Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Liste des polluants de l’eau de Villefranche

L’Association Rhône Beaujolais des Usagers de l’Eau (ARBUE) a actualisé la liste des polluants du réseau d’eau de Villefranche-sur-Saône (puits de captage et eau distribuéee) :

http://eaubeaujolais.wordpress.com/liste-des-polluants/

  • 27 pesticides
  • 33 micropolluants
  • 9 métaux lourds ou toxiques
  • Nouveaux polluants de 2011 : dioxine, cyanure, résidu médicamenteux (carbamazepine), perfluorés
  • Nouveaux polluants de 2012 : phtalates (DEHP), dithio carbamates
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5 janvier 2013 Posted by | Eau Villefranche, Micropolluants, Pesticides, Phtalates, Qualité de l'eau potable, Villefranche-Beaujolais | Laisser un commentaire

Nouvelle dégradation de la qualité de l’eau à Villefranche

Les dernières analyses de l’eau du robinet sont inquiétantes. Après la détection d’un pesticide interdit dans l’eau brute (monuron en mars 2011), un pesticide interdit vient d’être détecté dans l’eau du robinet distribuée aux usagers : 30 ng/l de simazine le 9 juin 2011. Comme pour d’autres analyses proches, une forte suspicion d’un usage illégal de simazine existe. La simazine a été interdite en 2003, et ne peut pas réapparaître sans raison dans l’eau distribuée.

Pour la pollution aux HAP (qui a démarré en 2007 dans l’eau du robinet), un nouveau seuil vient d’être franchi le 2 juillet 2011 avec 4 HAP en même temps détectés dans l’eau distribuée avec une concentration totale 107 ng/l.

En plus, le pesticide présent depuis longtemps ne baisse pas : 82 ng/l d’oxadixyl dans l’eau du robinet le 4 août 2011. Le 2 décembre 2010, la concentration totale en pesticides dans l’eau distribuée avait atteint 154 ng/l.

Le 4 août 2011, la pollution de l’eau du robinet au trichloréthylène a atteint 1 100 ng/l (tétrachloréthylène : 3 700 ng/l). Cette nouvelle pollution est inquiétante car le trichloréthylène est un cancérigène à toxicité sans seuil, une seule molécule dans l’eau du robinet peut causer un cancer, puis la mort d’un usager. De plus, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) vient de reconnaître, officiellement, que le trichloréthylène (TCE) est un produit «cancérigène chez l’humain par toutes les voies d’exposition». Auparavant (1987), le produit était classé comme «cancérigène probable». Le TCE y est aussi reconnu comme pouvant causer des maladies autres que le cancer.

Et toujours, l’efficacité du traitement de l’eau est douteuse, le 9 juin 2011 on avait 40 µg/l ( 40 000 ng/l) d’aluminium et 17 µg/l de manganèse dans l’eau du robinet. La concentration en manganèse de l’eau brute est autour de 50 µg/l (le traitement à l’aluminium sert à enlever le manganèse), donc le gestionnaire privé rajoute dans l’eau plus d’aluminium neurotoxique, qu’il n’enlève de manganèse, oligoélément bon pour la santé. L’année dernière, le président de la CAVIL avait dit qu’il « étudiait » la suppression de l’aluminium, qu’attend-il?

L’évolution du nombre de pesticides détectés lors d’une même analyse dans un puits de captage (P3) montre également la forte dégradation de la qualité de l’eau captée depuis 2008.

Nombre de pesticides dans l'eau du puits 3 à Villefranche

25 octobre 2011 Posted by | Aluminium, Eau, Eau Villefranche, HAP, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Laisser un commentaire

Un pesticide interdit retrouvé dans l’eau de Villefranche

Le 9 mars 2011, deux nouveaux pesticides ont été détectés pour la première fois dans un puits de captage sur la commune de Villefranche-sur-Saône, dont le MONURON.

Or le monuron est désherbant INTERDIT EN FRANCE depuis 1994.

L’évaluation de la toxicité de ce pesticide est inquiétante (extrait d’une thèse universitaire). De toute façon, s’il a été interdit en 1994, c’est qu’il doit être particulièrement toxique.

« Le monuron pourrait de plus présenter des propriétés carcinogènes, mais l’insuffisance des études sur cet aspect n’autorise aucune affirmation. Peu de publications sont disponibles sur la toxicité des métabolites. Toutefois, certains produits potentiels de dégradation sont connus pour leurs risques carcinogènes (dérivés phénoliques, anilines). La mise en évidence de propriétés phytosanitaire supérieure ou égale à celle du pesticide pour certains composés résultant de N-déalkylation entraîne une interrogation quant aux risques pour l’homme [21]. »

Actuellement le monuron est fabriqué en Chine. Or de récentes enquêtes de la presse et de la télévision prouvent des trafics illégaux de pesticides interdits, provenant de Chine et utilisés en France.

D’où vient le monuron trouvé sur la commune de Villefranche-sur-Saône?

Cette molécule n’a jamais été détectée dans la Saône et dans le Nizerand (eau, sédiments, matières en suspension et bryophytes) :

http://eaubeaujolais.wordpress.com/liste-des-polluants/

Ces deux rivières alimentent à 80 % environ l’eau des captages de la CAVIL. Donc le monuron devrait venir des 20 % d’alimentation restante, la nappe phréatique en amont (à l’ouest) du champ captant. La moitié est occupée par la zone industrielle d’Arnas (pas d’utilisation de ce pesticide), et l’autre moitié par les périmètres de protection, qui sont en fait une vaste zone de culture intensive, où les pesticides sont utilisés à tout va.

Epandage de pesticides à l’intérieur des périmètres de protection de Villefranche.

(quand on voit cette photo, on imagine la dose qu’il doit rester dans les légumes vendus à coté dans les grandes surfaces et les marchés locaux : double peine pour les habitants du Beaujolais, eau et légumes aux pesticides)

A l’intérieur des périmètres de protection, on a une vaste zone de culture de céréales au nord (blé-orge et maïs, le monuron n’est pas adapté à ces cultures) et une immense zone de cultures maraîchères au sud. La substance interdite pourrait donc provenir d’une utilisation en maraîchage.

Plantations maraîchères dans le périmètre de protection immédiate des captages (20/06/2011)

Cultures intensives à l'intérieur du périmètre de protection immédiate (15/08/2010)

De plus, le monuron a été quantifié dans le puits n°3 avec une concentration de 30 ng/l. Or le P3 est l’un des puits les moins exposés et les plus protégés des 14 puits du champ captant, car il est l’un des plus éloignés de la Saône et des cultures intensives. Quelle aurait été la pollution du monuron si l’analyse avait été réalisée dans le P4, P6 (arrêté) ou P7 (drains)? Probablement bien plus importante, et supérieure à la norme de 100 ng/l.

Champ captant de Beauregard : implantation du P3 et extension du PPI non respectée

Quand?

En 1994 (date de l’interdiction du monuron), une étude agropédologique complète a été réalisée par la Chambre d’Agriculture du Rhône, sur les activités agricoles à l’intérieur des périmètres de protection. Une liste impressionnante (plusieurs dizaines)  des pesticides maraîchers utilisés dans les périmètres  est donnée. Le monuron n’est pas dans cette liste. Donc le monuron retrouvé en 2011 dans le P3 ne provient pas d’une activité légale avant 1994. Il devrait provenir d’un épandage récent en 2010 ou 2011. De plus, l’absence totale de détection avant 2011 dans tous les milieux suggère une utilisation récente donc illégale.

Les responsabilités du Maire :

  • La distribution de l’eau potable (même s’il y a une communauté, un syndicat ou un exploitant privé, le Maire reste toujours le principal responsable pénal en cas de problème).
  • Protection des captages d’eau potable située sur sa commune (même s’il n’alimente pas sa commune) : ici le P3 est sur la commune de Villefranche-sur-Saône et alimente la même commune.
  • Information sur la qualité de l’eau du robinet : la détection d’un pesticide interdit depuis 17 ans dans un puits de captage d’eau du robinet est une information indispensable pour les usagers et les citoyens. Pourquoi ne pas utiliser le fabuleux procédé vanté par Veolia aux usagers qui permet de « contacter 100 000 foyers en moins d’une heure »?
  • La santé des usagers….

Cette nouvelle pollution fait donc partie des responsabilités du Député-Maire de Villefranche-sur-Saône. Je lui demande d’éclaircir cette affaire, et toutes les autres citées dans ce blog. Comme l’on déjà fait des usagers (mais « classement sans suite »), je lui demande de porter plainte pour toutes les pollutions, et pour cette pollution illégale au monuron. Le minimum serait la réalisation immédiate (tout retard entraîne la disparition des preuves) d’une vraie enquête judiciaire et douanière, avec des analyses du monuron et de ses produits de dégradations (dérivés phénoliques, anilines, composés résultant de N-déalkylation).

Article L1324-4
Modifié par Loi n°2004-806 du 9 août 2004 – art. 70 JORF 11 août 2004

« Le fait de dégrader des ouvrages publics destinés à recevoir ou à conduire  des eaux d’alimentation ou de laisser introduire des matières susceptibles de  nuire à la salubrité, dans l’eau de source, des fontaines, des puits, des  citernes, conduites, aqueducs, réservoirs d’eau servant à l’alimentation  publique, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende. »

Article L1324-3
Modifié par LOI  n°2009-526 du 12 mai 2009 – art. 125

« I.-Est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 Euros d’amende le fait :

De ne pas se conformer aux dispositions relatives à l’interdiction et à la réglementation des activités, travaux, dépôts et installations, dans les périmètres de protection mentionnés aux articles L. 1322-3 à L. 1322-7 ; »

9 octobre 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Monuron, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Un commentaire

Deux nouveaux pesticides dans l’eau de Villefranche (encore et toujours)

Début 2011, 2 nouveaux pesticides ont été détectés dans l’eau de Villefranche-sur-Saône : l’isoproturon et le monuron.

On atteint le nombre de 25 pesticides détectés dans un même réseau d’eau potable (puits et distribution), probablement un triste record mondial.

Liste des 25 pesticides et produits de dégradation de pesticides : atrazine, atrazine-déséthyl, atrazine-déisopropyl, bentazone, dichloropropène-2,3, diuron, terbuthylazine-hydro, métolachlor, oxadixyl, simazine, simazine-hydroxy, tébutame, asulame, 2,6-dichlorobenzamide, linuron, métoxuron, bromacile, 2-hydroxy-atrazine, deisopropyl-déséthyl-atrazine, lenacile, terbuthylazine-déséthyl, carbofuran, chlortoluron,  isoproturon (09/03/2011), monuron (09/03/2011).

Lors de la dernière analyse du 06/07/2011,  il y avait 11 pesticides différents dans l’eau brute,  plus 6 solvants chlorés, plus 8 métaux lourds ou toxiques (dont Plomb dans l’eau brute, Aluminium dans l’eau traitée…). Rappel : 25 solvants chlorés et micropolluants différents ont été détectés dans l’eau de Villefranche, là encore un record.

L’isoproturon est un désherbant des céréales. Le monuron est un pesticide interdit en France depuis 1994 : désherbant sélectif des cultures d’asperges, donc utilisé en maraîchage. La question se pose de l’origine de ces nouveaux pesticides. Viennent-ils des cultures illégales de céréales et de légumes à l’intérieur du périmètre de protection immédiate (PPI) des captages? Ce serait grave pour nos élus (qui ne font rien pour arrêter les déversements de pesticides dans le PPI) et pour les personnes qui utiliseraient des pesticides interdits.

Quelques photos des cultures illégales en 2010 et 2011 dans le PPI : céréales et légumes, qui utilisent justement les nouveaux pesticides détectés en 2011.

https://leau.wordpress.com/2011/06/23/perimetres-de-protection-non-respectes-a-villefranche-encore/

https://leau.wordpress.com/2010/08/29/arrete-prefectoral-non-respecte-et-tromperie-des-usagers/

8 octobre 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Monuron, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Laisser un commentaire

Périmètres de protection non respectés à Villefranche (encore)

En juin 2010, nous avions constaté 5 infractions graves à la réglementation des périmètres de protection de Villefranche-sur-Saône (arrêté préfectoral n°2009-1954 du 25 février 2009). Qu’ont fait depuis, la CAVIL, nos élus pour faire respecter la réglementation : RIEN. Car en juin 2011, ça recommence. Nous avons pris comme preuves de nombreuses photos. En voici quelques-unes.

Plantation illégale de maïs dans le périmètre de protection immédiate des captages de la CAVIL à Arnas (20/06/2011)

Plantation illégale de salades dans le périmètre de protection immédiate des captages de la CAVIL à Villefranche-sur-Saône. Les cultures maraîchères s'étendent à perte de vue en amont. Au fond, on voit les premiers bâtiments de la zone industrielle qui pollue les captages avec des solvants chlorés (20/06/2011)

Epandage de pesticides à l'intérieur des périmètres de protection de Villefranche. En aval, des captages qui alimentent 60 000 personnes et une usine de fabrication d'aliments pour bébés, que font nos "responsables" pour éviter cela?

https://leau.wordpress.com/2010/08/29/arrete-prefectoral-non-respecte-et-tromperie-des-usagers/

23 juin 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Pesticides, Qualité de l'eau potable | 2 commentaires

Evolution de la qualité de l’eau captée à Villefranche (1)

L’eau du robinet de Villefranche est un mélange de plusieurs dizaines de puits de captages. Ces puits, repartis sur des kilomètres, sont pollués de manière différente. Le « traitement de l’eau par mélange » permet de faire disparaître les polluants des analyses, en les faisant passer en dessous du seuil de quantification du laboratoire. Donc, on ne peut pas connaître l’évolution de l’eau captée avec les analyses officielles de l’ARS (ex-DDASS) qui sont toutes (eaux brutes et eaux traitées) faites sur ce mélange. Pour connaître l’évolution de la qualité de la nappe phréatique, les analyses puits par puits sont nécessaires. Elles sont réalisées lors d’études particulières ou par le délégataire. Voici quelques courbes d’évolution de la qualité de l’eau des puits :

Oxadixyl dans le puits 5 de Villefranche

Comme les dépassements de la norme dans l’eau distribuée sont moins nombreux, les autorités disent que la pollution par le pesticide Oxadixyl diminue. La courbe précédente prouve que cela est faux, la pollution a même tendance à augmenter dans le P5. En fait, c’est VEOLIA qui se perfectionne dans l’art du mélange. Les « traitements par mélange » sont faits de manière « scientifique ».

Tétrachloroéthylène dans le puits 5

Idem pour le tétrachloréthylène dans le puits 5 qui augmente de 2005 à 2010, avec une brusque montée en 2008.  L’absence de dépassement de la limite de qualité en 2010 est donc due à l’amélioration de la technique de mélange, et non à l’amélioration de la qualité de l’eau captée.

Nitrates dans le puits 7 à Villefranche

Les nitrates aussi ont tendances à augmenter dans le puits 7.

Conclusion : la qualité de l’eau captée continue de dégrader actuellement. L’inaction des pouvoirs publics depuis 40 ans est la cause de la mauvaise qualité de l’eau du robinet dans le Beaujolais. Le « traitement de l’eau par mélange » augmente la toxicité de l’eau du robinet par effet cocktail, il est donc illégal. Nous demandons à la CAVIL l’arrêt des mélanges d’eau, entre les champs captants de Villefranche et Anse-Ambérieu, et entre les 14 puits de Villefranche-Arnas.

22 juin 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Pesticides, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

Analyses d’eau potable truquées à Villefranche (1)

En examinant précisément les analyses d’eau potable du contrôle sanitaire à Villefranche-sur-Saône, j’ai découvert des anomalies dans les résultats. Il est clair que le contrôle officiel de l’eau est arrangé pour obtenir un respect des normes, alors que l’eau ne respecte pas les normes au robinet des usagers. Les 2 trucages trouvés sont :

  • Des résultats d’analyses qui disparaissent de la banque de données du ministère de la santé quand le pesticide oxadixyl est très au-dessus de la norme de l’eau potable. Sur les séries d’analyses de 2003 et 2004, cela est clair. Quand les concentrations en oxadixyl sur l’eau brute sont élevées (0,362 µg/l le 9 avril 2003 et 0,212 µg/l  le 10 mars 2003), aucune analyse sur l’eau distribuée n’est dans la base de données. Alors que quand l’eau brute est correcte, les analyses (bien sûr correctes) d’eau distribuée sont présentes.
  • Avant l’arrivée du préleveur d’eau du contrôle sanitaire, on fait fonctionner uniquement les puits peu pollués par l’oxadixyl. L’eau est bonne lors du contrôle, alors que normalement tous les puits fonctionnent et les usagers ont une eau polluée non conforme (il y a parfois des ratés comme en mars et avril 2003, mais on voit que l’exploitant a bien compris après). Sur le champ captant de Villefranche-Arnas, il y a 14 puits étalés sur 1 km, qui sont tous pollués de manière différente, plus une interconnexion sur l’eau brute avec Anse (Syndicat Saône Turbine) qui fonctionne régulièrement car l’eau polluée ne peut pas rester immobile. Il suffit de choisir les puits pompés au moment du contrôle pour avoir une eau conforme (ou de faire marcher l’interconnexion sur l’eau brute).

La preuve est dans l’analyse des chlorures. Les puits fortement pollués en oxadixyl ont une concentration faible en chlorures (< 40 mg/l, puits 5 à 10). Or quand la concentration en chlorure est faible, il n’y a aucune analyse d’oxadixyl sur l’eau distribuée dans la base de données du ministère de la santé (les analyses ont dû être faites, car comme elles étaient très au-dessus des normes, elles ont disparu). Quand la concentration en chlorures est élevée (on a fait fonctionner uniquement les « bons » puits avant le contrôle, puits 1 à 4), les analyses d’eau distribuée (bien sûr correctes) sont présentes dans la base de données.

Justifications : Analyses_CAVIL_MCA_TTP _2003

Ensuite dans les analyses de 2004- 2005, on observe toujours la même corrélation entre les concentrations en oxadixyl et en chlorures, c’est à dire que l’on choisit les puits pompés avant le contrôle pour obtenir de « bonnes analyses ».

En 2003-2004, sur toute une série de d’analyses « conformes », on a une concentration moyenne en chlorures de 54 mg/l, alors que 9 puits (sur 14) ont une concentration inférieure à 30 mg/l. Il y a plus qu’une ANOMALIE!

De plus, certains puits peu pollués en oxadixyl (puits 1 à 3) ont aussi une faible pollution en solvants chlorés (somme PCE + TCE < 10) et en nitrates (< 40 mg/l). En choissisant les « bons puits », on améliore aussi le contrôle sur les solvants chlorés et les nitrates.

Dépassements "officiels" en pesticides sur l'eau distribuée à Villefranche (1998-2007)

La figure officielle précédente est truquée. On voit bien des « trous » sans analyses, en particulier début 2003. Dans la réalité, les dépassements de la norme des pesticides sont permanents et bien plus importants : plus de 0,3 µg/l en avril 2003, 3 fois la norme de l’eau potable. Depuis des mois, les usagers demandent à la CAVIL où sont les dérogations pour permettre de distribuer une eau non conforme à 60 000 usagers et à l’usine Blédina, aucune réponse écrite pour l’instant. Seule réponse orale du Président de la CAVIL : ce ne sont que des « petits dépassements » sans importance.

19 février 2011 Posted by | Eau, Eau Rhône, Eau Villefranche, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Un commentaire

Limites de quantification élevées du 69

Voici un tableau réalisé par la DIREN Ile de France pour comparer les limites de quantification de différents laboratoires (sources en page 12 de http://160.92.130.117/IMG/pdf/InfoPhytos6.pdf  et Analyses_CAVIL_MCA_TTP _20060223 ).

Limites de quantification en 2006

CU : laboratoire allemand : Chemisches Untersuchungslabor d’Offenburg (limites de 2005 pour l’analyse de l’eau des rivières de l’Ile de France)

CARSO : laboratoire de Lyon (limites de 2006-2007 pour l’analyse de l’eau des rivières de l’Ile de France)

ESTA : laboratoire de Rouen (limites de 2006-2007 pour l’analyse de l’eau des rivières de l’Ile de France )

DDASS 69 : limites de quantification du contrôle sanitaire dans le département du Rhône pour l’analyse des eaux traitées et distribuées (seuils d’une analyse de l’eau de Villefranche-sur-Saône le 27/02/2006 par le laboratoire CARSO)

La qualité des analyses de l’eau du robinet du département du Rhône est totalement aberrante. Très peu de pesticides sont analysés, et à des seuils de quantification très élevés. Les limites dans le Rhône sont 5 fois plus élevées que celles du laboratoire allemand. Bien sûr, à Lyon ou Villefranche, on ne détecte pas beaucoup de pesticides!

Si les limites du labo allemand étaient appliquées pour le Grand Lyon, on trouverait beaucoup de pesticides dans l’eau du robinet des lyonnais (et on ne pourrait plus mentir en disant que « l’eau de Lyon est excellente »).

Si les limites du labo allemand étaient appliquées à Villefranche-sur-Saône, l’eau serait en permanence non potable pour la quantité totale de pesticides (norme de 0,5 µg/l). Les limites élevées de la DDASS 69 sont donc une véritable tricherie sur la qualité de l’eau. Pour le principal pesticide : l’atrazine, en 2006,  le même laboratoire CARSO a une limite de 20 ng/l pour les rivières de l’Ile de France et de 50 ng/l pour l’eau potable du Rhône. On a donc bien demandé au laboratoire de relever son seuil pour cacher la pollution de l’eau du robinet de Lyon.

Autre aberration : 12 pesticides analysés (35 %) sont des « urées substituées », hors ces substances sont détruites par le traitement à l’ozone et au chlore qui existe à Villefranche-sur-Saône. Ces analyses sont inutiles, car on est sûr à l’avance à 100 % de ne pas retrouver ces pesticides dans l’eau traitée. Cependant cela fait bien de pouvoir présenter des analyses conformes.

17 février 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, Eau Villefranche, Pesticides | Laisser un commentaire

Preuves de la pollution de l’eau du Grand Lyon

Depuis des décennies, les autorités disent que l’eau du robinet de Lyon est excellente. La récente campagne de publicité (mensongère) de la Grand’O de Lyon affirme même que l’eau vient directement des glaciers alpins sans passer par le Rhône.

Preuve de la pollution de l’eau distribuée par le tétrachloréthylène :

Extrait de la page 44 du rapport du Grand Lyon de 2006

Avertissement : ce rapport de 2006 est un document public présenté à l’enquête publique de 2010. Nous vous conseillons de le lire dans son intégralité. L’extrait ci-dessus est donné à titre d’information pour convaincre les usagers du grave problème de l’eau du robinet à Lyon.

Cette figure montre l’énormité de la pollution de l’eau du robinet du Grand Lyon. En 2000, pour la nourrice de Charmy, la concentration moyenne en tétrachloréthylène était de 1,2 µg/l (max 4 µg/l). Pour la totalité de la production, cette concentration correspond  à une quantité de 100 kg par an de tétrachloréthylène envoyés aux robinets des usagers. Si on ajoute quelques dizaines de kg de trichloréthylène (TCE), tétrachlorure de carbone, 1,2-dichloroéthane, trichloroéthane, chloroforme …, on atteint 200 kg de solvants chlorés cancérigènes envoyés dans le réseau d’eau potable chaque année. Au total depuis 1964, on peut estimer que plusieurs tonnes de solvants chlorés ont pollué l’eau potable du Grand Lyon.

D’après la figure ci-dessous parue dans la presse, certains puits sont implantés sur d’anciennes décharges de déchets divers. Ils ont été construits à partir de 1958 (Compagnie Générale des Eaux, Veolia) et de 1964 (COURLY, Grand Lyon). La pollution aux solvants chlorés a donc dû être très importante au début, dans les années 60 et 70, plusieurs dizaines de microgramme par litre dans l’eau distribuée. Aujourd’hui la pollution aux solvants chlorés baisse, c’est normal car la plupart des produits toxiques ont déjà été envoyé dans le réseau d’eau potable, et on dilue au maximum avec les bassins d’infiltration de l’eau du Rhône vers les captages. Cette pollution globale aux tétrachloréthylène (PCE), trichloréthylène (TCE), tétrachlorure de carbone, 1,2-dichloroéthane a peut-être fait (ou fera) des morts par cancer parmi les habitants du Grand Lyon.

La pollution continue toujours : 03/12/2009, analyse du contrôle sanitaire à Vénissieux, tétrachloréthylène = 1,1 µg/l aux robinets des usagers

Pour info, il ne s’agit pas du « seuil de détection », mais du seuil de quantification du contrat commercial avec le laboratoire. Avant 1993, ce contrat avait un seuil de 0,1 µg/l. On a donc remonté les seuils pour essayer de cacher la pollution aux solvants chlorés!

Cartes des anciennes décharges

Cette carte a pour origine la version papier de l’article de journal suivant : http://www.tribunedelyon.fr/index.php?actus/societe/24726-lyon-:-menaces-sur-la-nappe-phreatique

Carte des anciennes décharges au milieu des puits de captage d'eau

Preuves de la pollution de l’eau par le tétrachlorure de carbone, le 1,2-dichloroéthane, le trichloréthylène, les pesticides (atrazine)

Extrait de la page 44 de l'avis des hydrogéologues agréés (décembre 2007)

Avertissement : cet avis des hydrogéologues agréés est un document public présenté à l’enquête publique de 2010. Nous vous conseillons de le lire dans son intégralité. L’extrait ci-dessus est donné à titre d’information pour convaincre les usagers du grave problème de l’eau du robinet à Lyon.

Rapport 2006 sur la qualité de l’eau : Tétrachlorure de carbone : 0,1 µg/l. Cette substance est très cancérigène.

Sur un seul puits près de la décharge 1, 78 détections de solvants chlorés entre 1988 et 1999, dont 2 µg/l de tétrachlorure de carbone le 26/11/1991.

Preuve de la pollution de l’eau par les HAP

Rapport 2006 sur la qualité de l’eau : Benzo (a) Pyrène : 0,002 µg/l. Cette substance est très cancérigène.

16/09/2009, analyse du contrôle sanitaire à Lyon, phénanthrène : 0,033 µg/l

03/12/2009, analyse du contrôle sanitaire à Vénissieux, phénanthrène : 0,021 µg/l

Preuve de la pollution de l’eau par les métaux lourds dans un puits situé près de la décharge 1 ci-dessus :

  • mercure : 0,1 µg/l   le 10/08/1989
  • cadmium : 1 µg/l   le 15/02/1995
  • chrome : 10 µg/l   le 08/06/1990

Ces métaux lourds proviennent certainement de l’ancienne décharge de déchets dangereux (1 sur la carte). On n’ose pas imaginer les concentrations en métaux lourds quand les puits ont été mis en service dans les années 60.

Preuve de l’alimentation directe des captages par le fleuve Rhône (et non les glaciers alpins)

Origine de l'eau distribuée dans le Grand Lyon

L’origine de l’eau bue par les lyonnais est claire :

  • Glaciers alpins : 0 %
  • Rhône : 88 %  (somme du Vieux Rhône, des canaux de Miribel et de Jonage et des bassin d’infiltration de l’eau du Rhône)
  • Nappe amont : 12 % (apport de la nappe du couloir de Décines)

16 janvier 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, HAP, Pesticides, Tétrachloréthylène | Un commentaire

Observations lors de l’enquête publique du Grand Lyon

Insuffisances techniques du dossier d’enquête publique sur les périmètres des captages de Crépieux-Charmy. Mauvaise qualité de l’eau du Rhône (90 % de l’eau distribuée)

Comme l’ont noté les hydrogéologues agréés (pages 41 et 42 de leur rapport), l’étude du Grand Lyon est insuffisante. L’étude de la qualité de l’eau du Rhône (page 36 à 38) est honteuse.

46 pesticides ont été détectés dans le Rhône en amont des prises d’eau potable, de nombreux pesticides bien au-dessus de la norme de l’eau potable. 119 polluants au total dans le Rhône. Le filtre sableux naturel, jamais nettoyé, donc dangereux (risque de relargage brusque et violent des toxiques stockés) et inefficace, laisse passer des pesticides dans l’eau distribuée. Les seuils de quantification, extrêmement élevés des analyses présentées dans le dossier, et les produits de dégradation non recherchés, masquent ce fait. Ces mauvaises analyses empêchent de vérifier la norme de 0,5 µg/l pour le total des pesticides. Cette tromperie est la responsabilité des pouvoirs publics car les laboratoires sont tout à fait capables de descendre très bas les seuils de détection (si le Grand Lyon leur demande). Mais si on trouvait des pesticides dans l’eau distribuée, on ne pourrait plus affirmer que l’eau de Lyon est excellente, puis les lyonnais se demanderaient pourquoi une eau qui provient directement des glaciers alpins contient les pesticides déversés dans la plaine de l’Ain et la Dombes : http://www.grandodelyon.org/

 Grave pollution aux solvants chlorés de la nappe de l’est lyonnais (10 % de l’eau distribuée)

Cette pollution est extrêmement importante : jusqu’à 4 µg/l en tétrachloroéthylène en 2000, alors que la norme était de 1 µg/l à l’époque. Il y avait alors une obligation réglementaire d’information des plus d’un million d’usagers sur la pollution, or rien n’a été fait : https://leau.wordpress.com/2008/11/24/les-lyonnais-enfin-informes-sur-les-solvants-chlores/

Cette pollution est connue depuis au moins 1984 par les analyses de la DDASS, et a été cachée aux usagers (directive européenne de 1980 qui fixait la norme à 1 µg/l pour le tétrachloroéthylène). 

Aucune mention de la pollution due aux algues des bassins d’infiltration de l’eau du Rhône vers les puits : cet oubli est grave dans un dossier d’enquête publique

https://leau.wordpress.com/2010/03/27/leau-du-rhone-dans-les-captages-du-grand-lyon/

« La preuve de l’alimentation volontaire de la nappe phréatique, donc des puits de captages d’eau potable, avec l’eau du Rhône (on voit l’ampleur de la tromperie du consommateur quand on lui explique que l’eau du robinet vient d’une rivière souterraine de 800 m3/s en provenance directe des glaciers alpins, sans rapport avec l’eau du Rhône) :

Etude insuffisante pour déterminer les temps de transfert

La modélisation en pages 39 à 40 est insuffisante car les chenaux préférentiels d’écoulement n’ont pas été déterminés et quantifiés (mesures de la vitesse par traçages).

En pages 38 et 39 du rapport des hydrogéologues agréés, la mauvaise qualité du modèle est détaillée (manque de données piézométriques, coefficient d’emmagasinement fixe, pas de temps trop grand, débits réels d’exploitation non mesurés, variation du colmatage des berges…). Ces problèmes vont conduire à une mauvaise définition des périmètres de protection. Des prescriptions vont pénaliser inutilement certains propriétaires de terrains, alors que des terrains vulnérables sur des circulations préférentielles ne vont pas avoir de protections. Cette non-qualité des études est grave car le sujet est la santé de plus d’un million de citoyens.

Qualité de l’eau distribuée

Les multiples analyses présentées dans le dossier sont de mauvaise qualité, pas à cause du laboratoire, mais à cause des pouvoirs publics qui demandent des seuils de quantification extrêmement élevés pour cacher la pollution de l’eau du robinet :

  • Solvants chlorés : Seuil de 500 ng/l pour le tétrachloroéthylène, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 2 ng/l
  • Pesticides. Seuil de 30 ng/l pour l’atrazine, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 6 ng/l. Seuil de 35 ng/l pour le métolachlor, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 8 ng/l. Le métolachlor a atteint 2 fois la norme dans le Rhône, et en plus les produits de dégradation ne sont pas analysés (10 à 100 fois le produit brut).
  • HAP : seuil de 10 ng/l pour le Benzo(a)pyrène alors que le Rhône est très pollué, que la norme est de 10 ng/l et que les laboratoires peuvent donner un seuil de 0,8 ng/l utile pour ce polluant cancérigène à toxicité sans seuil.

Conclusions

La gravité de la situation de l’eau « potable » polluée de Lyon, due à des dizaines d’années d’inaction, de tromperie des usagers et d’une gestion non conforme à l’intérêt des usagers, nécessite des actions immédiates :

  • Information objective des usagers sur la qualité réelle, passée et actuelle, de l’eau distribuée dans le Grand Lyon.
  • Information des usagers sur les conséquences potentielles sur la santé : cancers, malformations des nouveaux nés, stérilité des adultes, pertes des caractères sexuels, nouvelles maladies inconnues qui risquent d’apparaître dues aux nouvelles générations de pesticides…
  • Réalisation des analyses normales : seuils de détection normaux (= beaucoup plus bas) pour les pesticides, recherche de tous les polluants dans l’eau, produits de dégradation des pesticides (Métolachlor…), perturbateurs endocriniens du Rhône.

Concernant le projet d’arrêté préfectoral, je m’oppose à l’article 9 qui prévoie uniquement une chloration pour traiter l’eau. L’eau chlorée donne des cancers (d’après des nombreuses études et la classification du CIRC de Lyon). L’eau ne doit donc pas être chlorée, éventuellement désinfectée par d’autres techniques (UV…). Le chlore sert à masquer le manque d’entretien des réseaux d’eau, entretien non réalisé par les groupes privés. Grenoble, Mulhouse, la plupart des villes d’Allemagne distribuent une eau non chlorée (distribution par des régies qui font leur travail d’entretien).

De manière provisoire, l’eau doit être traitée avec des moyens efficaces pour enlever tous les polluants (solvants chlorés, pesticides du Rhône, perturbateurs endocriniens… ). Les hydrogéologues agréés ont demandé un traitement des eaux polluées en page 44 de leur rapport. Pourquoi cette demande n’est-elle pas reprise dans l’arrêté préfectoral ? Je demande qu’un traitement efficace de l’eau distribuée soit inscrit dans l’arrêté préfectoral, en particulier pour les solvants chlorés comme le demandent les hydrogéologues agréés. Rappel : la norme réglementaire pour le tétrachloréthylène est de 0,06 µg/l d’après le Code de la Santé Publique, article L1321-1. La norme est la plus basse valeur entre l’absence de danger potentiel pour la santé (0,06 µg/l d’après la circulaire du 30 mai 2006 du Ministère de la Santé) et la limité de qualité (inférieur ou égale à 10 µg/l).

 Le champ captant de Crépieux Charmy doit être abandonné, car il est absurde d’alimenter un million d’habitants avec de l’eau aussi polluée. L’eau potable du Grand Lyon (et de tout le département du Rhône) doit venir de zones non polluées et totalement protégées, sans pesticides, sans engrais chimique, sans industries polluantes (dans les Alpes, le Jura ou le massif central). Tout le Sud de France, New-York, Allemagne… sont alimentés de cette manière avec de l’eau d’excellente qualité (vraiment excellente, pas les mensonges actuels de la Grand’O de Lyon). http://www.l-eau.fr/

 Extraits de la Constitution Française : « Chacun a le droit de vivre dans un environnement respectueux de la santé. Toute personne a le droit de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. » Je pense que dans le domaine de l’eau potable à Lyon, ces obligations constitutionnelles ne sont pas respectées : faire boire l’eau quasiment non traitée d’un grand fleuve très pollué à une agglomération d’un million d’habitants est inacceptable. L’alimentation actuelle avec un filtre sableux jamais nettoyé n’est pas conforme au Développement Durable, donc illégale (le respect du Développement Durable est obligation pour les politiques publiques d’après la Constitution Française).

12 janvier 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Pesticides, Tétrachloréthylène | Un commentaire

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