Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

D’après le rapport WWF, l’eau de Villefranche est la plus polluée de France pour le critère du nombre de polluants

Le rapport du WWF France sur l’eau de boisson vient d’être publié. Cette étude est une première en France, car elle compare avec un même protocole les eaux du robinet et les eaux en bouteille. Après les polémiques de ces dernières années, une démarche scientifique non contestable de comparaison était nécessaire. Rappelons les photos publicitaires de « Cristaline » particulièrement choquantes, mais pire encore est de donner des informations fausses et trompeuses aux consommateurs, ce que n’ont pas hésité à faire le Grand Lyon avec la Grand’O de Lyon ‘l’eau vient directement des glaciers » et Veolia avec la lettre N°6 distribuée à Villefranche « les usagers sont immédiatement informés en cas dépassement d’une limite de qualité ou de danger pour la santé ».

Cette étude de 225 000 euros est donc exceptionnelle et très utile, mais on peut regretter que certains points n’aient pas été abordés (cependant cela aurait augmenté le coût de l’étude).

  • Aucune recherche des solvants chlorés, alors que cette pollution est importante en France, avec un impact sanitaire peut-être équivalent aux pesticides-nitrates.
  • Problématique non abordée des mélanges-échanges d’eau et de la dilution des polluants entre les réseaux d’eau. La distribution de l’eau du robinet de Villefranche et Lyon est une méthode de traitement des déchets toxiques des industriels. Les polluants sont présents dans le réseau d’eau potable avec des techniques de dilution et de mélanges-échanges d’eau entre les champs captants pour être « conformes aux normes » aux robinets des usagers. Si les champs captants étaient installés dans zones non polluées, les polluants industriels s’accumuleraient dans les zones de captages actuelles, et les coûts de dépollution seraient énormes pour les industriels. Les usagers paient donc 2 fois, en payant la dépollution à la place des pollueurs (recyclage des toxiques dans leur robinet!), et par la dégradation de leur santé.

Résultats à Villefranche : Pour le critère « nombre de polluants quantifiés », lors des deux campagnes de mesures en 2009 et 2010, Villefranche est à la plus mauvaise place parmi toutes les villes françaises échantillonnées (en 2009,  moyenne 7, 5 polluants, en 2010, moyenne 4,5 polluants). Le critère « nombre de polluants » est extrêmement important pour quantifier les effets « cocktail » sur la santé, qui ne sont pas liés aux concentrations en polluants. Rappel, l’intérêt de l’étude WWF est la comparaison des eaux avec un même protocole sur toute la France. Cependant, le protocole est incomplet pour Villefranche et améliore son résultat, car si les solvants chlorés avaient été recherchés et les seuils de quantifications sur les pesticides et les micropolluants un peu abaissés, des dizaines de polluants auraient été retrouvés dans l’eau du robinet de Villefranche, qui aurait alors pulvérisé le record de France (et probablement le record mondial).

Autre résultat prouvant la mauvaise qualité de l’eau, le « nombre de familles de micropolluants détectées » : Villefranche est la seule ville française où un laboratoire a détecté toutes les familles de polluants recherchés (rappel, les solvants chlorés, principaux polluants de Villefranche, n’ont pas été recherchés, et malgré cela Villefranche est à la plus mauvaise place française).

Le rapport note bien le grave problème de l’eau du robinet de Villefranche-sur-Saône :

Page 21 : 8 polluants à Villefranche, l’une des 2 villes les plus impactées

Page 22 : toujours Villefranche à la plus mauvaise place nationale, cité 2 fois, pour le nombre de polluants et le cumul de ces molécules (nitrates et triazines)

Page 23 : Villefranche est à la plus mauvaise place du tableau parmi les 41 villes, seule ville où un labo a détecté toutes les familles de polluants

Page 30 à 32 : Villefranche, pesticides et aluminium, record avec 6 molécules détectées (maximum de toutes les eaux du robinet prélevées en 2010)

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29 mai 2011 Posted by | Eau Lyon, Eau Villefranche, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

Origine et date de la pollution aux solvants chlorés de l’eau du robinet de Villefranche

Pour le tétrachloréthylène et le trichloréthylène, identifiés en 1994 comme provenant de la zone industrielle d’Arnas (étude Anjou), la pollution a dû démarrer dans les années 70, période d’installation des usines dans la zone industrielle.
Pour le tétrachlorure de carbone et le trichloroéthane-111, l’étude « Anjou » de 1994 prouve que la pollution provient de l’amont de la voie ferrée, c’est à dire des industries implantées dans la partie nord de la ville de Villefranche-sur-Saône. La pollution est ancienne, peut-être depuis les années 40-50.
Suite à la directive européenne de 1980 fixant des normes pour les solvants chlorés, la première analyse a eu lieu quelques années plus tard à Villefranche. L’eau distribuée à Villefranche était déjà contaminée au-dessus de la valeur guide de 1 microg/l par solvant chloré. Depuis cette première analyse jusqu’à aujourd’hui en 2011, 100 % des analyses de l’eau de Villefranche ont dépassé cette norme.

26 mai 2011 Posted by | Eau Villefranche, Micropolluants, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

Nouvelle pollution de l’eau de Villefranche : 112-trichloroéthane

Après la pollution au tétrachloréthylène de février 2009 au-dessus de la limite de qualité, le 3 février 2011, une pollution de 9,4 microg/l de 112-trichloroéthane a été quantifiée dans l’eau distribuée à Villefranche-sur-Saône. Ce solvant chloré n’ayant aucune limite de qualité en France, l’analyse est passée « conforme ».

Cependant pour évaluer le risque pour la santé, on peut voir les normes des autres pays, en particulier des Etats-Unis où des études sanitaires poussées sont réalisées. Au niveau fédéral (de nombreux états ont des normes plus strictes), les normes pour le 112 trichloroéthane sont :

  • 5 microg/l pour la norme fédérale stricte (celle où on interdit la consommation en cas de dépassement?).
  • 3 microg/l pour l’objectif maximal à atteindre

Donc, l’eau distribuée à Villefranche en février 2011 a été dangereuse pour la santé, mais aucune information des usagers n’a eu lieu (comme d’habitude).

Les pollutions au 112-trichloroéthane sont rares en France. Ce produit serait utilisé lors de la fabrication d’adhésifs, de tubes téflon et de laques.

Cette analyse est disponible sur le site : http://orobnat.sante.gouv.fr/orobnat/afficherPage.do?methode=menu&menuniveau1=envir&menuniveau2=eaurob&menuniveau3=dernres&menuniveau4=null&idRegion=82

De plus, en consultant le site précédent du ministère de la santé (orobnat.sante.gouv.fr), j’ai découvert une énormité. L’analyse non conforme de 5 février 2009 a été classée en analyse conforme dans la base de données du ministère de la santé (analyse sur la commune de DENICE). Denice_090205

« Conformité   Conclusions sanitaires  Eau d’alimentation conforme aux normes en vigueur pour l’ensemble des paramètres mesurés. » Alors que juste au-dessus, les analyses montrant la non-conformité sont présentes. Erreur de frappe ?, mais qui arrange les statistiques françaises sur la potabilité de l’eau.

23 mai 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Micropolluants, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène | Un commentaire

   

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