-atrazine (produit de dégradation de l’atrazine). Ces analyses indépendantes ont été supprimées après. Pourquoi? Et ce n’est pas tout, du mercure (0,1 µg/l), du cadmium, (1 µg/l), du chrome (10 µg/l), du cuivre (6 détections, max 110 µg/l), plus 78 détections de solvants chlorés, dont du tétrachlorure de carbone (très toxique), du tétrachloréthylène…, ont été mesurés dans l’eau de Lyon. Les détections de métaux lourds sont très rares en France dans les captages d’eau potable. En détecter autant, dans un seul puits de captage, montre bien que l’eau de l’agglomération lyonnaise n’est pas aussi bonne que cela.

25 novembre 2009 Posted by | Eau, Eau Lyon, Mercure, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Un commentaire

PCB et mercure dans la Saône près de Villefranche

PCB et mercure  dans les poissons près de Villefranche

En février 2008, des analyses de 4 poissons (brochet, sandre, silure) à Quincieux (près des champs captant de Villefranche-sur-Saône) ont montré une contamination des poissons au mercure :  max 0,53 µg/g de poids frais de poisson.

On note également :

  • Concentration en Dioxine de Seveso (2.3.7.8 – TCDD, produit le plus cancérigène sur terre) de 1,19 pg-g de poids frais (Ouroux)
  • une somme des OCDD (Octa-Chloro-Dibenzo-Dioxine) maximale de 0,6 pg/g de poids frais
  • une somme des PCDC  maximale de 1,6 pg/g de poids frais
  • une somme des PCDF (dibenzo-furanes-polychlorés) maximale de 11 pg/g de poids frais
  • une somme des PCB indicateurs de 30 100 000 pg/g de matière grasse.

En amont de Villefranche, la contamination de la Saône est identique : somme des PCB indicateurs de 29 400 000 pg/g de matière grasse à Ouroux-sur-Saône.

Ces informations sont inquiétantes, car si le mercure, les PCB et les dioxines s’accumulent dans les poissons de la Saône, ils pourraient aussi s’accumuler dans les corps des 60000 habitants qui boivent l’eau de la Saône.

PCB et mercure et  dans les sédiments de  la Saône en amont de Villefranche-sur-Saône

Le 29/05/2008, une analyse des sédiments de la Saône, en amont des captages de Villefranche, à Ouroux-sur-Saône, a montré une concentration en mercure de 0,66 mg/kg de matière sèche.

La somme des PCB indicateurs est de 18,8 µg/kg de matière sèche.

En amont des puits d’eau potable de Villefranche-sur-Saône, qui captent l’eau jusqu’à 27 m de la Saône à travers les sédiments, cette contamination est inquiétante. 

14 août 2009 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Mercure, PCB | Laisser un commentaire

Du mercure dans l’eau potable de Villefranche

Depuis des années, je demande à la CAVIL des analyses et des études sur le mercure dans l’eau potable de Villefranche-sur-Saône et de 60000 habitants. Aucune réponse. En 2009, j’ai même proposé de faire des analyses gratuites pour la CAVIL dans le P10. La CAVIL a refusé le prélèvement de l’eau dans le P10. Qui a t il à cacher dans l’eau du P10?

Dans un rapport du Cabinet d’Etudes Marc Merlin, datant du 31/01/1980, je viens de retrouver une analyse du mercure dans l’eau distribuée à Villefranche (sans aucun traitement à cette époque). Le 21/08/1979, il y avait une concentration en mercure de 0,1 µg/l dans l’eau de Villefranche.

0,1 µg/l, ça fait beaucoup. En 39 ans, de 1970 (construction du P10) à 2009, à 4 500 000 m3 par an, cela fait 17,55 kg de mercure envoyés dans le réseau d’eau potable de Villefranche et de 60 000 usagers.

La détection de mercure dans l’eau potable de Villefranche est normale, car la Saône, qui alimente directement le P10 (27 m entre le drain du P10 et la Saône), est polluée au mercure : 0,7 µg/l le 10/12/2001 (0,1 µg/l le 03/05/2004). Les sédiments de la Saône, dans lesquels transite l’eau pour rejoindre les captages, sont également pollués par le mercure (0,73 mg/kg le 22/09/1999, 0,8 mg/kg dans les MES le 14/11/2000, 3,8 mg/kg dans les bryophytes le 05/05/2004).

Aujourd’hui, aucun risque pour la DDASS et la CAVIL de détecter du mercure dans l’eau de Villefranche-sur-Saône, car les analyses sont faites sur l’eau mélangée des puits, et avec des seuils de détection très élevés (0,5 µg/l ou 1 µg/l). Cette manière de faire les analyses est une véritable tricherie sur la qualité de l’eau. Pour déterminer correctement la qualité de l’eau, la CAVIL doit faire des analyses dans le P10, avec des seuils de détection comme en 1979 (0,1 µg/l pour le mercure).

En 1970, le P10 ou « Puits Pollueur » ou « Puits Compagnie Générale des Eaux » (VEOLIA aujourd’hui) a été réalisé dans des conditions ahurissantes, sans aucun marché, ni mise en concurrence d’entreprises. Il y a seulement eu un « troc » entre la ville de Villefranche et Véolia. Véolia construisait le puits en échange d’une prolongation de 10 ans du contrat d’affermage, sans aucune possibilité pour Villefranche de réviser ou rompre le contrat pendant 10 ans.  Véolia n’a pas respecté les prescriptions de l’hydrogéologue agréé (100 m minimum entre les drains et la Saône), et a capté l’eau à 27 m de la Saône, d’où la forte de pollution de l’eau de Villefranche depuis 1970 (manganèse, pesticides, mercure, perturbateurs endocriniens…).

30 juillet 2009 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Mercure, Potabilité, Qualité de l'eau potable, Villefranche-Beaujolais | Laisser un commentaire

   

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