Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Les HAP nouveaux polluants de l’eau distribuée par la CAVIL

La Saône est fortement contaminée par les HAP, dans l’eau et dans les sédiments. Le 18 mai 2006, le « benzo a pyrène » a atteint 13 fois la norme AEP dans l’eau de la Saône. Une partie de l’eau captée est de l’eau de Saône pure pratiquement pas filtrée (drains vers la Saône des puits n° 10 et 11). L’eau de Villefranche a donc été contaminée, mais aucune analyse ne l’a détecté.
En bordure de Saône, de plus en plus de puits de captage AEP sont contaminés par les HAP. Il est bien évident que ceux de Villefranche-sur-Saône le sont aussi depuis longtemps. Nous demandons depuis plus d’un an des analyses sur les puits n° 10 et 11 les plus proches de la Saône. Mais nos responsables préfèrent la politique de l’autruche. Aucune anticipation, on préfère attendre que les polluants atteignent les robinets des usagers. C’est ce qui est arrivé le 1 octobre 2007 sur le robinet de la cuisine de la Chambre de Commerce : 57 ng/l de fluoranthène (HAP) ont été détecté. C’est la première détection, mais dans les années à venir, avec la progression du front de HAP vers les puits, les concentrations en HAP vont augmenter dans l’eau « potable ». L’origine du fluoranthène ne fait guère de doute : la Saône, où 880 ng/l de fluoranthène ont déjà été détecté.
Une famille de polluants de plus dans l’eau distribuée, cela fait beaucoup après les solvants chlorés, les THM, les pesticides, les BTEX (benzène, xylène, naphtalène). Et encore heureusement (pour les adeptes de la politique de l’autruche), que l’on n’a jamais analysé dans l’eau « potable » les autres polluants de la Saône : phtalates, nonyphénols, tributylphosphates, phénylétains, matières actives des médicaments, hormones, produits de dégradation (Métolachlor ESA, OA…), N-Nitrosodimethylamine (extrêmement toxique)…
La solution est simple. Il faut éloigner les puits de la Saône, mais la solution choisie risque d’être encore le traitement éternel de l’eau. Bien sûr, il faut traiter l’eau le plus rapidement possible, mais ce traitement doit être provisoire en attendant une solution durable (déplacement des puits trop proches de la Saône, après la résolution du problème des solvants chlorés).
Rappel : les normes d’eau potable sont faites pour un seul polluant, pour avoir un risque de cancer acceptable. Cependant les risques de cancer s’ajoutent au minimum. De nombreuses études ont montré des effets cocktails, le risque est bien plus grand que la simple addition. Le législateur n’a jamais imaginé qu’un captage pourrait être pollué par tous les polluants à la fois (la « catastrophe » de Villefranche). Dans le cas de Villefranche, les normes d’eau potable ne sont donc pas valables. Dire que l’eau est potable à Villefranche est aberrant, et continuer à ne pas informer la population, et à distribuer cette eau dans les écoles, est inqualifiable.

Pour éviter les polémiques inutiles et inquiéter les usagers, il faut rappeler qu’il n’y a aucun danger à court terme de boire ou utiliser l’eau de la CAVIL. Les risques pour la santé sont uniquement à long terme.

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9 décembre 2007 Posted by | Eau, Eau Villefranche, HAP | 2 commentaires

   

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