Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Réunion PPRNI et barrage d’Anse

Le 11/02/2010, plusieurs membres du collectif beaujolais des usagers de l’eau ont assisté à la réunion publique sur les PPRNI (Plans de Prévention des Risques Naturels d’Inondation du Val de Saône). Pour l’information donnée, voir le site http://www.rhone.equipement.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=275

La crue de référence, celle qui sert à déterminer les « zones inondables », est celle de 1840, à fréquence de 140 à 150 ans. L’Etat nous a bien précisé que l’eau pouvait monter beaucoup plus haut que la crue de 1840, puisque qu’il y a des crues à fréquence 500 ans, 1000 ans, 10 000 ans. Une crue millénale n’est pas une crue qui se produit tous les 1000 ans, mais une crue qui a une probabilité 1/1000 de ce produire en 2010, 2011…

Les questions ont commencé sur les déchets ultimes illégaux déposés en zone inondable sur le site de l’Ave Maria à Arnas. Le responsable DDT a promis de demander des explications à la DRIRE. Puis une personne a précisé que les lois devaient s’appliquer à tout le monde. Inutile de dire que le particulier qui déposera quelques tonnes de terre en zone inondable pour agrandir sa terrasse se retrouvera devant le tribunal de Villefranche, avec le Procureur qui lui expliquera qu’il est un nuisible à la collectivité. Cependant à Anse, des millions de tonnes ont été déposés illégalement (par REGEMAT), sans aucune réaction de la police et de la justice.

Le responsable a répondu que l’Etat s’occupait du « problème » d’Anse, et que l’Etat agissait pour améliorer la situation : 300 000 m3 doivent être déplacés (rappel : aux frais des contribuables du Rhône et de la CAVIL, pas des responsables des dépôts des 2,6 millions de tonnes de déchets illégaux). J’ai entendu cela pendant des années par les élus d’Anse et les services de l’Etat, mais en étudiant le dossier d’enquête publique, je me suis aperçu que cela était faux. Le déplacement des 300 000 m3 ne sert pas à l’écoulement de la Saône, mais à permettre à des entreprises privées et la mairie d’Anse de remblayer de nouvelles surfaces dans le lit majeur de la Saône, et à d’y installer des nouveaux dépôts de déchets.

Avant le représentant de l’Etat avait affirmé que tout remblai était aujourd’hui interdit dans le lit majeur de Saône. Pour tout le monde, sauf pour la mairie d’Anse, les entreprises P et S, la mairie d’Arnas (la ZAC de l’Ave Maria à vocation touristique nécessite des remblais dans le lit majeur de la Saône), et V (sur l’Ave Maria, des déchets sont apportés dans la zone inondable tous les jours, des camions bâchés italiens rentrent même sur le site, inquiétude quand on sait qu’il y a des trafics illégaux de déchets toxiques en Italie). Toujours la loi à 2 vitesses.

Je suis donc intervenu par contester l’affirmation de l’utilité du déplacement des 300 000 m3.

Puis ma question (complétée depuis). D’après moi, les cartes des PPRNI ne sont pas valables, car en cas de crue historique, l’eau pourrait monter de plusieurs mètres plus hauts en amont du verrou d’Anse. Vous n’avez pas pris en compte les 2,6 millions de tonnes de déchets déposés en toute illégalité dans le lit majeur de la Saône, sur la commune d’Anse. Ces déchets forment un immense barrage, qui en cas d’obstruction de la Saône sous le pont d’Anse, avec des bateaux mer-rivières, des péniches et des barges, entrainerait une montée des eaux bien au dessus de la zone rouge à Villefranche.

L’Etat a indiqué qu’un mètre d’eau correspondait environ à 1 milliard de m3 d’eau stockée. Le barrage d’Anse pourrait stocker de 5 à 10 milliards de m3 d’eau. Si le pont d’Anse, donc le barrage casse au maximum de la crue, des milliards de m3 vont donc se déverser sur la ville de Lyon, qui seront accélérés par la vallée étroite de la Saône en amont de Lyon. Le Vieux Lyon et la Presqu’ile seraient probablement détruits.

Rappel : En 1959, 0,4 milliard de m3 d’eau ont détruit la ville de Fréjus, avec plus de 400 morts, et après un parcours de plusieurs km en plaine, donc un fort ralentissement de l’eau avant la ville.

Ces déchets illégaux vont-ils être enlevés, pour ramener la plate-forme d’Anse à la cote de la crue centennale (seule autorisée), et donc permettre l’écoulement de l’eau en cas d’événement exceptionnel ?

Ne pas faire cela, et enterrer ce dossier comme les pouvoirs publics s’apprêtent à le faire, est une atteindre aux droits des générations futures.

Le représentant de l’Etat n’a pas nié l’existence du grave problème, mais a refusé de répondre immédiatement. Il faut donc attendre la réponse.

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28 février 2010 Posted by | Anse, Eau, Eau Lyon, Eau Villefranche, Pollueurs, REGEMAT | Laisser un commentaire

Nouveau pesticide dans l’eau de Villefranche (encore et toujours)

En juillet 2009, un nouveau pesticide, le bentazone, a été détecté dans l’eau des captages de Villefranche-sur-Saône.

Liste des 23 pesticides : atrazine, atrazine-déséthyl, atrazine-déisopropyl, bentazone, dichloropropène-2,3, diuron, terbuthylazine-hydro, métolachlor, oxadixyl, simazine, simazine-hydroxy, tébutame, asulame, 2,6-dichlorobenzamide, linuron, métoxuron, bromacile, 2-hydroxy-atrazine, deisopropyl-déséthyl-atrazine, lenacile, terbuthylazine-déséthyl, carbofuran, chlortoluron.

Au total, 23 pesticides différents ont été détectés dans l’eau de Villefranche-sur-Saône. Ce triste record devrait inciter les autorités à agir, mais toujours rien. Aucune action efficace n’est menée pour résoudre ce problème. Seule action inutile et inefficace, la CAVIL s’apprête à dépenser 900 000 € TTC pour agrandir le périmètre de protection immédiate des captages (Le Patriote du 26/02/2010). 99 % de l’eau vient de l’extérieur du nouveau périmètre, on voit bien l’inefficacité de la (très) coûteuse action (et qui en profite).

Rappel : nous avons chiffré des actions efficaces pour améliorer la qualité de l’eau : coût 6000 €, soit 0,1 € par habitant, mais là, la CAVIL ne veut rien faire.

27 février 2010 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Pesticides, Polluants, Qualité de l'eau potable | Laisser un commentaire

Incompatibilité entre le projet de nouvelle zone industrielle de l’Epie et le maintien des captages d’eau potable actuels

Lors du dernier conseil communautaire, la CAVIL a présenté son projet de création d’une zone industrielle de 35 à 40 hectares à l’intérieur des périmètres de protection des captages de Villefranche-sur-Saône (procédure de ZAC).

Je m’oppose à ce projet qui me parait illégal. La priorité législative est l’obtention d’une eau brute de bonne qualité. La nouvelle zone industrielle, juste au-dessus des captages d’eau potable, ne peut que dégrader encore plus la qualité de l’eau de Villefranche. La CAVIL privilégie le traitement de l’eau à la protection des captages, ce qui est illégal.

Bien sûr, cette nouvelle zone industrielle est utile à la création d’emploi, mais uniquement si les choses sont faites dans l’ordre :

  • D’abord prendre la décision ferme et irrévocable de déplacer le champ captant actuel.
  • Ensuite étudier le projet de zone industrielle sans les captages d’eau potable en aval.

1 février 2010 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Villefranche-Beaujolais | Laisser un commentaire

   

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