Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Pesticides sur l’autoroute A6 au-dessus de nos captages

En juin 2010, en prenant l’autoroute A6, je me suis aperçu que des pesticides avaient été déposés par APRR juste en amont des captages de Villefranche-sur-Saône. Un relevé avec une caméra a été fait : on voit facilement les zones avec pesticides car l’herbe est brune et grillée. Les zones non traitées sont parfaitement vertes (mois de juin très pluvieux). Sur le linéaire de 1200 m en bordure des périmètres de protection, une dose importante de désherbants a été mise : sous et derrière les glissières de sécurité, autour des ouvrages en béton, des poteaux…

Pesticides sous glissières en amont des captages (autoroute A6)

Cette pratique est étonnante. Comment une société, soucieuse du développement durable (voir le site d’APRR http://www.aprr.com/fr/developpement-durable/engagements.html) peut-elle faire cela? Rappelons que les captages alimentent en eau dite potable 60 000 usagers, plus l’usine Blédina (fabrication de céréales infantiles bledina, phosphatine et gallia, ainsi que des biscuits cracottes et craquinettes).  Les céréales à mettre dans les biberons des bébés sont fabriquées en mélangeant l’eau brute du robinet (sans aucun traitement) avec divers ingrédients, puis en séchant la pâte, bien sûr la plupart des polluants de l’eau reste dans le produit fini. 500 millions de doses pour biberons sont fabriqués chaque année à Villefranche (distribution mondiale).

Désherbage chimique de l'A6 en amont de nos captages

D’après APRR, le pesticide déversé au-dessus de nos captages est le glyphosate. Des pesticides plus rémanents sont aussi utilisés dans les aires de services. Le glyphosate, ainsi que son produit de dégradation beaucoup plus persistant (le AMPA), peuvent polluer les eaux souterraines et donc les captages en aval. Les adjuvants mélangés avec le glyphosate sont également dangereux. D’après APRR, aucun pesticide n’est déversé au-dessus des captages situés près d’Anse. Bizarre, pas de pesticides à Anse, mais des pesticides à Villefranche!

La relation entre la zone industrielle, située en amont de l’A6, et les captages est parfaitement connue depuis 1996 (étude DDASS sur l’origine des solvants chlorés). Pourquoi depuis 14 ans rien n’a été fait pour protéger nos captages (et les biberons de dizaines de millions de bébés) ?  Je demande donc à la CAVIL et à APRR de trouver une solution pour stopper l’utilisation de tout pesticide sur les 1,2 km de  l’A6 en limite des périmètres de protection des captages.

Glyphosate déversé à quelques mètres de la rivière Nizerand, qui alimente directement les puits de captages

Normalement, les pesticides ne doivent pas être utilisés près des rivières, hors ici APRR en a mis près du cours d’eau alimentant partiellement les captages d’eau de Villefranche.

12 juillet 2010 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Pesticides, Polluants, Qualité de l'eau potable | Laisser un commentaire

61 % d’augmentation de la pollution de l’eau du robinet en 2 ans

La qualité de l’eau distribuée à Villefranche-sur-Saône et environ continue de se dégrader chaque année, sans aucune réaction des autorités, à part de dire aux citoyens « tout va bien ».

D’après le rapport officiel de la DDASS de 2009 (page 10), la concentration moyenne en solvants chlorés (somme tétrachloréthylène + trichloréthylène) sur l’eau distribuée  a augmenté de 34 % en un an :

  • 4,13 µg/l en 2008
  • 5,52 µg/l en 2009

D’après les analyses du contrôle sanitaire de la DDASS sur l’eau distribuée, la concentration moyenne en tétrachloréthylène a augmenté de 61 % en 2 ans :

  • 3,1 µg/l en 2007
  • 4,0 µg/l en 2008
  • 5,0 µg/l en 2009

Augmentation de 61 % en 2 ans du tétrachloréthylène dans l'eau du robinet

 En janvier 2007, 15 pesticides avaient été détectés dans l’eau des captages. Fin 2009, 23 pesticides différents sont détectés dans l’eau (probablement un triste record mondial). Soit 53 % d’augmentation en 3 ans du nombre des pesticides.

Entre 2008 et 2009, la pollution aux chlorures du puits n°4 est passée de 25 mg/l à 280 mg/l, soit une augmentation de 1000 %.

10 juillet 2010 Posted by | Chlorure, Eau, Eau Villefranche, Pesticides, Polluants, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène, Villefranche-Beaujolais | Un commentaire

Ca déraille à Villefranche

Les dépassements des normes en 2009, que nous apprenons aujourd’hui, sont graves. Et encore plus grave, l’attitude de la CAVIL, du SIEOV, des 16 communes qui continuent d’enterrer complètement ce dossier.

Rappel : depuis 40 ans, l’eau à Villefranche n’est que magouille, corruption et sabotage de sa qualité (d’après les archives et ma connaissance du dossier). La situation actuelle est donc voulue, et bien sûr prévisible depuis longtemps.

Depuis plusieurs dizaines d’années, l’eau n’est pas potable (elle est dangereuse pour notre santé). Comment font les autorités pour continuer à distribuer l’eau sans problème pour eux ? Ils mentent, trichent et magouillent de manière plus ou moins légale (le contrôle sanitaire officiel est truqué). On mélange différentes eaux polluées (légal ? d’après la CAVIL). On n’analyse pas les polluants qui sont présents dans l’eau (pas d’analyse = pas de dépassement de norme = pas de problème pour les autorités = problème de santé pour nous). Malgré cette tromperie sur la qualité de l’eau, les normes sont dépassées pour les pesticides depuis 10 ans. Pas de problème, l’état a accordé une dérogation à la CAVIL pour continuer à distribuer l’eau polluée (dérogation illégale, car le dossier envoyé aux plus hauts experts sanitaires français était bourré d’informations mensongères, les experts ont accordé la dérogation sur une étude erronée, de plus la dérogation était conditionnée à des actions réelles de la CAVIL pour résoudre le problème, hors la CAVIL n’a rien fait d’efficace).

Donc, jusqu’à mi-2010, l’argument « béton » des autorités était « l’eau est conforme par dérogation », donc aucun problème pour les usagers et leur santé. Les citoyens qui osent dire le contraire sont des agitateurs, les fonctionnaires les punissent en représailles, et certains élus les dénigrent à tout va.

Or en juin 2010, certains usagers apprennent qu’en février et juin 2009, l’eau distribuée au robinet, puis l’eau brute des captages, a dépassé les limites de qualité autorisées (sans aucune dérogation) : eau non conforme d’après les analyses officielles du contrôle sanitaire en février 2009. La simple morale et la loi disent que les usagers doivent être informés immédiatement, que les Maires des 16 communes concernées doivent arrêter de donner cette eau aux enfants dans les crèches, les écoles et les cantines (simple mesure destinée à protéger la vie de nos enfants, et non pas à « embêter » les autorités).

Qu’ont fait nos autorités ? Au lieu d’informer la population, ils ont fait disparaître l’analyse (en 2009 et 2010, j’ai consulté régulièrement les panneaux d’affichage, les analyses en mairie, et les analyses sur internet, l’analyse non conforme n’était pas disponible pour les usagers). Cela est criminel. Leur petite tranquillité passe avant la santé des citoyens. Et ils espèrent qu’en publiant (sans aucune publicité) l’analyse 16 mois après, ils n’auront pas d’ennuis.

Le problème actuel est que depuis janvier 2010, l’eau est peut-être non conforme, mais comme les analyses mauvaises disparaissent, on ne le saura que dans un an, (ou jamais, certaines analyses sont mises à la poubelle directement).

Donc actuellement, l’argument « béton » des autorités « l’eau est conforme par dérogation » n’existe plus, et que se passe t’il ? RIEN DU TOUT.

A moins que les citoyens ne réagissent.

3 juillet 2010 Posted by | Eau Villefranche, Potabilité, Qualité de l'eau potable | Laisser un commentaire

   

%d blogueurs aiment cette page :