Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Impact sanitaire de la pollution de l’eau potable au tétrachloréthylène et à l’atrazine

Les concentrations moyennes, en polluants dans les captages d’eau potable du bassin RMC mesurées par le contrôle sanitaire (DDASS) contenues dans la banque ADES, sont :

  • 0,29 µg/l pour le tétrachloréthylène (résultat très sous-estimé à cause des seuils de détection trop hauts de 0,5 µg/l  à 5 µg/l en général, à cause de l’absence des analyses DDASS du département du Rhône dans ADES)
  • 0,036 µg/l pour l’atrazine (résultat fiable)

Pour une exposition toute une vie à ces concentrations pour la France entière, le calcul donne :

  • 400 cancers causés par le tétrachloréthylène
  • 15 cancers causés par l’atrazine

J’espère donc m’être trompé dans mes calculs pour le tétrachloréthylène. L’impact sanitaire des solvants chlorés dans l’eau potable devrait être étudié par les pouvoirs publics. Cet impact semble bien supérieur à celui des pesticides dans l’eau. 

2 novembre 2007 Posted by | Eau, Tétrachloréthylène | 2 commentaires

Le tétrachloréthylène est plus toxique que l’atrazine !

Le problème de la validité des limites de qualité de l’eau potable en France est souvent posé, en particulier pour les pesticides et les micropolluants toxiques.

Les deux substances qui posent le plus de problèmes en France sont l’atrazine pour les pesticides et le tétrachloréthylène pour les micropolluants (résiste aux traitements classiques : chlore, ozone, filtration).

·        Limite de qualité de l’atrazine : 0,1 µg/l

·      Limite de qualité du tétrachloréthylène : 10 µg/l (si trichloréthylène = 0 µg/l)

Soit un rapport de 100. La toxicité des produits justifie-elle cette grande différence ?

Pour trouver les valeurs toxicologiques de référence (VTR), il faut suivre la circulaire du Ministère de la santé (du 30 mai 2006  DGS/SD7B/2006/234). Le tétrachloréthylène et l’atrazine sont cancérigènes non génotoxiques, mais comme les experts ne sont pas d’accord, il faut utiliser une valeur toxicologique de référence sans seuil (dernier paragraphe de la circulaire), ici celles de l’OEHHA, seules qui existent dans les organismes cités dans la circulaire.

·        Atrazine ERUo = 0,23 (mg/kg/j)-1

·        Tétrachloréthylène ERUo = 0,54 (mg/kg/j)-1

Pour comparer les toxicités, il faut corriger la valeur du tétrachloréthylène car, d’après les modèles de l’OEHHA, 70 % du risque vient de la consommation d’eau et 30 % de l’inhalation lors des autres activités domestiques.

Dans l’eau potable, le tétrachloréthylène serait donc 3 fois plus dangereux que l’atrazine. Cela n’est pas cohérent avec les limites françaises qui ont le rapport inverse de 100.

De plus, le caractère cancérigène de l’atrazine est douteux (IARC groupe 3), alors que le tétrachloréthylène est certainement cancérigène (IARC groupe 2A).

Le calcul du risque de cancer pour toute une vie donne à la limite de qualité :

·        Atrazine ERI = 6 10-7, soit un cancer pour 1 600 000 habitants (= risque nul de décès)

·        Tétrachloréthylène ERI = 1,7 10-4, soit un cancer pour 6 000 habitants (en incluant l’inhalation, calcul de l’OEHHA avec les doses métabolisées). Risque inacceptable, la norme est comprise entre 10-5 et 10-6. En général, les organismes du Ministère de la Santé utilisent 10-6 pour calculer les concentrations admissibles. A la limite de qualité de 10 µg/l, le tétrachloréthylène serait 160 fois au-dessus de la norme AEP (= absence de « substances constituant un danger potentiel pour la santé des personnes » Art 1321-2 du Code de la Santé Publique, ancien Art. 2 – I du décret 2001-1220). En appliquant le principe de réciprocité (le risque de 10-6 est utilisé par le Ministère de la Santé pour prouver l’absence de risque pour la santé), la norme pour le tétrachloréthylène dans l’eau potable devrait être donc de 0,06 µg/l.

Pourquoi informer et inquiéter les populations quand la concentration en atrazine dépasse 0,1 µg/l, alors qu’il n’y a strictement aucun risque pour la santé. D’autres usagers peuvent consommer une eau à 9 µg/l  de tétrachloréthylène pendant des dizaines années sans être informer, alors qu’il y a un danger potentiel (calcul en application d’une circulaire officielle du Ministère de la Santé). De toute façon, le principe constitutionnel de précaution s’applique en France. Même cancérigène non génotoxique, certains experts estiment que le tétrachloréthylène pourrait avoir un effet sans seuil, le risque doit être pris en compte.

Actuellement les « limites de qualité », que certains confondent avec les normes de l’eau potable, sont inexplicables et injustifiables. La limite de qualité du tétrachloréthylène (ainsi que celle du trichloréthylène) devrait être révisée et basée uniquement sur des critères sanitaires.

1 novembre 2007 Posted by | Eau, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

   

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