Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Nouvelle dégradation de la qualité de l’eau à Villefranche

Les dernières analyses de l’eau du robinet sont inquiétantes. Après la détection d’un pesticide interdit dans l’eau brute (monuron en mars 2011), un pesticide interdit vient d’être détecté dans l’eau du robinet distribuée aux usagers : 30 ng/l de simazine le 9 juin 2011. Comme pour d’autres analyses proches, une forte suspicion d’un usage illégal de simazine existe. La simazine a été interdite en 2003, et ne peut pas réapparaître sans raison dans l’eau distribuée.

Pour la pollution aux HAP (qui a démarré en 2007 dans l’eau du robinet), un nouveau seuil vient d’être franchi le 2 juillet 2011 avec 4 HAP en même temps détectés dans l’eau distribuée avec une concentration totale 107 ng/l.

En plus, le pesticide présent depuis longtemps ne baisse pas : 82 ng/l d’oxadixyl dans l’eau du robinet le 4 août 2011. Le 2 décembre 2010, la concentration totale en pesticides dans l’eau distribuée avait atteint 154 ng/l.

Le 4 août 2011, la pollution de l’eau du robinet au trichloréthylène a atteint 1 100 ng/l (tétrachloréthylène : 3 700 ng/l). Cette nouvelle pollution est inquiétante car le trichloréthylène est un cancérigène à toxicité sans seuil, une seule molécule dans l’eau du robinet peut causer un cancer, puis la mort d’un usager. De plus, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) vient de reconnaître, officiellement, que le trichloréthylène (TCE) est un produit «cancérigène chez l’humain par toutes les voies d’exposition». Auparavant (1987), le produit était classé comme «cancérigène probable». Le TCE y est aussi reconnu comme pouvant causer des maladies autres que le cancer.

Et toujours, l’efficacité du traitement de l’eau est douteuse, le 9 juin 2011 on avait 40 µg/l ( 40 000 ng/l) d’aluminium et 17 µg/l de manganèse dans l’eau du robinet. La concentration en manganèse de l’eau brute est autour de 50 µg/l (le traitement à l’aluminium sert à enlever le manganèse), donc le gestionnaire privé rajoute dans l’eau plus d’aluminium neurotoxique, qu’il n’enlève de manganèse, oligoélément bon pour la santé. L’année dernière, le président de la CAVIL avait dit qu’il « étudiait » la suppression de l’aluminium, qu’attend-il?

L’évolution du nombre de pesticides détectés lors d’une même analyse dans un puits de captage (P3) montre également la forte dégradation de la qualité de l’eau captée depuis 2008.

Nombre de pesticides dans l'eau du puits 3 à Villefranche

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25 octobre 2011 Posted by | Aluminium, Eau, Eau Villefranche, HAP, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Laisser un commentaire

Pollution industrielle illégale dans le Nizerand (ça continue)

Depuis des années, sur la commune d’Arnas, des industriels rejettent illégalement des eaux polluées dans la rivière du Nizerand qui alimente les captages d’eau potable de Villefranche. Les autorités ne font rien pour stopper les pollutions, et protègent même les pollueurs. Nous avons rencontré le Maire d’Arnas qui nous expliqué que tout allait bien, que les lois étaient respectées sur sa commune. Les preuves du contraire dans les photos suivantes (voir aussi les anciennes photos).

Rejet illégal de colle dans le Nizerand (14/10/2010)

En été et en automne, le Nizerand est à sec, il est donc possible de voir les rejets industriels, mais en hiver, l’accès est impossible car la rivière coule. Les rejets illégaux continuent probablement en hiver.

Et en 2011, ça recommence :

Rejet illégal de la société EPUR dans le Nizerand à sec, toute la pollution s’infiltre et va rejoindre à 100 % les captages d’eau potable (21/09/2011)

En plus voici une photo du premier site d’EPUR.

Site EPUR à Arnas : décharge de citernes, fûts, récipients à ciel ouvert (24/06/2011)

C’est honteux pour notre région d’avoir un site pareil juste au-dessus de nos captages. L’activité d’EPUR n’a jamais fait l’objet d’une vraie étude d’impact, l’arrêté préfectoral date de 1982. Il faut une révision de l’arrêté préfectoral, qui ne peut aboutir qu’à la fermeture du site.

En un peu plus en aval, c’est pire. EPUR exploite un site sans autorisation préfectorale. Les photos du stockage illégal, caché derrière un mur, de déchets non triés ont déjà publié sur ce blog. Actuellement de nouveaux stockages de bois ont lieu sur le site, sans autorisation, malgré un premier incendie en mai 2011 qui a fortement pollué le Nizerand.

Deuxième site EPUR à Arnas, exploitation sans autorisation valable (24/06/2011)

Le maire d’Arnas défend EPUR en disant que l’ancien Arrêté Préfectoral de REGEMAT a été repris par EPUR. Cela est impossible car l’ancien AP s’annulait au bout de 2 ans d’inexploitation du site, or il y a eu plus de 2 ans entre la faillite de REGEMAT et l’arrivée d’EPUR sur le site (document écrit en mairie d’Arnas prouvant le délai supérieur à 2 ans).

Il est clair que les activités de la société EPUR sont totalement incompatibles avec la présence en aval d’un captage d’eau potable alimentant 60 000 personnes, plus l’usine BLEDINA. Soit EPUR, soit le captage doit déménager. Nous demandons à nos élus de prendre une décision politique dans ce sens. La pollution existante des captages étant tellement extrême, c’est bien sûr aux captages de déménager, mais les responsables de la pollution doivent payer. Les usagers ne sont pas responsables, ce sont des victimes, ils n’ont pas à payer.

Rejet industriel dans le collecteur d’eau pluviale (rue Grange Morin) de la CAVIL qui arrive dans le Nizerand à sec (21/09/2011)

Et un peu plus bas, au rejet du collecteur d’eau pluviale de la CAVIL, toujours le même spectacle depuis des dizaines d’années. Des industriels, au lieu d’envoyer leurs eaux polluées dans le réseau d’assainissement (problème car il y a des contrôles, nouveaux arrêtés préfectoraux de limitation des rejets vers la station d’épuration de VEOLIA), les rejettent illégalement dans la rivière alimentant l’eau potable (mais là il n’y a strictement aucun contrôle).

Autre rejet industriel dans le Nizerand (21/09/2011)

Un peu plus bas, toujours la même chose, des rejets industriels dans un autre réseau d’eau pluviale de la CAVIL.

Une question que l’on se pose depuis des années : quand est-ce que le Maire d’Arnas et les autorités vont-elles réagir pour faire respecter les lois dans la zone industrielle d’Arnas qui est devenue une véritable zone de non-droit?

10 octobre 2011 Posted by | Eau Villefranche, Nizerand, Pollueurs, Qualité de l'eau potable | Laisser un commentaire

Un pesticide interdit retrouvé dans l’eau de Villefranche

Le 9 mars 2011, deux nouveaux pesticides ont été détectés pour la première fois dans un puits de captage sur la commune de Villefranche-sur-Saône, dont le MONURON.

Or le monuron est désherbant INTERDIT EN FRANCE depuis 1994.

L’évaluation de la toxicité de ce pesticide est inquiétante (extrait d’une thèse universitaire). De toute façon, s’il a été interdit en 1994, c’est qu’il doit être particulièrement toxique.

« Le monuron pourrait de plus présenter des propriétés carcinogènes, mais l’insuffisance des études sur cet aspect n’autorise aucune affirmation. Peu de publications sont disponibles sur la toxicité des métabolites. Toutefois, certains produits potentiels de dégradation sont connus pour leurs risques carcinogènes (dérivés phénoliques, anilines). La mise en évidence de propriétés phytosanitaire supérieure ou égale à celle du pesticide pour certains composés résultant de N-déalkylation entraîne une interrogation quant aux risques pour l’homme [21]. »

Actuellement le monuron est fabriqué en Chine. Or de récentes enquêtes de la presse et de la télévision prouvent des trafics illégaux de pesticides interdits, provenant de Chine et utilisés en France.

D’où vient le monuron trouvé sur la commune de Villefranche-sur-Saône?

Cette molécule n’a jamais été détectée dans la Saône et dans le Nizerand (eau, sédiments, matières en suspension et bryophytes) :

http://eaubeaujolais.wordpress.com/liste-des-polluants/

Ces deux rivières alimentent à 80 % environ l’eau des captages de la CAVIL. Donc le monuron devrait venir des 20 % d’alimentation restante, la nappe phréatique en amont (à l’ouest) du champ captant. La moitié est occupée par la zone industrielle d’Arnas (pas d’utilisation de ce pesticide), et l’autre moitié par les périmètres de protection, qui sont en fait une vaste zone de culture intensive, où les pesticides sont utilisés à tout va.

Epandage de pesticides à l’intérieur des périmètres de protection de Villefranche.

(quand on voit cette photo, on imagine la dose qu’il doit rester dans les légumes vendus à coté dans les grandes surfaces et les marchés locaux : double peine pour les habitants du Beaujolais, eau et légumes aux pesticides)

A l’intérieur des périmètres de protection, on a une vaste zone de culture de céréales au nord (blé-orge et maïs, le monuron n’est pas adapté à ces cultures) et une immense zone de cultures maraîchères au sud. La substance interdite pourrait donc provenir d’une utilisation en maraîchage.

Plantations maraîchères dans le périmètre de protection immédiate des captages (20/06/2011)

Cultures intensives à l'intérieur du périmètre de protection immédiate (15/08/2010)

De plus, le monuron a été quantifié dans le puits n°3 avec une concentration de 30 ng/l. Or le P3 est l’un des puits les moins exposés et les plus protégés des 14 puits du champ captant, car il est l’un des plus éloignés de la Saône et des cultures intensives. Quelle aurait été la pollution du monuron si l’analyse avait été réalisée dans le P4, P6 (arrêté) ou P7 (drains)? Probablement bien plus importante, et supérieure à la norme de 100 ng/l.

Champ captant de Beauregard : implantation du P3 et extension du PPI non respectée

Quand?

En 1994 (date de l’interdiction du monuron), une étude agropédologique complète a été réalisée par la Chambre d’Agriculture du Rhône, sur les activités agricoles à l’intérieur des périmètres de protection. Une liste impressionnante (plusieurs dizaines)  des pesticides maraîchers utilisés dans les périmètres  est donnée. Le monuron n’est pas dans cette liste. Donc le monuron retrouvé en 2011 dans le P3 ne provient pas d’une activité légale avant 1994. Il devrait provenir d’un épandage récent en 2010 ou 2011. De plus, l’absence totale de détection avant 2011 dans tous les milieux suggère une utilisation récente donc illégale.

Les responsabilités du Maire :

  • La distribution de l’eau potable (même s’il y a une communauté, un syndicat ou un exploitant privé, le Maire reste toujours le principal responsable pénal en cas de problème).
  • Protection des captages d’eau potable située sur sa commune (même s’il n’alimente pas sa commune) : ici le P3 est sur la commune de Villefranche-sur-Saône et alimente la même commune.
  • Information sur la qualité de l’eau du robinet : la détection d’un pesticide interdit depuis 17 ans dans un puits de captage d’eau du robinet est une information indispensable pour les usagers et les citoyens. Pourquoi ne pas utiliser le fabuleux procédé vanté par Veolia aux usagers qui permet de « contacter 100 000 foyers en moins d’une heure »?
  • La santé des usagers….

Cette nouvelle pollution fait donc partie des responsabilités du Député-Maire de Villefranche-sur-Saône. Je lui demande d’éclaircir cette affaire, et toutes les autres citées dans ce blog. Comme l’on déjà fait des usagers (mais « classement sans suite »), je lui demande de porter plainte pour toutes les pollutions, et pour cette pollution illégale au monuron. Le minimum serait la réalisation immédiate (tout retard entraîne la disparition des preuves) d’une vraie enquête judiciaire et douanière, avec des analyses du monuron et de ses produits de dégradations (dérivés phénoliques, anilines, composés résultant de N-déalkylation).

Article L1324-4
Modifié par Loi n°2004-806 du 9 août 2004 – art. 70 JORF 11 août 2004

« Le fait de dégrader des ouvrages publics destinés à recevoir ou à conduire  des eaux d’alimentation ou de laisser introduire des matières susceptibles de  nuire à la salubrité, dans l’eau de source, des fontaines, des puits, des  citernes, conduites, aqueducs, réservoirs d’eau servant à l’alimentation  publique, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende. »

Article L1324-3
Modifié par LOI  n°2009-526 du 12 mai 2009 – art. 125

« I.-Est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 Euros d’amende le fait :

De ne pas se conformer aux dispositions relatives à l’interdiction et à la réglementation des activités, travaux, dépôts et installations, dans les périmètres de protection mentionnés aux articles L. 1322-3 à L. 1322-7 ; »

9 octobre 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Monuron, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Un commentaire

Deux nouveaux pesticides dans l’eau de Villefranche (encore et toujours)

Début 2011, 2 nouveaux pesticides ont été détectés dans l’eau de Villefranche-sur-Saône : l’isoproturon et le monuron.

On atteint le nombre de 25 pesticides détectés dans un même réseau d’eau potable (puits et distribution), probablement un triste record mondial.

Liste des 25 pesticides et produits de dégradation de pesticides : atrazine, atrazine-déséthyl, atrazine-déisopropyl, bentazone, dichloropropène-2,3, diuron, terbuthylazine-hydro, métolachlor, oxadixyl, simazine, simazine-hydroxy, tébutame, asulame, 2,6-dichlorobenzamide, linuron, métoxuron, bromacile, 2-hydroxy-atrazine, deisopropyl-déséthyl-atrazine, lenacile, terbuthylazine-déséthyl, carbofuran, chlortoluron,  isoproturon (09/03/2011), monuron (09/03/2011).

Lors de la dernière analyse du 06/07/2011,  il y avait 11 pesticides différents dans l’eau brute,  plus 6 solvants chlorés, plus 8 métaux lourds ou toxiques (dont Plomb dans l’eau brute, Aluminium dans l’eau traitée…). Rappel : 25 solvants chlorés et micropolluants différents ont été détectés dans l’eau de Villefranche, là encore un record.

L’isoproturon est un désherbant des céréales. Le monuron est un pesticide interdit en France depuis 1994 : désherbant sélectif des cultures d’asperges, donc utilisé en maraîchage. La question se pose de l’origine de ces nouveaux pesticides. Viennent-ils des cultures illégales de céréales et de légumes à l’intérieur du périmètre de protection immédiate (PPI) des captages? Ce serait grave pour nos élus (qui ne font rien pour arrêter les déversements de pesticides dans le PPI) et pour les personnes qui utiliseraient des pesticides interdits.

Quelques photos des cultures illégales en 2010 et 2011 dans le PPI : céréales et légumes, qui utilisent justement les nouveaux pesticides détectés en 2011.

https://leau.wordpress.com/2011/06/23/perimetres-de-protection-non-respectes-a-villefranche-encore/

https://leau.wordpress.com/2010/08/29/arrete-prefectoral-non-respecte-et-tromperie-des-usagers/

8 octobre 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Monuron, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Laisser un commentaire

   

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