Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Création d’un collectif rhodanien des usagers de l’eau

En mai 2009, quelques usagers de l’eau de Villefranche-sur-Saône ont créé le collectif beaujolais des usagers de l’eau.  Depuis nous avons constaté que :

  • La situation de l’eau est complètement bloquée à Villefranche et dans tout le Beaujolais. Les élus et l’Etat refusent d’admettre l’existence d’un grave problème de santé publique avec la distribution d’une eau du robinet polluée. Aucune action efficace des pouvoirs publics n’est menée pour résoudre le problème, à part dire « tout va bien ».
  • L’eau du robinet est polluée dans tout le département du Rhône : Villefranche, Belleville, Beaujeu, Anse et surtout le Grand Lyon (1 million d’habitants).
  • Le blocage provient en réalité de Lyon. S’ils cèdent à Villefranche (dire que cela ne va aussi bien que ça), il y aura une contagion sur Lyon. Les seuils élevés de Villefranche sont dus en réalité à la volonté de cacher la pollution de l’eau de Lyon.
  • Les mensonges sur Lyon sont énormes : « l’eau est excellente », « il n’y a pas de décharge sur le site de Crépieux-Charmy »…

Donc pour résoudre le problème de l’eau dans tout le département du Rhône, la création d’une association ou d’un collectif est nécessaire :

« Collectif rhodanien des usagers de l’eau ». Ceci n’est qu’une proposition.

24 février 2011 Posted by | Eau Lyon, Eau Rhône | Laisser un commentaire

Analyses d’eau potable truquées à Villefranche (1)

En examinant précisément les analyses d’eau potable du contrôle sanitaire à Villefranche-sur-Saône, j’ai découvert des anomalies dans les résultats. Il est clair que le contrôle officiel de l’eau est arrangé pour obtenir un respect des normes, alors que l’eau ne respecte pas les normes au robinet des usagers. Les 2 trucages trouvés sont :

  • Des résultats d’analyses qui disparaissent de la banque de données du ministère de la santé quand le pesticide oxadixyl est très au-dessus de la norme de l’eau potable. Sur les séries d’analyses de 2003 et 2004, cela est clair. Quand les concentrations en oxadixyl sur l’eau brute sont élevées (0,362 µg/l le 9 avril 2003 et 0,212 µg/l  le 10 mars 2003), aucune analyse sur l’eau distribuée n’est dans la base de données. Alors que quand l’eau brute est correcte, les analyses (bien sûr correctes) d’eau distribuée sont présentes.
  • Avant l’arrivée du préleveur d’eau du contrôle sanitaire, on fait fonctionner uniquement les puits peu pollués par l’oxadixyl. L’eau est bonne lors du contrôle, alors que normalement tous les puits fonctionnent et les usagers ont une eau polluée non conforme (il y a parfois des ratés comme en mars et avril 2003, mais on voit que l’exploitant a bien compris après). Sur le champ captant de Villefranche-Arnas, il y a 14 puits étalés sur 1 km, qui sont tous pollués de manière différente, plus une interconnexion sur l’eau brute avec Anse (Syndicat Saône Turbine) qui fonctionne régulièrement car l’eau polluée ne peut pas rester immobile. Il suffit de choisir les puits pompés au moment du contrôle pour avoir une eau conforme (ou de faire marcher l’interconnexion sur l’eau brute).

La preuve est dans l’analyse des chlorures. Les puits fortement pollués en oxadixyl ont une concentration faible en chlorures (< 40 mg/l, puits 5 à 10). Or quand la concentration en chlorure est faible, il n’y a aucune analyse d’oxadixyl sur l’eau distribuée dans la base de données du ministère de la santé (les analyses ont dû être faites, car comme elles étaient très au-dessus des normes, elles ont disparu). Quand la concentration en chlorures est élevée (on a fait fonctionner uniquement les « bons » puits avant le contrôle, puits 1 à 4), les analyses d’eau distribuée (bien sûr correctes) sont présentes dans la base de données.

Justifications : Analyses_CAVIL_MCA_TTP _2003

Ensuite dans les analyses de 2004- 2005, on observe toujours la même corrélation entre les concentrations en oxadixyl et en chlorures, c’est à dire que l’on choisit les puits pompés avant le contrôle pour obtenir de « bonnes analyses ».

En 2003-2004, sur toute une série de d’analyses « conformes », on a une concentration moyenne en chlorures de 54 mg/l, alors que 9 puits (sur 14) ont une concentration inférieure à 30 mg/l. Il y a plus qu’une ANOMALIE!

De plus, certains puits peu pollués en oxadixyl (puits 1 à 3) ont aussi une faible pollution en solvants chlorés (somme PCE + TCE < 10) et en nitrates (< 40 mg/l). En choissisant les « bons puits », on améliore aussi le contrôle sur les solvants chlorés et les nitrates.

Dépassements "officiels" en pesticides sur l'eau distribuée à Villefranche (1998-2007)

La figure officielle précédente est truquée. On voit bien des « trous » sans analyses, en particulier début 2003. Dans la réalité, les dépassements de la norme des pesticides sont permanents et bien plus importants : plus de 0,3 µg/l en avril 2003, 3 fois la norme de l’eau potable. Depuis des mois, les usagers demandent à la CAVIL où sont les dérogations pour permettre de distribuer une eau non conforme à 60 000 usagers et à l’usine Blédina, aucune réponse écrite pour l’instant. Seule réponse orale du Président de la CAVIL : ce ne sont que des « petits dépassements » sans importance.

19 février 2011 Posted by | Eau, Eau Rhône, Eau Villefranche, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Un commentaire

Limites de quantification élevées du 69

Voici un tableau réalisé par la DIREN Ile de France pour comparer les limites de quantification de différents laboratoires (sources en page 12 de http://160.92.130.117/IMG/pdf/InfoPhytos6.pdf  et Analyses_CAVIL_MCA_TTP _20060223 ).

Limites de quantification en 2006

CU : laboratoire allemand : Chemisches Untersuchungslabor d’Offenburg (limites de 2005 pour l’analyse de l’eau des rivières de l’Ile de France)

CARSO : laboratoire de Lyon (limites de 2006-2007 pour l’analyse de l’eau des rivières de l’Ile de France)

ESTA : laboratoire de Rouen (limites de 2006-2007 pour l’analyse de l’eau des rivières de l’Ile de France )

DDASS 69 : limites de quantification du contrôle sanitaire dans le département du Rhône pour l’analyse des eaux traitées et distribuées (seuils d’une analyse de l’eau de Villefranche-sur-Saône le 27/02/2006 par le laboratoire CARSO)

La qualité des analyses de l’eau du robinet du département du Rhône est totalement aberrante. Très peu de pesticides sont analysés, et à des seuils de quantification très élevés. Les limites dans le Rhône sont 5 fois plus élevées que celles du laboratoire allemand. Bien sûr, à Lyon ou Villefranche, on ne détecte pas beaucoup de pesticides!

Si les limites du labo allemand étaient appliquées pour le Grand Lyon, on trouverait beaucoup de pesticides dans l’eau du robinet des lyonnais (et on ne pourrait plus mentir en disant que « l’eau de Lyon est excellente »).

Si les limites du labo allemand étaient appliquées à Villefranche-sur-Saône, l’eau serait en permanence non potable pour la quantité totale de pesticides (norme de 0,5 µg/l). Les limites élevées de la DDASS 69 sont donc une véritable tricherie sur la qualité de l’eau. Pour le principal pesticide : l’atrazine, en 2006,  le même laboratoire CARSO a une limite de 20 ng/l pour les rivières de l’Ile de France et de 50 ng/l pour l’eau potable du Rhône. On a donc bien demandé au laboratoire de relever son seuil pour cacher la pollution de l’eau du robinet de Lyon.

Autre aberration : 12 pesticides analysés (35 %) sont des « urées substituées », hors ces substances sont détruites par le traitement à l’ozone et au chlore qui existe à Villefranche-sur-Saône. Ces analyses sont inutiles, car on est sûr à l’avance à 100 % de ne pas retrouver ces pesticides dans l’eau traitée. Cependant cela fait bien de pouvoir présenter des analyses conformes.

17 février 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, Eau Villefranche, Pesticides | Laisser un commentaire

Preuves des décharges au milieu des captages d’eau de Lyon (1)

Dans un reportage sur France 3 diffusé le 10 janvier 2011, une responsable de la Direction de l’Eau du Grand Lyon a affirmé : 

« Il n’y a pas de décharge existant sur le site, et donc pas de pollution aujourd’hui au niveau de la qualité des eaux qui sont produites et distribuées qui sortent de Crépieux Charmy. »

http://rhone-alpes.france3.fr/info/grand-lyon/grand-lyon—menaces-sur-la-nappe-phreatique–66749810.html?onglet=videos

Donc les habitants de Vaulx-en-Velin, qui ont vu pendant 30 ans le site de Crépieux Charmy être une gigantesque décharge,  sont des menteurs ; les journalistes de la Tribune de Lyon et du Progrès pas très sérieux d’avoir publié des articles sur ces décharges ; et les commissaires enquêteurs n’ont pas fait correctement leur travail.

http://www.tribunedelyon.fr/index.php?actus/societe/24726-lyon-:-menaces-sur-la-nappe-phreatique

Pour trancher, il faut des preuves. Difficile car les visites sur le site sont interdites à cause de la peur des terroristes. Mais en recherchant dans la base de données Infoterre du BRGM, des preuves ont été trouvées.

Ci-dessous des coupes de sondages réalisés en 1971 au centre des puits de Charmy. Les captages d’eau forment un cercle autour de l’ancienne décharge, donc l’intégralité de la pollution de la décharge  se retrouve (s’est retrouvé) dans l’eau du robinet des lyonnais (au début seulement dans la banlieue de Lyon).

Centre de Charmy : Coupe d'un sondage dans une ancienne décharge

Charmy : autre sondage dans une décharge

Un habitant de Vaulx-en-Velin a tout vu. Le site de Charmy a été exploité pour l’extraction des graviers et du sable au début des années 1950. Juste après l’extraction, toutes ces carrières étaient remblayées de déchets divers : industriels (fûts de 200 litres plein de polluants), ménagers (ordures), démolition… Il se souvient bien de la décharge de Charmy, car les déchets industriels d’une usine de fabrication de peinture de Villeurbanne (Galia Color ?) étaient jetés dans la carrière. L’eau au fond de la carrière-décharge avait une drôle de couleur et d’odeur. A cet endroit, la nappe phréatique est donc polluée par des solvants hydrocarbonés, des solvants chlorés et des métaux lourds (plomb…). En 1971, les sondages ont touché ces déchets industriels, car l’argile n’est pas « bleue ». Le bleu, le jaune, c’est la pollution industrielle, la peinture. Il se souvient également que les déchets (os, carcasses, abats) d’un gros charcutier de Lyon (Fonbonne) étaient jetés dans cette décharge.

En dessous, il y a des « débris de toutes natures » ???

En 1957, après la fin du remplissage des décharges, la Société des Eaux de la banlieue de Lyon (devenue Compagnie Générale des Eaux, puis VEOLIA) a pris 20 hectares du site, puis 20 autres hectares, pour forer des puits de captages d’eau. On n’ose pas imaginer la quantité de solvants chlorés dans l’eau du robinet dans les années 50, 60 et 70 (à cette époque, les solvants chlorés n’étaient jamais analysés, les premières analyses montant la pollution de l’eau captée à Crépieux Charmy datent des années 80).

Le plan suivant montre qu’en 1963, il restait une ancienne petite carrière au centre de Charmy (comblée ensuite avec des déchets).

Preuve d'une ancienne carrière en 1963 (26 et 31 sont les puits les plus au sud de Charmy, actuellement toujours fortement pollués par les solvants chlorés)

Sur Crépieux, ce n’est guère mieux. En 1979, la COURLY (devenue Grand Lyon aujourd’hui) a creusé toute une série de puits de captage d’eau dans une ancienne carrière remblayée en décharge. Cette grande décharge de 60 000 m2 ou  6 hectares est située au lieu-dit la Saulée sur la carte IGN. Il y a des dizaines de coupes de creusements des puits prouvant cela. En voici quelques-unes ci-dessous.

Puits F12 creusé dans une décharge de 4,3 m de profondeur en 1979

Puits F10 creusé en 1979 dans une décharge de 4,1 m de profondeur à Crépieux

Il ne s’agit là que d’un début des preuves des décharges à l’intérieur du site de Crépieux Charmy (= à l’intérieur du périmètre de protection immédiate). La suite dans un prochain message (vous verrez l’inconcevable!).

En conclusion : comment, en une phrase, on peut dire 2 énormes mensonges (pour les preuves de la pollution de l’eau distribuée à Lyon voir : https://leau.wordpress.com/2011/01/16/preuves-de-la-pollution-de-leau-du-grand-lyon/).

5 février 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

   

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