Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

D’après le rapport WWF, l’eau de Villefranche est la plus polluée de France pour le critère du nombre de polluants

Le rapport du WWF France sur l’eau de boisson vient d’être publié. Cette étude est une première en France, car elle compare avec un même protocole les eaux du robinet et les eaux en bouteille. Après les polémiques de ces dernières années, une démarche scientifique non contestable de comparaison était nécessaire. Rappelons les photos publicitaires de « Cristaline » particulièrement choquantes, mais pire encore est de donner des informations fausses et trompeuses aux consommateurs, ce que n’ont pas hésité à faire le Grand Lyon avec la Grand’O de Lyon ‘l’eau vient directement des glaciers » et Veolia avec la lettre N°6 distribuée à Villefranche « les usagers sont immédiatement informés en cas dépassement d’une limite de qualité ou de danger pour la santé ».

Cette étude de 225 000 euros est donc exceptionnelle et très utile, mais on peut regretter que certains points n’aient pas été abordés (cependant cela aurait augmenté le coût de l’étude).

  • Aucune recherche des solvants chlorés, alors que cette pollution est importante en France, avec un impact sanitaire peut-être équivalent aux pesticides-nitrates.
  • Problématique non abordée des mélanges-échanges d’eau et de la dilution des polluants entre les réseaux d’eau. La distribution de l’eau du robinet de Villefranche et Lyon est une méthode de traitement des déchets toxiques des industriels. Les polluants sont présents dans le réseau d’eau potable avec des techniques de dilution et de mélanges-échanges d’eau entre les champs captants pour être « conformes aux normes » aux robinets des usagers. Si les champs captants étaient installés dans zones non polluées, les polluants industriels s’accumuleraient dans les zones de captages actuelles, et les coûts de dépollution seraient énormes pour les industriels. Les usagers paient donc 2 fois, en payant la dépollution à la place des pollueurs (recyclage des toxiques dans leur robinet!), et par la dégradation de leur santé.

Résultats à Villefranche : Pour le critère « nombre de polluants quantifiés », lors des deux campagnes de mesures en 2009 et 2010, Villefranche est à la plus mauvaise place parmi toutes les villes françaises échantillonnées (en 2009,  moyenne 7, 5 polluants, en 2010, moyenne 4,5 polluants). Le critère « nombre de polluants » est extrêmement important pour quantifier les effets « cocktail » sur la santé, qui ne sont pas liés aux concentrations en polluants. Rappel, l’intérêt de l’étude WWF est la comparaison des eaux avec un même protocole sur toute la France. Cependant, le protocole est incomplet pour Villefranche et améliore son résultat, car si les solvants chlorés avaient été recherchés et les seuils de quantifications sur les pesticides et les micropolluants un peu abaissés, des dizaines de polluants auraient été retrouvés dans l’eau du robinet de Villefranche, qui aurait alors pulvérisé le record de France (et probablement le record mondial).

Autre résultat prouvant la mauvaise qualité de l’eau, le « nombre de familles de micropolluants détectées » : Villefranche est la seule ville française où un laboratoire a détecté toutes les familles de polluants recherchés (rappel, les solvants chlorés, principaux polluants de Villefranche, n’ont pas été recherchés, et malgré cela Villefranche est à la plus mauvaise place française).

Le rapport note bien le grave problème de l’eau du robinet de Villefranche-sur-Saône :

Page 21 : 8 polluants à Villefranche, l’une des 2 villes les plus impactées

Page 22 : toujours Villefranche à la plus mauvaise place nationale, cité 2 fois, pour le nombre de polluants et le cumul de ces molécules (nitrates et triazines)

Page 23 : Villefranche est à la plus mauvaise place du tableau parmi les 41 villes, seule ville où un labo a détecté toutes les familles de polluants

Page 30 à 32 : Villefranche, pesticides et aluminium, record avec 6 molécules détectées (maximum de toutes les eaux du robinet prélevées en 2010)

29 mai 2011 Posted by | Eau Lyon, Eau Villefranche, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

Création d’un collectif rhodanien des usagers de l’eau

En mai 2009, quelques usagers de l’eau de Villefranche-sur-Saône ont créé le collectif beaujolais des usagers de l’eau.  Depuis nous avons constaté que :

  • La situation de l’eau est complètement bloquée à Villefranche et dans tout le Beaujolais. Les élus et l’Etat refusent d’admettre l’existence d’un grave problème de santé publique avec la distribution d’une eau du robinet polluée. Aucune action efficace des pouvoirs publics n’est menée pour résoudre le problème, à part dire « tout va bien ».
  • L’eau du robinet est polluée dans tout le département du Rhône : Villefranche, Belleville, Beaujeu, Anse et surtout le Grand Lyon (1 million d’habitants).
  • Le blocage provient en réalité de Lyon. S’ils cèdent à Villefranche (dire que cela ne va aussi bien que ça), il y aura une contagion sur Lyon. Les seuils élevés de Villefranche sont dus en réalité à la volonté de cacher la pollution de l’eau de Lyon.
  • Les mensonges sur Lyon sont énormes : « l’eau est excellente », « il n’y a pas de décharge sur le site de Crépieux-Charmy »…

Donc pour résoudre le problème de l’eau dans tout le département du Rhône, la création d’une association ou d’un collectif est nécessaire :

« Collectif rhodanien des usagers de l’eau ». Ceci n’est qu’une proposition.

24 février 2011 Posted by | Eau Lyon, Eau Rhône | Laisser un commentaire

Limites de quantification élevées du 69

Voici un tableau réalisé par la DIREN Ile de France pour comparer les limites de quantification de différents laboratoires (sources en page 12 de http://160.92.130.117/IMG/pdf/InfoPhytos6.pdf  et Analyses_CAVIL_MCA_TTP _20060223 ).

Limites de quantification en 2006

CU : laboratoire allemand : Chemisches Untersuchungslabor d’Offenburg (limites de 2005 pour l’analyse de l’eau des rivières de l’Ile de France)

CARSO : laboratoire de Lyon (limites de 2006-2007 pour l’analyse de l’eau des rivières de l’Ile de France)

ESTA : laboratoire de Rouen (limites de 2006-2007 pour l’analyse de l’eau des rivières de l’Ile de France )

DDASS 69 : limites de quantification du contrôle sanitaire dans le département du Rhône pour l’analyse des eaux traitées et distribuées (seuils d’une analyse de l’eau de Villefranche-sur-Saône le 27/02/2006 par le laboratoire CARSO)

La qualité des analyses de l’eau du robinet du département du Rhône est totalement aberrante. Très peu de pesticides sont analysés, et à des seuils de quantification très élevés. Les limites dans le Rhône sont 5 fois plus élevées que celles du laboratoire allemand. Bien sûr, à Lyon ou Villefranche, on ne détecte pas beaucoup de pesticides!

Si les limites du labo allemand étaient appliquées pour le Grand Lyon, on trouverait beaucoup de pesticides dans l’eau du robinet des lyonnais (et on ne pourrait plus mentir en disant que « l’eau de Lyon est excellente »).

Si les limites du labo allemand étaient appliquées à Villefranche-sur-Saône, l’eau serait en permanence non potable pour la quantité totale de pesticides (norme de 0,5 µg/l). Les limites élevées de la DDASS 69 sont donc une véritable tricherie sur la qualité de l’eau. Pour le principal pesticide : l’atrazine, en 2006,  le même laboratoire CARSO a une limite de 20 ng/l pour les rivières de l’Ile de France et de 50 ng/l pour l’eau potable du Rhône. On a donc bien demandé au laboratoire de relever son seuil pour cacher la pollution de l’eau du robinet de Lyon.

Autre aberration : 12 pesticides analysés (35 %) sont des « urées substituées », hors ces substances sont détruites par le traitement à l’ozone et au chlore qui existe à Villefranche-sur-Saône. Ces analyses sont inutiles, car on est sûr à l’avance à 100 % de ne pas retrouver ces pesticides dans l’eau traitée. Cependant cela fait bien de pouvoir présenter des analyses conformes.

17 février 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, Eau Villefranche, Pesticides | Laisser un commentaire

Preuves des décharges au milieu des captages d’eau de Lyon (1)

Dans un reportage sur France 3 diffusé le 10 janvier 2011, une responsable de la Direction de l’Eau du Grand Lyon a affirmé : 

« Il n’y a pas de décharge existant sur le site, et donc pas de pollution aujourd’hui au niveau de la qualité des eaux qui sont produites et distribuées qui sortent de Crépieux Charmy. »

http://rhone-alpes.france3.fr/info/grand-lyon/grand-lyon—menaces-sur-la-nappe-phreatique–66749810.html?onglet=videos

Donc les habitants de Vaulx-en-Velin, qui ont vu pendant 30 ans le site de Crépieux Charmy être une gigantesque décharge,  sont des menteurs ; les journalistes de la Tribune de Lyon et du Progrès pas très sérieux d’avoir publié des articles sur ces décharges ; et les commissaires enquêteurs n’ont pas fait correctement leur travail.

http://www.tribunedelyon.fr/index.php?actus/societe/24726-lyon-:-menaces-sur-la-nappe-phreatique

Pour trancher, il faut des preuves. Difficile car les visites sur le site sont interdites à cause de la peur des terroristes. Mais en recherchant dans la base de données Infoterre du BRGM, des preuves ont été trouvées.

Ci-dessous des coupes de sondages réalisés en 1971 au centre des puits de Charmy. Les captages d’eau forment un cercle autour de l’ancienne décharge, donc l’intégralité de la pollution de la décharge  se retrouve (s’est retrouvé) dans l’eau du robinet des lyonnais (au début seulement dans la banlieue de Lyon).

Centre de Charmy : Coupe d'un sondage dans une ancienne décharge

Charmy : autre sondage dans une décharge

Un habitant de Vaulx-en-Velin a tout vu. Le site de Charmy a été exploité pour l’extraction des graviers et du sable au début des années 1950. Juste après l’extraction, toutes ces carrières étaient remblayées de déchets divers : industriels (fûts de 200 litres plein de polluants), ménagers (ordures), démolition… Il se souvient bien de la décharge de Charmy, car les déchets industriels d’une usine de fabrication de peinture de Villeurbanne (Galia Color ?) étaient jetés dans la carrière. L’eau au fond de la carrière-décharge avait une drôle de couleur et d’odeur. A cet endroit, la nappe phréatique est donc polluée par des solvants hydrocarbonés, des solvants chlorés et des métaux lourds (plomb…). En 1971, les sondages ont touché ces déchets industriels, car l’argile n’est pas « bleue ». Le bleu, le jaune, c’est la pollution industrielle, la peinture. Il se souvient également que les déchets (os, carcasses, abats) d’un gros charcutier de Lyon (Fonbonne) étaient jetés dans cette décharge.

En dessous, il y a des « débris de toutes natures » ???

En 1957, après la fin du remplissage des décharges, la Société des Eaux de la banlieue de Lyon (devenue Compagnie Générale des Eaux, puis VEOLIA) a pris 20 hectares du site, puis 20 autres hectares, pour forer des puits de captages d’eau. On n’ose pas imaginer la quantité de solvants chlorés dans l’eau du robinet dans les années 50, 60 et 70 (à cette époque, les solvants chlorés n’étaient jamais analysés, les premières analyses montant la pollution de l’eau captée à Crépieux Charmy datent des années 80).

Le plan suivant montre qu’en 1963, il restait une ancienne petite carrière au centre de Charmy (comblée ensuite avec des déchets).

Preuve d'une ancienne carrière en 1963 (26 et 31 sont les puits les plus au sud de Charmy, actuellement toujours fortement pollués par les solvants chlorés)

Sur Crépieux, ce n’est guère mieux. En 1979, la COURLY (devenue Grand Lyon aujourd’hui) a creusé toute une série de puits de captage d’eau dans une ancienne carrière remblayée en décharge. Cette grande décharge de 60 000 m2 ou  6 hectares est située au lieu-dit la Saulée sur la carte IGN. Il y a des dizaines de coupes de creusements des puits prouvant cela. En voici quelques-unes ci-dessous.

Puits F12 creusé dans une décharge de 4,3 m de profondeur en 1979

Puits F10 creusé en 1979 dans une décharge de 4,1 m de profondeur à Crépieux

Il ne s’agit là que d’un début des preuves des décharges à l’intérieur du site de Crépieux Charmy (= à l’intérieur du périmètre de protection immédiate). La suite dans un prochain message (vous verrez l’inconcevable!).

En conclusion : comment, en une phrase, on peut dire 2 énormes mensonges (pour les preuves de la pollution de l’eau distribuée à Lyon voir : https://leau.wordpress.com/2011/01/16/preuves-de-la-pollution-de-leau-du-grand-lyon/).

5 février 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

Preuves de la pollution de l’eau du Grand Lyon

Depuis des décennies, les autorités disent que l’eau du robinet de Lyon est excellente. La récente campagne de publicité (mensongère) de la Grand’O de Lyon affirme même que l’eau vient directement des glaciers alpins sans passer par le Rhône.

Preuve de la pollution de l’eau distribuée par le tétrachloréthylène :

Extrait de la page 44 du rapport du Grand Lyon de 2006

Avertissement : ce rapport de 2006 est un document public présenté à l’enquête publique de 2010. Nous vous conseillons de le lire dans son intégralité. L’extrait ci-dessus est donné à titre d’information pour convaincre les usagers du grave problème de l’eau du robinet à Lyon.

Cette figure montre l’énormité de la pollution de l’eau du robinet du Grand Lyon. En 2000, pour la nourrice de Charmy, la concentration moyenne en tétrachloréthylène était de 1,2 µg/l (max 4 µg/l). Pour la totalité de la production, cette concentration correspond  à une quantité de 100 kg par an de tétrachloréthylène envoyés aux robinets des usagers. Si on ajoute quelques dizaines de kg de trichloréthylène (TCE), tétrachlorure de carbone, 1,2-dichloroéthane, trichloroéthane, chloroforme …, on atteint 200 kg de solvants chlorés cancérigènes envoyés dans le réseau d’eau potable chaque année. Au total depuis 1964, on peut estimer que plusieurs tonnes de solvants chlorés ont pollué l’eau potable du Grand Lyon.

D’après la figure ci-dessous parue dans la presse, certains puits sont implantés sur d’anciennes décharges de déchets divers. Ils ont été construits à partir de 1958 (Compagnie Générale des Eaux, Veolia) et de 1964 (COURLY, Grand Lyon). La pollution aux solvants chlorés a donc dû être très importante au début, dans les années 60 et 70, plusieurs dizaines de microgramme par litre dans l’eau distribuée. Aujourd’hui la pollution aux solvants chlorés baisse, c’est normal car la plupart des produits toxiques ont déjà été envoyé dans le réseau d’eau potable, et on dilue au maximum avec les bassins d’infiltration de l’eau du Rhône vers les captages. Cette pollution globale aux tétrachloréthylène (PCE), trichloréthylène (TCE), tétrachlorure de carbone, 1,2-dichloroéthane a peut-être fait (ou fera) des morts par cancer parmi les habitants du Grand Lyon.

La pollution continue toujours : 03/12/2009, analyse du contrôle sanitaire à Vénissieux, tétrachloréthylène = 1,1 µg/l aux robinets des usagers

Pour info, il ne s’agit pas du « seuil de détection », mais du seuil de quantification du contrat commercial avec le laboratoire. Avant 1993, ce contrat avait un seuil de 0,1 µg/l. On a donc remonté les seuils pour essayer de cacher la pollution aux solvants chlorés!

Cartes des anciennes décharges

Cette carte a pour origine la version papier de l’article de journal suivant : http://www.tribunedelyon.fr/index.php?actus/societe/24726-lyon-:-menaces-sur-la-nappe-phreatique

Carte des anciennes décharges au milieu des puits de captage d'eau

Preuves de la pollution de l’eau par le tétrachlorure de carbone, le 1,2-dichloroéthane, le trichloréthylène, les pesticides (atrazine)

Extrait de la page 44 de l'avis des hydrogéologues agréés (décembre 2007)

Avertissement : cet avis des hydrogéologues agréés est un document public présenté à l’enquête publique de 2010. Nous vous conseillons de le lire dans son intégralité. L’extrait ci-dessus est donné à titre d’information pour convaincre les usagers du grave problème de l’eau du robinet à Lyon.

Rapport 2006 sur la qualité de l’eau : Tétrachlorure de carbone : 0,1 µg/l. Cette substance est très cancérigène.

Sur un seul puits près de la décharge 1, 78 détections de solvants chlorés entre 1988 et 1999, dont 2 µg/l de tétrachlorure de carbone le 26/11/1991.

Preuve de la pollution de l’eau par les HAP

Rapport 2006 sur la qualité de l’eau : Benzo (a) Pyrène : 0,002 µg/l. Cette substance est très cancérigène.

16/09/2009, analyse du contrôle sanitaire à Lyon, phénanthrène : 0,033 µg/l

03/12/2009, analyse du contrôle sanitaire à Vénissieux, phénanthrène : 0,021 µg/l

Preuve de la pollution de l’eau par les métaux lourds dans un puits situé près de la décharge 1 ci-dessus :

  • mercure : 0,1 µg/l   le 10/08/1989
  • cadmium : 1 µg/l   le 15/02/1995
  • chrome : 10 µg/l   le 08/06/1990

Ces métaux lourds proviennent certainement de l’ancienne décharge de déchets dangereux (1 sur la carte). On n’ose pas imaginer les concentrations en métaux lourds quand les puits ont été mis en service dans les années 60.

Preuve de l’alimentation directe des captages par le fleuve Rhône (et non les glaciers alpins)

Origine de l'eau distribuée dans le Grand Lyon

L’origine de l’eau bue par les lyonnais est claire :

  • Glaciers alpins : 0 %
  • Rhône : 88 %  (somme du Vieux Rhône, des canaux de Miribel et de Jonage et des bassin d’infiltration de l’eau du Rhône)
  • Nappe amont : 12 % (apport de la nappe du couloir de Décines)

16 janvier 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, HAP, Pesticides, Tétrachloréthylène | Un commentaire

Observations lors de l’enquête publique du Grand Lyon

Insuffisances techniques du dossier d’enquête publique sur les périmètres des captages de Crépieux-Charmy. Mauvaise qualité de l’eau du Rhône (90 % de l’eau distribuée)

Comme l’ont noté les hydrogéologues agréés (pages 41 et 42 de leur rapport), l’étude du Grand Lyon est insuffisante. L’étude de la qualité de l’eau du Rhône (page 36 à 38) est honteuse.

46 pesticides ont été détectés dans le Rhône en amont des prises d’eau potable, de nombreux pesticides bien au-dessus de la norme de l’eau potable. 119 polluants au total dans le Rhône. Le filtre sableux naturel, jamais nettoyé, donc dangereux (risque de relargage brusque et violent des toxiques stockés) et inefficace, laisse passer des pesticides dans l’eau distribuée. Les seuils de quantification, extrêmement élevés des analyses présentées dans le dossier, et les produits de dégradation non recherchés, masquent ce fait. Ces mauvaises analyses empêchent de vérifier la norme de 0,5 µg/l pour le total des pesticides. Cette tromperie est la responsabilité des pouvoirs publics car les laboratoires sont tout à fait capables de descendre très bas les seuils de détection (si le Grand Lyon leur demande). Mais si on trouvait des pesticides dans l’eau distribuée, on ne pourrait plus affirmer que l’eau de Lyon est excellente, puis les lyonnais se demanderaient pourquoi une eau qui provient directement des glaciers alpins contient les pesticides déversés dans la plaine de l’Ain et la Dombes : http://www.grandodelyon.org/

 Grave pollution aux solvants chlorés de la nappe de l’est lyonnais (10 % de l’eau distribuée)

Cette pollution est extrêmement importante : jusqu’à 4 µg/l en tétrachloroéthylène en 2000, alors que la norme était de 1 µg/l à l’époque. Il y avait alors une obligation réglementaire d’information des plus d’un million d’usagers sur la pollution, or rien n’a été fait : https://leau.wordpress.com/2008/11/24/les-lyonnais-enfin-informes-sur-les-solvants-chlores/

Cette pollution est connue depuis au moins 1984 par les analyses de la DDASS, et a été cachée aux usagers (directive européenne de 1980 qui fixait la norme à 1 µg/l pour le tétrachloroéthylène). 

Aucune mention de la pollution due aux algues des bassins d’infiltration de l’eau du Rhône vers les puits : cet oubli est grave dans un dossier d’enquête publique

https://leau.wordpress.com/2010/03/27/leau-du-rhone-dans-les-captages-du-grand-lyon/

« La preuve de l’alimentation volontaire de la nappe phréatique, donc des puits de captages d’eau potable, avec l’eau du Rhône (on voit l’ampleur de la tromperie du consommateur quand on lui explique que l’eau du robinet vient d’une rivière souterraine de 800 m3/s en provenance directe des glaciers alpins, sans rapport avec l’eau du Rhône) :

Etude insuffisante pour déterminer les temps de transfert

La modélisation en pages 39 à 40 est insuffisante car les chenaux préférentiels d’écoulement n’ont pas été déterminés et quantifiés (mesures de la vitesse par traçages).

En pages 38 et 39 du rapport des hydrogéologues agréés, la mauvaise qualité du modèle est détaillée (manque de données piézométriques, coefficient d’emmagasinement fixe, pas de temps trop grand, débits réels d’exploitation non mesurés, variation du colmatage des berges…). Ces problèmes vont conduire à une mauvaise définition des périmètres de protection. Des prescriptions vont pénaliser inutilement certains propriétaires de terrains, alors que des terrains vulnérables sur des circulations préférentielles ne vont pas avoir de protections. Cette non-qualité des études est grave car le sujet est la santé de plus d’un million de citoyens.

Qualité de l’eau distribuée

Les multiples analyses présentées dans le dossier sont de mauvaise qualité, pas à cause du laboratoire, mais à cause des pouvoirs publics qui demandent des seuils de quantification extrêmement élevés pour cacher la pollution de l’eau du robinet :

  • Solvants chlorés : Seuil de 500 ng/l pour le tétrachloroéthylène, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 2 ng/l
  • Pesticides. Seuil de 30 ng/l pour l’atrazine, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 6 ng/l. Seuil de 35 ng/l pour le métolachlor, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 8 ng/l. Le métolachlor a atteint 2 fois la norme dans le Rhône, et en plus les produits de dégradation ne sont pas analysés (10 à 100 fois le produit brut).
  • HAP : seuil de 10 ng/l pour le Benzo(a)pyrène alors que le Rhône est très pollué, que la norme est de 10 ng/l et que les laboratoires peuvent donner un seuil de 0,8 ng/l utile pour ce polluant cancérigène à toxicité sans seuil.

Conclusions

La gravité de la situation de l’eau « potable » polluée de Lyon, due à des dizaines d’années d’inaction, de tromperie des usagers et d’une gestion non conforme à l’intérêt des usagers, nécessite des actions immédiates :

  • Information objective des usagers sur la qualité réelle, passée et actuelle, de l’eau distribuée dans le Grand Lyon.
  • Information des usagers sur les conséquences potentielles sur la santé : cancers, malformations des nouveaux nés, stérilité des adultes, pertes des caractères sexuels, nouvelles maladies inconnues qui risquent d’apparaître dues aux nouvelles générations de pesticides…
  • Réalisation des analyses normales : seuils de détection normaux (= beaucoup plus bas) pour les pesticides, recherche de tous les polluants dans l’eau, produits de dégradation des pesticides (Métolachlor…), perturbateurs endocriniens du Rhône.

Concernant le projet d’arrêté préfectoral, je m’oppose à l’article 9 qui prévoie uniquement une chloration pour traiter l’eau. L’eau chlorée donne des cancers (d’après des nombreuses études et la classification du CIRC de Lyon). L’eau ne doit donc pas être chlorée, éventuellement désinfectée par d’autres techniques (UV…). Le chlore sert à masquer le manque d’entretien des réseaux d’eau, entretien non réalisé par les groupes privés. Grenoble, Mulhouse, la plupart des villes d’Allemagne distribuent une eau non chlorée (distribution par des régies qui font leur travail d’entretien).

De manière provisoire, l’eau doit être traitée avec des moyens efficaces pour enlever tous les polluants (solvants chlorés, pesticides du Rhône, perturbateurs endocriniens… ). Les hydrogéologues agréés ont demandé un traitement des eaux polluées en page 44 de leur rapport. Pourquoi cette demande n’est-elle pas reprise dans l’arrêté préfectoral ? Je demande qu’un traitement efficace de l’eau distribuée soit inscrit dans l’arrêté préfectoral, en particulier pour les solvants chlorés comme le demandent les hydrogéologues agréés. Rappel : la norme réglementaire pour le tétrachloréthylène est de 0,06 µg/l d’après le Code de la Santé Publique, article L1321-1. La norme est la plus basse valeur entre l’absence de danger potentiel pour la santé (0,06 µg/l d’après la circulaire du 30 mai 2006 du Ministère de la Santé) et la limité de qualité (inférieur ou égale à 10 µg/l).

 Le champ captant de Crépieux Charmy doit être abandonné, car il est absurde d’alimenter un million d’habitants avec de l’eau aussi polluée. L’eau potable du Grand Lyon (et de tout le département du Rhône) doit venir de zones non polluées et totalement protégées, sans pesticides, sans engrais chimique, sans industries polluantes (dans les Alpes, le Jura ou le massif central). Tout le Sud de France, New-York, Allemagne… sont alimentés de cette manière avec de l’eau d’excellente qualité (vraiment excellente, pas les mensonges actuels de la Grand’O de Lyon). http://www.l-eau.fr/

 Extraits de la Constitution Française : « Chacun a le droit de vivre dans un environnement respectueux de la santé. Toute personne a le droit de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. » Je pense que dans le domaine de l’eau potable à Lyon, ces obligations constitutionnelles ne sont pas respectées : faire boire l’eau quasiment non traitée d’un grand fleuve très pollué à une agglomération d’un million d’habitants est inacceptable. L’alimentation actuelle avec un filtre sableux jamais nettoyé n’est pas conforme au Développement Durable, donc illégale (le respect du Développement Durable est obligation pour les politiques publiques d’après la Constitution Française).

12 janvier 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Pesticides, Tétrachloréthylène | Un commentaire

Nouveaux polluants dans le Rhône (principale alimentation de l’eau du Grand Lyon)

Une première liste a déjà été publiée : https://leau.wordpress.com/2009/08/22/qualite-de-leau-du-grand-lyon-37-pesticides-dans-le-rhone/

Voici la liste des nouveaux polluants détectés dans le fleuve Rhône à la station de Jons :

Pesticides :

Atrazine déisopropyl : traces dans l’eau en 2009

Dicamba : 0,04 µg/l  le 30/06/2009

Dimétachlore : traces le 09/09/2008

Dinoterbe : 0,06 µg/l   le 09/12/1998

Propoxur : traces le 30/06/2009

Propyzamide : traces le 16/02/2009

Spiroxamine : traces le 30/06/2009

Terbuthylazine déséthyl : traces le 18/08/2009

Terbuthylazine hydroxy : traces le 30/06/2009

Trichlopyr : traces le 03/12/2008

Résultat : 46 pesticides dans le Rhône en amont des captages d’eau potable du Grand Lyon. L’eau du robinet est-elle aussi excellente que cela ?

HAP :

Anthracène : 1 µg/kg en 2009

Benzo (a) Anthracène : 147 µg/kg   le 31/03/2009

Benzo (a) Pyrène : 0,006 µg/l  le 23/07/2009 (eau)

Benzo (a) Pyrène : 183 µg/kg  le 31/03/2009 (sédiment). En 2006, une analyse de l’eau distribuée chlorée à Lyon donnait une pollution au Benzo (a) Pyrène de 0,002 µg/l. Cette substance est très cancérigène.

Fluorène : 0,01 µg/l  le 09/12/1998 (eau)

Fluorène : 73 µg/kg  le 18/08/1999 (sédiment). Le 16/09/2009, une analyse de l’eau du robinet à Lyon donnait une pollution au fluorène de 0,013 µg/l

Phénanthrène : max 367 µg/kg   le 18/08/1998 (sédiment)

Phénanthrène : max 157 µg/kg   le 31/03/2009 (sédiment)

Phénanthrène : max 0,02 µg/l   le 26/05/2009 (eau). Le 16/09/2009, une analyse de l’eau du robinet à Lyon donnait une pollution au phénanthrène de 0,033 µg/l (0,021 µg/l   le 03/12/2009 à Vénissieux). La concentration au robinet est supérieure car l’eau du Rhône se charge en HAP en traversant les sédiments contaminés.

+ beaucoup d’autres HAP (16 au total)

Les correspondances entre les pollutions du Rhône aux HAP et les pollutions de l’eau du robinet à Lyon prouvent que les alluvions ne filtrent pas correctement l’eau. De plus, cela est dit clairement par le rapport de l’ARS (ex DDASS 69) de la dernière enquête publique, paragraphe 2.4 Vulnérabilité intrinsèque de la ressource : « Pour mémoire, le rôle de filtre naturel assuré par les alluvions ne joue pas pour les matières dissoutes ».

Métaux :

Antimoine : 1,5 mg/kg en 2009

Argent : 1 mg/kg  le 31/03/2009

Arsenic : 1,4 µg/l   le 23/08/2010 (eau)

Arsenic : 13 mg/ kg  le 30/06/2009 (sédiment)

Cadmium : 0,5 µg/kg en 2009

Chrome : 69,6 mg/kg  le 07/01/2009

Mercure : 0,044 mg/kg le 25/08/2009

Nickel : 5,6 µg/l   le 31/03/2009 (eau)

Nickel : 45,3 µg/kg   le 07/01/2009 (sédiment)

Plomb : 0,3 µg/l  le 06/10/2009 (eau)

Plomb : 50,6 µg/kg  le 25/08/2009 (sédiment)

Sélénium : 0,7 µg/kg  le 30/06/2009

Autres polluants :

Crésol-para : 4145 µg/l    le 25/08/2009

DEPH (Phtalates) : 1,8 µg/l   le 09/12/2008 (eau)

DEPH (Phtalates) : 3146 µg/kg   le 31/03/2009 (sédiment)

Dibutylétain : 0,01 µg/l   le 04/03/2008 (eau)

Dibutylétain : 26 µg/kg   le 13/11/2007 (sédiment)

Dioctylétain : 0,27 µg/l   le 23/09/2005

Monobutylétain : Traces dans l’eau et les sédiments en 2009

Monooctylétain : 84 µg/l   le 07/01/2009

Monophénylétain : traces  le 07/01/2009

Tributylétain : 20 µg/kg   le 25/04/2006

Trioctylétain

Triphénylétain

PCB : nombreuses détections en 2009 (12 PCB détectés au total)

Exemple : PCB 153 : 4,3 µg/kg   le 31/03/2009

Tributylphosphate : 0,09 µg/l   le 31/03/2009

Trichlorofluorométhane : 0,5 µg/l  le 30/06/2009

Trichlorotrifluoroéthane-1,1,2 : 13 µg/kg  le 11/02/200

Dichloréthylène-1,2 : 3 µg/kg   le 11/02/2000

Dichlorobenzène-1,2 : 12 µg/kg  le 03/06/2008

Dichlorobenzène-1,4 : 12 µg/kg  le 03/06/2008

Dichlorophénol-2,5 : 0,13 µg/l  le 14/11/2000

Diméthylphénol-2,4 : 0,08 µg/l   le 14/11/2000

Chloroforme (Trichlorométhane) : 17 µg/l  le 18/12/2006

Ethylbenzène : 4,5 µg/l   le 04/03/2008

Hexachlorobenzène : 5 µg/kg  le 18/08/2000

Isopropylbenzène : 0,4 µg/l  le 04/03/2008

MTBE : 120 µg/kg  le 23/01/2003

Nitrophénol-2 : 0,1 µg/l   le 14/11/2000

Nonylphénols : 1 µg/l   le 05/05/2004

Octylphénols : 0,2 µg/l   le 23/01/2003

Tétrachloréthylène : 8 µg/l   le 15/10/1994

Tétrachloréthylène : 10 µg/kg  le 05/05/2004

Tétrachlorophénol-2,3,4,6 : 75 µg/kg   18/01/1999 

Trichloréthane-1,1,1 : 2 µg/l  le 28/02/1994

Trichloréthylène

Trichlorobenzène-1,2,3

Trichlorobenzène-1,2,4

Trichlorobenzène-1,3,5

Toluène

Xylène-ortho

Xylène-para

Xylènes (o, m, p)

Conclusion : 73 micropolluants toxiques (hors pesticides) dans le Rhône en amont des captages d’eau potable du Grand Lyon. Toujours de l’eau du robinet excellente?

119 micropolluants toxiques au total dans le Rhône pour polluer l’eau du robinet d’un million d’habitants

Ces matières dissoutes ne sont pas filtrées par les alluvions entre le Rhône et les robinets des usagers (d’après la DDASS-ARS). En plus, l’eau captée se charge en nouveaux polluants en traversant les sédiments.

4 novembre 2010 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, HAP, Mercure, Pesticides, Phtalates | Laisser un commentaire

L’eau du Rhône dans les captages du Grand Lyon

La preuve de l’alimentation volontaire de la nappe phréatique, donc des puits de captages d’eau potable, avec l’eau du Rhône (on voit l’ampleur de la tromperie du consommateur quand on lui explique que l’eau du robinet vient d’une rivière souterraine de 800 m3/s en provenance directe des glaciers alpins, sans rapport avec l’eau du Rhône) :

http://cemadoc.cemagref.fr/exl-php/cadcgp.php?QUERY=1&VUE=p_recherche_publication&MODELE=vues/p_recherche_publication/home.html&CLE=DOC_REF&CLEVALEUR=PUB00026384

Rapport n° PUB00014645 du CEMAGREF

« Depuis quelques années, des proliférations d`algues sont apparues sur les bassins de ré-alimentation en eau de la nappe phréatique située au Nord-Est de Lyon, sur le champ captant de Crépieux-Charmy. Désormais, l`influence de ces algues sur la qualité de l`eau est bien connue, ainsi que les grandes caractéristiques de leur mode de développement. Les impacts négatifs de ces algues sur la qualité de l`eau, destinée à l`alimentation humaine nécessitent l`initiation d`une réflexion afin de mettre en place de nouveaux moyens de gestion des bassins visant à contrôler ces populations végétales. »

En plus de tous les polluants du Rhône (pesticides, HAP, PCB, mercure, perturbateurs endocriniens..), il y a aussi les algues qui ont des impacts négatifs sur la qualité de l’eau distribuée.

Une photo où on voit les bassins d’infiltration de l’eau du Rhône vers les puits de captages d’eau destinée à l’alimentation humaine.

Champ captant de Crépieux Charmy

27 mars 2010 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône | 2 commentaires

Publicité mensongère à Lyon

La campagne de publicité du Grand Lyon vise à tromper les consommateurs, en leur donnant de fausses informations sur la qualité et l’origine de l’eau du robinet. Vouloir faire boire l’eau du robinet du Grand Lyon, et inciter à la mettre dans le biberon des bébés, est grave. Si personne ne réagit maintenant, il n’y aura plus aucune limite au mensonge sanitaire en France.

Il est nécessaire de réagir, et d’engager des plaintes pour publicité mensongère et tromperie des consommateurs. Contacter moi, plus nous serons nombreux, plus les actions seront efficaces.

Quiz sur l'eau de Lyon 1

La tromperie est lourde. Quand on clique sur la bonne réponse (la nappe phréatique du Rhône est une réserve souterraine résultant de l’infiltration du Rhône), on voit du rouge, puis du vert et « Bravo » quand on choisit la mauvaise réponse, totalement absurde : « la nappe est une rivière souterraine provenant directement du glacier du Rhône en Suisse »!

26 mars 2010 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône | Laisser un commentaire

Mensonges sur l’eau à Lyon (retour)

Cet article a été publié une première fois le 13 août 2009. Puis j’ai été optimiste, en me disant que c’était de l’histoire ancienne (1998), que de tels mensonges étaient impossibles aujourd’hui, et j’ai supprimé l’article. Entre temps, j’avais pu discuter avec des responsables du Grand Lyon et de VEOLIA à Lyon, qui m’avaient avoué que l’eau du robinet était bien l’eau du Rhône. Et puis à l’occasion de la journée mondiale de l’eau, une campagne de communication de 100 000 euros est lancée sur la Grand’O de Lyon reprenant tous les vieux mensonges sur l’eau de Lyon. Donc, voici le texte de l’été 2009 :

« Il y a une dizaine d’années (1998), j’ai été invité chez un élu du Grand Lyon (COURLY). Cet élu était membre de la commission qui gère l’eau potable d’un million d’habitants.

Etant hydrogéologue, la conversation s’est donc portée sur les captages et la qualité de l’eau à Lyon. J’ai eu droit à un véritable délire sur la prétendue bonne qualité de l’eau distribuée dans le Grand Lyon. L’eau était excellente, et de meilleure qualité qu’une célèbre eau minérale captée dans une ville près du lac Léman…

Doucement, je lui précise que l’eau de Lyon est polluée par des solvants chlorés, et que dans certains puits du champ captant de Crépieux-Charmy, l’eau est dix fois au dessus des normes (1 µg/l par solvant de 1980 à 2003). Aucune réponse, car l’élu n’a aucune compétence en environnement ou en gestion de l’eau potable.

Puis j’ajoute que la plupart de l’eau captée est l’eau du Rhône, avec un temps de transfert de quelques heures à quelques jours entre le Rhône et l’eau potable, que l’eau du Rhône est fortement polluée par tous les pesticides déversés dans la plaine de l’Ain, les rejets de toutes les industries lourdes dans la vallée du Rhône et toutes les rejets d’eaux usées des villes de la vallée.

Là, il réagit fortement en disant:

  1. que je ne dis pas la vérité,
  2. qu’il vient de visiter le champ captant de Crépieux-Charmy avec VEOLIA (Compagnie Générale de Eaux à l’époque),
  3. que l’eau de Lyon est d’excellente qualité, et l’une des meilleures de France
  4. que VEOLIA  a affirmé aux élus l’absence totale de relation entre le Rhône et les puits de captage d’eau,
  5. que, d’après VEOLIA,  l’eau bue par les 1 000 000 d’habitants du Grand Lyon provient directement des Alpes, sans aucun transit par le Rhône

Je lui demande comment cela est possible car les puits de captage sont juste à coté du fleuve Rhône. Il me répond qu’il n’est pas technicien, mais que VEOLIA lui a affirmé que l’eau captée par Lyon passait sous la Dombes en provenance du Mont Blanc, et que l’eau polluée du Rhône n’alimentait à 0% l’eau potable.

La discussion sur l’eau s’arrête là. Il conclut en disant qu’il croit entièrement les affirmations d’une grande multinationale spécialisée dans l’eau potable, et que je ne dis que des mensonges.

La vérité, tous les professionnels la connaissent :

  • Les un million d’habitants du Grand Lyon boivent à 90 % environ l’eau du Rhône, légèrement filtrée par des alluvions, distribuée sans aucun traitement (à part une légère chloration) aux usagers,  le restant provenant d’une nappe locale très polluée par des solvants chlorés (tétrachloréthylène…)
  • Il n’y a aucune alimentation en provenant des Alpes et du Mont Blanc (affirmation mensongère), à part par l’intermédiaire du Rhône.
  • L’eau de Lyon est polluée par les solvants chlorés, les pesticides du Rhône, les HAP (et PCB?)  du Rhône,  les perturbateurs endocriniens du Rhône
  • Il est faux de dire que l’eau distribuée sans traitement est d’excellente qualité.
  • Quand on fait boire l’eau d’un fleuve aussi pollué, le minimum sera d’informer les usagers (et non de leur mentir), et traiter l’eau par des charbons actifs. Par exemple, Genève puisse son eau potable dans le Lac Léman, bien en amont de Lyon, et traite son eau par des filtres à sable et des charbons actifs, et a une eau bien moins chère qu’à Lyon.

Le problème, c’est le mensonge de l’entreprise privée qui gère l’eau du Grand Lyon qui donne de fausses informations aux élus qui décident et votent l’avenir de l’eau à Lyon. Comment l’eau peut être bien gérée par les élus, s’ils ont des informations fausses à la base?

A Lyon, comme à Villefranche-sur-Saône, le sujet des relations entre les cours d’eau et les puits de captage est tabou. En 1973, un journaliste avait osé aborder le sujet pour expliquer la mauvaise qualité de l’eau distribuée à Villefranche. La ville de Villefranche et VEOLIA (Compagnie Générale des Eaux à l’époque) avaient réagit fortement, et fait taire la presse : “il n’y a aucune relation entre la Saône et l’eau captée” (mensonge toujours). »

21 mars 2010 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, Potabilité, Tétrachloréthylène | 2 commentaires

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