Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Désinformation des usagers

En accompagnement de leur facture d’eau, de nombreux français ont reçu « la lettre n°6 de VEOLIA EAU ». Ce beau dépliant en couleur contient de nombreuses affirmations mensongères sur la qualité de l’eau du robinet. Sur ce sujet touchant à la vie ou la mort des citoyens et de nos enfants, cela est  inadmissible, et VEOLIA doit corriger son dépliant, et dire la vérité à ses clients.

Le lettre n°6 de VEOLIA EAU

En première page, un enfant souriant est en train de boire de l’eau du robinet à la paille. Cette image, particulièrement communicante, est une incitation à faire boire l’eau du robinet à nos enfants. A côté de l’enfant, il est écrit : « Votre eau du robinet   À consommer sans modération ! ». Le message de VEOLIA est clair, votre eau du robinet est sûre pour tout le monde, puisque même les enfants doivent la boire.

Le premier problème de ce document publicitaire de VEOLIA est pour les usagers raccordés avec des canalisations en plomb. En effet, les documents de la DDASS sur la qualité de l’eau indiquent «  De plus, il est vivement conseillé aux enfants et aux femmes enceintes de ne pas boire l’eau du robinet ayant été en contact avec une canalisation en plomb. » La photographie de la première page est donc grave pour la santé des enfants. VEOLIA doit immédiatement corriger son erreur auprès des usagers concernés. De plus, pendant des années les documents originaux de la DDASS étaient en couleur, et l’agence VEOLIA de Villefranche-sur-Saône (70 000 usagers) envoyait une mauvaise photocopie en noir et blanc du document, quasi-illisible sur le conseil aux enfants de ne pas boire l’eau du robinet. Ensuite, pour l’année 2008, VEOLIA n’a envoyé aucun document de la DDASS, donc aucun conseil. A la place, il y avait le résultat d’un sondage sur ce que les français pensaient de la qualité de l’eau du robinet !

Ensuite, « Vous pouvez la consommer en toute sérénité ». Cette affirmation de VEOLIA est fausse. Dans les régions de Lyon, Villefranche-sur-Saône et Belleville, l’eau du robinet provient à 80 % environ de rivières très polluées, et contient donc une multitude de polluants à faibles doses. Les risques pour la santé sont réels. Donc, quand VEOLIA distribue de l’eau polluée potentiellement dangereuse pour la santé, cette multinationale devrait tout faire pour limiter les risques pour les enfants, et non les encourager à boire de l’eau du robinet.

Ensuite le paragraphe « Une eau contrôlée au quotidien » est trompeur pour les clients de VEOLIA. En effet, les « millions d’analyses chaque année » sont principalement des analyses bactériologiques sur de l’eau chlorée, et dont la teneur en chlore est contrôlée (rappel : l’eau chlorée est cancérigène). C’est à dire que ces analyses ne servent strictement à rien, à part à diluer les mauvaises analyses chimiques et pouvoir dire que l’eau distribuée est d’excellente qualité en France. Vous êtes à 100 km/h sur l’autoroute, allez-vous payer une coûteuse analyse pour savoir si votre voiture est à l’arrêt ou en marche ? Bien sûr, le respect des normes de qualité bactériologique est très important, et les analyses bactériologiques sont utiles pour les réseaux non chlorés (nombreux villages et petites villes, Mulhouse, Grenoble…).

Pour les 1,3 millions d’analyses de la part de VEOLIA, on peut s’interroger sur leur utilité quand on a vu le reportage sur France 3 «  Du poison dans l’eau du robinet » : dans le laboratoire d’analyses de VEOLIA, un responsable a dit au journaliste concernant les pesticides dans l’eau distribuée, « SI VOUS COMMENCEZ À NOUS PARLER DE VÉRITÉ, ON EST DANS LA MERDE !». VEOLIA n’a pas présenté d’excuses à ses clients, ni démenti ces propos horribles pour la santé des français.

« Des normes de qualité très strictes » Cette affirmation de VEOLIA est fausse. D’abord ces prétendues « normes » sont en réalité des valeurs guides ou des objectifs de qualité de l’eau distribuée. Il n’y a aucune norme en France, car quand une limite est dépassée, l’état accorde une « dérogation » sans restriction de consommation dans 99 % des cas (chiffre 2008, dernier paragraphe de la page 1 de la lettre). Une norme est une limite qui, quand elle est dépassée, entraine des restrictions de consommation de l’eau.

Par contre quand les prétendues « normes » sont respectées, les responsables de l’eau sont très contents, et vont jusqu’à dire que l’eau est excellente (eau du Grand Lyon gérée par VEOLIA). Les « normes » de VEOLIA sont donc en fait des objectifs de qualité pour nos responsables.

 « 54 paramètres de potabilité référencés en France ». Cette affirmation de VEOLIA est fausse. En réalité, il y a 32 « limites de qualité », en fait plutôt des objectifs ou valeurs guides. Les 22 autres paramètres sont des « références de qualité », qui n’apportent aucune contrainte sur la potabilité de l’eau.

« Normes très strictes » affirmation fausse. La preuve en comparaison avec certaines normes fédérales des Etats-Unis :

  • Tétrachloréthylène, France : objectif 10 microg/l (quand trichloréthylène < 0,5), USA : Objectif 0 microg/l, norme stricte 5 microg/l en cours de révision, proposition de nouvelle norme stricte à 0,5 microg/l ou 1 microg/l
  • Tétrachlorure de carbone (cancérigène), France : aucun objectif ou norme, USA : Objectif 0 microg/l, norme stricte 5 microg/l
  • 1,2-dichloréthane (cancérigène de l’eau du Grand Lyon), France : aucun objectif ou norme, USA : Objectif 0 microg/l, norme stricte 5 microg/l
  • Di(2-ethylhexyl) phthalate (perturbateur endocrinien),  France : aucun objectif ou norme, USA : Objectif 0 microg/l, norme stricte 6 microg/l
  • France : 32 objectifs de qualité, USA : 79 objectifs de qualité
  • France : 0 vraie norme réglementaire, USA : 80 normes réglementaires
  • Nouvelles normes en cours d’études officielles et publiques : France : 0 ( ?), USA : 118
  • Pour les pesticides, par contre, les normes aux USA sont particulièrement élevées.

Au niveau sanitaire, certaines normes françaises ne sont pas strictes, mais au contraire tellement hautes que la santé des consommateurs n’est pas protégée. Exemple : limite de qualité de 10 microg/l (ou 10 µg/l) pour le tétrachloréthylène (si absence de trichloréthylène) alors que l’absence de risque pour la santé imposerait une norme de 0,06 microg/l : 160 FOIS MOINS!

« Les normes sont établies à partir de travaux scientifiques, avec une marge de sécurité importante, afin que vous puissiez boire deux litres d’eau chaque jour durant toute votre vie ». Ces affirmations de VEOLIA sont fausses. Les normes sont établies à partir des limites de détection des appareils de mesures dans les années 1970 pour les pesticides, et pour les solvants chlorés par les mystères des couloirs du parlement européen. En 1997, l’Europe a demandé à des experts scientifiques une proposition de normes pour le tétrachloréthylène et le trichloréthylène. http://ec.europa.eu/health/scientific_committees/environmental_risks/opinions/sctee/old_committee/sctecc_out02_en.htm

Le rapport scientifique a proposé 2 µg/l pour le tétrachloréthylène (PCE) et 3 µg/l pour le trichloréthylène (TCE), avec révision des normes au cas de nouvelles données scientifiques, ce qui est arrivé quelques années plus tard, où la nouvelle norme devrait être de 0,06 µg/l pour le tétrachloréthylène. Ensuite, le parlement a voté une norme de 10 µg/l pour le tétrachloréthylène (si trichloréthylène < 0,5 µg/l). Puis la France a transformé cette norme en une sorte de valeur guide-objectif, qui n’entraine aucune restriction quand elle est dépassée (exemple des usagers et de l’usine Blédina à Villefranche-sur-Saône en février 2009).

Dans les autres pays, quand une norme est visiblement aberrante, elle n’est pas utilisée. Exemple du Canada où la norme pour le trichloréthylène est élevée, les autorisations sanitaires affirment ne jamais utiliser la norme de leur pays, et appliquer les normes et objectifs des USA : logique car les polluants ne changent pas de nature en traversant une frontière.

 « Dépassement d’une norme : vous êtes systématiquement informés par tous les moyens appropriés : affichage en mairie, information dans la presse et alerte téléphonique à votre domicile » Encore une affirmation mensongère. Pendant des années, nous avons eu des dépassements pour le pesticide oxadixyl : aucun affichage en mairie car le maire refusait de s’embêter avec cela.

En février 2009, la « norme » de 10 µg/l a été dépassée pour le tétrachloréthylène + trichloréthylène à Villefranche-sur-Saône : aucun affichage, aucune information dans la presse, aucune information dans le document de la DDASS, aucune information dans le rapport annuel de la CAVIL et de VEOLIA, ni appel téléphonique au domicile ! Au contraire, les autorités ont tout fait pour cacher le dépassement, on ne l’a appris qu’en juin 2010 lors de la publication d’un rapport de la DDASS. Aujourd’hui fin janvier 2011, toujours aucune information dans la presse sur ce dépassement, malgré des communiqués de presse envoyés par certains usagers, des rencontres avec des journalistes. L’agence VEOLIA de Villefranche va-t-elle donc utiliser sa notoriété pour que les usagers soient enfin informés ?

Il n’est jamais trop tard pour tenir ses engagements. VEOLIA « peut contacter 100 000 foyers en moins d’une heure », donc il lui faut donc moins de 20 minutes pour informer les 60 000 usagers concernés par le dépassement du 5 février 2009. Nous verrons le résultat dans une semaine.

29 janvier 2011 Posted by | Eau, Eau Rhône, Eau Villefranche, Tétrachloréthylène | 2 commentaires

Preuves de la pollution de l’eau du Grand Lyon

Depuis des décennies, les autorités disent que l’eau du robinet de Lyon est excellente. La récente campagne de publicité (mensongère) de la Grand’O de Lyon affirme même que l’eau vient directement des glaciers alpins sans passer par le Rhône.

Preuve de la pollution de l’eau distribuée par le tétrachloréthylène :

Extrait de la page 44 du rapport du Grand Lyon de 2006

Avertissement : ce rapport de 2006 est un document public présenté à l’enquête publique de 2010. Nous vous conseillons de le lire dans son intégralité. L’extrait ci-dessus est donné à titre d’information pour convaincre les usagers du grave problème de l’eau du robinet à Lyon.

Cette figure montre l’énormité de la pollution de l’eau du robinet du Grand Lyon. En 2000, pour la nourrice de Charmy, la concentration moyenne en tétrachloréthylène était de 1,2 µg/l (max 4 µg/l). Pour la totalité de la production, cette concentration correspond  à une quantité de 100 kg par an de tétrachloréthylène envoyés aux robinets des usagers. Si on ajoute quelques dizaines de kg de trichloréthylène (TCE), tétrachlorure de carbone, 1,2-dichloroéthane, trichloroéthane, chloroforme …, on atteint 200 kg de solvants chlorés cancérigènes envoyés dans le réseau d’eau potable chaque année. Au total depuis 1964, on peut estimer que plusieurs tonnes de solvants chlorés ont pollué l’eau potable du Grand Lyon.

D’après la figure ci-dessous parue dans la presse, certains puits sont implantés sur d’anciennes décharges de déchets divers. Ils ont été construits à partir de 1958 (Compagnie Générale des Eaux, Veolia) et de 1964 (COURLY, Grand Lyon). La pollution aux solvants chlorés a donc dû être très importante au début, dans les années 60 et 70, plusieurs dizaines de microgramme par litre dans l’eau distribuée. Aujourd’hui la pollution aux solvants chlorés baisse, c’est normal car la plupart des produits toxiques ont déjà été envoyé dans le réseau d’eau potable, et on dilue au maximum avec les bassins d’infiltration de l’eau du Rhône vers les captages. Cette pollution globale aux tétrachloréthylène (PCE), trichloréthylène (TCE), tétrachlorure de carbone, 1,2-dichloroéthane a peut-être fait (ou fera) des morts par cancer parmi les habitants du Grand Lyon.

La pollution continue toujours : 03/12/2009, analyse du contrôle sanitaire à Vénissieux, tétrachloréthylène = 1,1 µg/l aux robinets des usagers

Pour info, il ne s’agit pas du « seuil de détection », mais du seuil de quantification du contrat commercial avec le laboratoire. Avant 1993, ce contrat avait un seuil de 0,1 µg/l. On a donc remonté les seuils pour essayer de cacher la pollution aux solvants chlorés!

Cartes des anciennes décharges

Cette carte a pour origine la version papier de l’article de journal suivant : http://www.tribunedelyon.fr/index.php?actus/societe/24726-lyon-:-menaces-sur-la-nappe-phreatique

Carte des anciennes décharges au milieu des puits de captage d'eau

Preuves de la pollution de l’eau par le tétrachlorure de carbone, le 1,2-dichloroéthane, le trichloréthylène, les pesticides (atrazine)

Extrait de la page 44 de l'avis des hydrogéologues agréés (décembre 2007)

Avertissement : cet avis des hydrogéologues agréés est un document public présenté à l’enquête publique de 2010. Nous vous conseillons de le lire dans son intégralité. L’extrait ci-dessus est donné à titre d’information pour convaincre les usagers du grave problème de l’eau du robinet à Lyon.

Rapport 2006 sur la qualité de l’eau : Tétrachlorure de carbone : 0,1 µg/l. Cette substance est très cancérigène.

Sur un seul puits près de la décharge 1, 78 détections de solvants chlorés entre 1988 et 1999, dont 2 µg/l de tétrachlorure de carbone le 26/11/1991.

Preuve de la pollution de l’eau par les HAP

Rapport 2006 sur la qualité de l’eau : Benzo (a) Pyrène : 0,002 µg/l. Cette substance est très cancérigène.

16/09/2009, analyse du contrôle sanitaire à Lyon, phénanthrène : 0,033 µg/l

03/12/2009, analyse du contrôle sanitaire à Vénissieux, phénanthrène : 0,021 µg/l

Preuve de la pollution de l’eau par les métaux lourds dans un puits situé près de la décharge 1 ci-dessus :

  • mercure : 0,1 µg/l   le 10/08/1989
  • cadmium : 1 µg/l   le 15/02/1995
  • chrome : 10 µg/l   le 08/06/1990

Ces métaux lourds proviennent certainement de l’ancienne décharge de déchets dangereux (1 sur la carte). On n’ose pas imaginer les concentrations en métaux lourds quand les puits ont été mis en service dans les années 60.

Preuve de l’alimentation directe des captages par le fleuve Rhône (et non les glaciers alpins)

Origine de l'eau distribuée dans le Grand Lyon

L’origine de l’eau bue par les lyonnais est claire :

  • Glaciers alpins : 0 %
  • Rhône : 88 %  (somme du Vieux Rhône, des canaux de Miribel et de Jonage et des bassin d’infiltration de l’eau du Rhône)
  • Nappe amont : 12 % (apport de la nappe du couloir de Décines)

16 janvier 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, HAP, Pesticides, Tétrachloréthylène | Un commentaire

Observations lors de l’enquête publique du Grand Lyon

Insuffisances techniques du dossier d’enquête publique sur les périmètres des captages de Crépieux-Charmy. Mauvaise qualité de l’eau du Rhône (90 % de l’eau distribuée)

Comme l’ont noté les hydrogéologues agréés (pages 41 et 42 de leur rapport), l’étude du Grand Lyon est insuffisante. L’étude de la qualité de l’eau du Rhône (page 36 à 38) est honteuse.

46 pesticides ont été détectés dans le Rhône en amont des prises d’eau potable, de nombreux pesticides bien au-dessus de la norme de l’eau potable. 119 polluants au total dans le Rhône. Le filtre sableux naturel, jamais nettoyé, donc dangereux (risque de relargage brusque et violent des toxiques stockés) et inefficace, laisse passer des pesticides dans l’eau distribuée. Les seuils de quantification, extrêmement élevés des analyses présentées dans le dossier, et les produits de dégradation non recherchés, masquent ce fait. Ces mauvaises analyses empêchent de vérifier la norme de 0,5 µg/l pour le total des pesticides. Cette tromperie est la responsabilité des pouvoirs publics car les laboratoires sont tout à fait capables de descendre très bas les seuils de détection (si le Grand Lyon leur demande). Mais si on trouvait des pesticides dans l’eau distribuée, on ne pourrait plus affirmer que l’eau de Lyon est excellente, puis les lyonnais se demanderaient pourquoi une eau qui provient directement des glaciers alpins contient les pesticides déversés dans la plaine de l’Ain et la Dombes : http://www.grandodelyon.org/

 Grave pollution aux solvants chlorés de la nappe de l’est lyonnais (10 % de l’eau distribuée)

Cette pollution est extrêmement importante : jusqu’à 4 µg/l en tétrachloroéthylène en 2000, alors que la norme était de 1 µg/l à l’époque. Il y avait alors une obligation réglementaire d’information des plus d’un million d’usagers sur la pollution, or rien n’a été fait : https://leau.wordpress.com/2008/11/24/les-lyonnais-enfin-informes-sur-les-solvants-chlores/

Cette pollution est connue depuis au moins 1984 par les analyses de la DDASS, et a été cachée aux usagers (directive européenne de 1980 qui fixait la norme à 1 µg/l pour le tétrachloroéthylène). 

Aucune mention de la pollution due aux algues des bassins d’infiltration de l’eau du Rhône vers les puits : cet oubli est grave dans un dossier d’enquête publique

https://leau.wordpress.com/2010/03/27/leau-du-rhone-dans-les-captages-du-grand-lyon/

« La preuve de l’alimentation volontaire de la nappe phréatique, donc des puits de captages d’eau potable, avec l’eau du Rhône (on voit l’ampleur de la tromperie du consommateur quand on lui explique que l’eau du robinet vient d’une rivière souterraine de 800 m3/s en provenance directe des glaciers alpins, sans rapport avec l’eau du Rhône) :

Etude insuffisante pour déterminer les temps de transfert

La modélisation en pages 39 à 40 est insuffisante car les chenaux préférentiels d’écoulement n’ont pas été déterminés et quantifiés (mesures de la vitesse par traçages).

En pages 38 et 39 du rapport des hydrogéologues agréés, la mauvaise qualité du modèle est détaillée (manque de données piézométriques, coefficient d’emmagasinement fixe, pas de temps trop grand, débits réels d’exploitation non mesurés, variation du colmatage des berges…). Ces problèmes vont conduire à une mauvaise définition des périmètres de protection. Des prescriptions vont pénaliser inutilement certains propriétaires de terrains, alors que des terrains vulnérables sur des circulations préférentielles ne vont pas avoir de protections. Cette non-qualité des études est grave car le sujet est la santé de plus d’un million de citoyens.

Qualité de l’eau distribuée

Les multiples analyses présentées dans le dossier sont de mauvaise qualité, pas à cause du laboratoire, mais à cause des pouvoirs publics qui demandent des seuils de quantification extrêmement élevés pour cacher la pollution de l’eau du robinet :

  • Solvants chlorés : Seuil de 500 ng/l pour le tétrachloroéthylène, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 2 ng/l
  • Pesticides. Seuil de 30 ng/l pour l’atrazine, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 6 ng/l. Seuil de 35 ng/l pour le métolachlor, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 8 ng/l. Le métolachlor a atteint 2 fois la norme dans le Rhône, et en plus les produits de dégradation ne sont pas analysés (10 à 100 fois le produit brut).
  • HAP : seuil de 10 ng/l pour le Benzo(a)pyrène alors que le Rhône est très pollué, que la norme est de 10 ng/l et que les laboratoires peuvent donner un seuil de 0,8 ng/l utile pour ce polluant cancérigène à toxicité sans seuil.

Conclusions

La gravité de la situation de l’eau « potable » polluée de Lyon, due à des dizaines d’années d’inaction, de tromperie des usagers et d’une gestion non conforme à l’intérêt des usagers, nécessite des actions immédiates :

  • Information objective des usagers sur la qualité réelle, passée et actuelle, de l’eau distribuée dans le Grand Lyon.
  • Information des usagers sur les conséquences potentielles sur la santé : cancers, malformations des nouveaux nés, stérilité des adultes, pertes des caractères sexuels, nouvelles maladies inconnues qui risquent d’apparaître dues aux nouvelles générations de pesticides…
  • Réalisation des analyses normales : seuils de détection normaux (= beaucoup plus bas) pour les pesticides, recherche de tous les polluants dans l’eau, produits de dégradation des pesticides (Métolachlor…), perturbateurs endocriniens du Rhône.

Concernant le projet d’arrêté préfectoral, je m’oppose à l’article 9 qui prévoie uniquement une chloration pour traiter l’eau. L’eau chlorée donne des cancers (d’après des nombreuses études et la classification du CIRC de Lyon). L’eau ne doit donc pas être chlorée, éventuellement désinfectée par d’autres techniques (UV…). Le chlore sert à masquer le manque d’entretien des réseaux d’eau, entretien non réalisé par les groupes privés. Grenoble, Mulhouse, la plupart des villes d’Allemagne distribuent une eau non chlorée (distribution par des régies qui font leur travail d’entretien).

De manière provisoire, l’eau doit être traitée avec des moyens efficaces pour enlever tous les polluants (solvants chlorés, pesticides du Rhône, perturbateurs endocriniens… ). Les hydrogéologues agréés ont demandé un traitement des eaux polluées en page 44 de leur rapport. Pourquoi cette demande n’est-elle pas reprise dans l’arrêté préfectoral ? Je demande qu’un traitement efficace de l’eau distribuée soit inscrit dans l’arrêté préfectoral, en particulier pour les solvants chlorés comme le demandent les hydrogéologues agréés. Rappel : la norme réglementaire pour le tétrachloréthylène est de 0,06 µg/l d’après le Code de la Santé Publique, article L1321-1. La norme est la plus basse valeur entre l’absence de danger potentiel pour la santé (0,06 µg/l d’après la circulaire du 30 mai 2006 du Ministère de la Santé) et la limité de qualité (inférieur ou égale à 10 µg/l).

 Le champ captant de Crépieux Charmy doit être abandonné, car il est absurde d’alimenter un million d’habitants avec de l’eau aussi polluée. L’eau potable du Grand Lyon (et de tout le département du Rhône) doit venir de zones non polluées et totalement protégées, sans pesticides, sans engrais chimique, sans industries polluantes (dans les Alpes, le Jura ou le massif central). Tout le Sud de France, New-York, Allemagne… sont alimentés de cette manière avec de l’eau d’excellente qualité (vraiment excellente, pas les mensonges actuels de la Grand’O de Lyon). http://www.l-eau.fr/

 Extraits de la Constitution Française : « Chacun a le droit de vivre dans un environnement respectueux de la santé. Toute personne a le droit de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. » Je pense que dans le domaine de l’eau potable à Lyon, ces obligations constitutionnelles ne sont pas respectées : faire boire l’eau quasiment non traitée d’un grand fleuve très pollué à une agglomération d’un million d’habitants est inacceptable. L’alimentation actuelle avec un filtre sableux jamais nettoyé n’est pas conforme au Développement Durable, donc illégale (le respect du Développement Durable est obligation pour les politiques publiques d’après la Constitution Française).

12 janvier 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Pesticides, Tétrachloréthylène | Un commentaire

   

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