Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Pollution au tétrachloréthylène à Foix

Le respect des limites de qualité ne doit pas être le seul objectif des élus : la preuve avec la récente pollution à Foix de l’eau du robinet.

En juin 2010, plusieurs analyses prouvaient la pollution du captage et de l’eau distribuée à Foix par le tétrachloréthylène : 3,6 microg/l le 7 juin 2010 dans le puits de captage, confirmé par 3,5 microg/l au robinet des usagers le 14 juin 2010. Cependant comme la limite de qualité était respectée, l’analyse est passée « CONFORME », sans la moindre remarque de la DDASS dans les « conclusions sanitaires ».

Résultat : pendant un an, aucune analyse des solvants chlorés n’est réalisée à Foix. Et catastrophe, le 23 mai 2011, une analyse sur l’eau distribuée montre une énorme pollution de 120 microg/l, bien supérieure à la limite de qualité de 10 microg/l et à la recommandation de l’OMS. Donc pendant une durée indéterminée, mais que l’on peut estimer à 6 mois, la santé de 8000 usagers a été menacée. Cela aurait-il pu être évité?

Bien sûr que oui. Si les premières détections du polluant en juin 2010 avaient donné l’alerte, des mesures simples et très peu coûteuses auraient permis d’éviter un risque inutile aux usagers, par exemple l’analyse du tétrachloréthylène (PCE) tous les mois avec les prélèvements classiques bactériologiques et chimiques (coût 20 euros environ pour protéger la santé de 8000 usagers). La pollution de juin 2010 étant supérieure à la valeur guide de la directive européenne de 1980 (1 microg/l pour le tétrachloréthylène), une recherche de l’origine de la pollution aurait pu être menée, avec un arrêt de la pollution en septembre 2010 qui aurait évité tout dépassement de la « norme » au captage. MAIS RIEN N’A ETE FAIT.

Les conséquences peuvent être graves pour la santé des consommateurs, mais de manière certaine pour leur porte-monnaie. Pour rétablir la distribution de l’eau potable, le traitement de l’eau polluée va coûter 25 000 euros par mois.

Pour éviter ce lamentable exemple, il faudrait, comme aux USA, des objectifs de qualité et de vraies normes strictes pour l’eau potable. Aux USA, l’objectif maximal fédéral est 0 microg/l pour le PCE, donc aucune autorité ne peut se dire être satisfaite de la qualité de l’eau quand on a quelques microg/l comme à Villefranche-sur-Saône, Belleville, Lyon… En France, pour les élus, les limites de qualité sont des « objectifs de qualité », et les vraies normes sont les recommandations de l’OMS (très élevées, pour le tétrachloréthylène, il s’agit d’une norme de toxicité aigüe, le risque de cancer a été « oublié »).

Dans le Rhône, le même risque qu’à Foix existe. Pour exemple à Belleville, la pollution aux solvants chlorés est connue depuis 2002, et aucune action pour arrêter cette pollution n’a été menée, car « les normes sont respectées ». A Lyon, des témoins ont vu des fûts de 200 l remplis de déchets polluants enterrés près du champ captant de Crépieux-Charmy. Avec la rouille, ces fûts peuvent un jour se percer, et polluer brusquement l’eau d’un million d’habitants.  A Villefranche, le sel prouve que le port pollue les captages. Un transport de produits dangereux sur la plateforme multimodale du port peut donc polluer brusquement l’eau distribuée par la CAVIL (là encore, la pollution au-dessus de la limite de qualité pour le sel a été totalement « enterrée »).

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1 juillet 2011 Posted by | Eau, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

Evolution de la qualité de l’eau captée à Villefranche (1)

L’eau du robinet de Villefranche est un mélange de plusieurs dizaines de puits de captages. Ces puits, repartis sur des kilomètres, sont pollués de manière différente. Le « traitement de l’eau par mélange » permet de faire disparaître les polluants des analyses, en les faisant passer en dessous du seuil de quantification du laboratoire. Donc, on ne peut pas connaître l’évolution de l’eau captée avec les analyses officielles de l’ARS (ex-DDASS) qui sont toutes (eaux brutes et eaux traitées) faites sur ce mélange. Pour connaître l’évolution de la qualité de la nappe phréatique, les analyses puits par puits sont nécessaires. Elles sont réalisées lors d’études particulières ou par le délégataire. Voici quelques courbes d’évolution de la qualité de l’eau des puits :

Oxadixyl dans le puits 5 de Villefranche

Comme les dépassements de la norme dans l’eau distribuée sont moins nombreux, les autorités disent que la pollution par le pesticide Oxadixyl diminue. La courbe précédente prouve que cela est faux, la pollution a même tendance à augmenter dans le P5. En fait, c’est VEOLIA qui se perfectionne dans l’art du mélange. Les « traitements par mélange » sont faits de manière « scientifique ».

Tétrachloroéthylène dans le puits 5

Idem pour le tétrachloréthylène dans le puits 5 qui augmente de 2005 à 2010, avec une brusque montée en 2008.  L’absence de dépassement de la limite de qualité en 2010 est donc due à l’amélioration de la technique de mélange, et non à l’amélioration de la qualité de l’eau captée.

Nitrates dans le puits 7 à Villefranche

Les nitrates aussi ont tendances à augmenter dans le puits 7.

Conclusion : la qualité de l’eau captée continue de dégrader actuellement. L’inaction des pouvoirs publics depuis 40 ans est la cause de la mauvaise qualité de l’eau du robinet dans le Beaujolais. Le « traitement de l’eau par mélange » augmente la toxicité de l’eau du robinet par effet cocktail, il est donc illégal. Nous demandons à la CAVIL l’arrêt des mélanges d’eau, entre les champs captants de Villefranche et Anse-Ambérieu, et entre les 14 puits de Villefranche-Arnas.

22 juin 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Pesticides, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

Le collectif beaujolais des usagers de l’eau demande à Monsieur Perrut que la ville de Villefranche et la communauté d’agglomération portent plainte contre X pour la pollution de l’eau du robinet aux solvants chlorés

L’eau du robinet de Villefranche-sur-Saône est polluée depuis des dizaines années, avec des impacts potentiels sur la santé de 60 000 usagers. D’après les analyses officielles, plus de 100 toxiques sont présents dans l’eau alimentant directement les captages : Saône, Nizerand, nappe sous la zone industrielle, un gigantesque cocktail de polluants menaçant la santé publique.

La pollution concerne les solvants chlorés mais aussi les pesticides, les hydrocarbures aromatiques, le mercure, l’aluminium, le manganèse et le sel. Au total 24 micropolluants et 23 pesticides ont déjà été détectés dans les puits de captage ou le réseau d’eau du robinet. Les premières analyses au-dessus de la valeur guide prouvant la pollution de l’eau distribuée par les solvants chlorés datent des années 80. Une directive européenne de 1980 obligeait alors la collectivité à rechercher l’origine de cette pollution et à résoudre le problème. Cette recherche n’a démarré qu’avec la révision des périmètres de protection en 1992. Malgré une dizaine d’études réalisées, les sites industriels responsables de la pollution ne sont toujours pas identifiés. Actuellement la pollution continue. En février 2009, l’eau distribuée à Villefranche a été supérieure à la limite de qualité. D’avis d’expert, si l’on en prend les moyens, il faut 3 mois pour retrouver les pollueurs de l’eau de Villefranche aux solvants chlorés. Cette recherche sans fin, qui dure depuis 19 ans, est donc anormale.

Le 23 mai 2011, le collectif a donc rencontré Monsieur Perrut, député-maire de Villefranche-sur-Saône, et a demandé à la ville de Villefranche ainsi qu’à la communauté d’agglomération (CAVIL) de porter plainte contre X pour la pollution de son eau par les solvants chlorés. En effet, cette pollution a déjà entrainé de nombreuses dépenses directes notamment en études, forages et analyses d’eau. Les coûts à venir pour la collectivité (construction d’une unité de traitement de l’eau de plusieurs millions d’euros) et pour les usagers (frais médicaux dus aux dizaines d’années de consommation d’une eau polluée) seront élevés.

Il apparait que seule la justice aura l’autorité nécessaire pour faire aboutir la recherche effective de l’origine des pollutions aux solvants chlorés et permettre d’appliquer le principe pollueur payeur.

Nous citons l’exemple de la ville d’Avignon, qui en février 2011 a porté plainte contre X pour une pollution de la nappe phréatique aux solvants chlorés sur son territoire.

Le collectif informera prochainement sur le résultat de la démarche engagée.

Site du collectif       Communiqué de presse

Communiqué de la ville d’Avignon

5 juin 2011 Posted by | Eau, Eau Rhône, Eau Villefranche, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène, Villefranche-Beaujolais | Laisser un commentaire

D’après le rapport WWF, l’eau de Villefranche est la plus polluée de France pour le critère du nombre de polluants

Le rapport du WWF France sur l’eau de boisson vient d’être publié. Cette étude est une première en France, car elle compare avec un même protocole les eaux du robinet et les eaux en bouteille. Après les polémiques de ces dernières années, une démarche scientifique non contestable de comparaison était nécessaire. Rappelons les photos publicitaires de « Cristaline » particulièrement choquantes, mais pire encore est de donner des informations fausses et trompeuses aux consommateurs, ce que n’ont pas hésité à faire le Grand Lyon avec la Grand’O de Lyon ‘l’eau vient directement des glaciers » et Veolia avec la lettre N°6 distribuée à Villefranche « les usagers sont immédiatement informés en cas dépassement d’une limite de qualité ou de danger pour la santé ».

Cette étude de 225 000 euros est donc exceptionnelle et très utile, mais on peut regretter que certains points n’aient pas été abordés (cependant cela aurait augmenté le coût de l’étude).

  • Aucune recherche des solvants chlorés, alors que cette pollution est importante en France, avec un impact sanitaire peut-être équivalent aux pesticides-nitrates.
  • Problématique non abordée des mélanges-échanges d’eau et de la dilution des polluants entre les réseaux d’eau. La distribution de l’eau du robinet de Villefranche et Lyon est une méthode de traitement des déchets toxiques des industriels. Les polluants sont présents dans le réseau d’eau potable avec des techniques de dilution et de mélanges-échanges d’eau entre les champs captants pour être « conformes aux normes » aux robinets des usagers. Si les champs captants étaient installés dans zones non polluées, les polluants industriels s’accumuleraient dans les zones de captages actuelles, et les coûts de dépollution seraient énormes pour les industriels. Les usagers paient donc 2 fois, en payant la dépollution à la place des pollueurs (recyclage des toxiques dans leur robinet!), et par la dégradation de leur santé.

Résultats à Villefranche : Pour le critère « nombre de polluants quantifiés », lors des deux campagnes de mesures en 2009 et 2010, Villefranche est à la plus mauvaise place parmi toutes les villes françaises échantillonnées (en 2009,  moyenne 7, 5 polluants, en 2010, moyenne 4,5 polluants). Le critère « nombre de polluants » est extrêmement important pour quantifier les effets « cocktail » sur la santé, qui ne sont pas liés aux concentrations en polluants. Rappel, l’intérêt de l’étude WWF est la comparaison des eaux avec un même protocole sur toute la France. Cependant, le protocole est incomplet pour Villefranche et améliore son résultat, car si les solvants chlorés avaient été recherchés et les seuils de quantifications sur les pesticides et les micropolluants un peu abaissés, des dizaines de polluants auraient été retrouvés dans l’eau du robinet de Villefranche, qui aurait alors pulvérisé le record de France (et probablement le record mondial).

Autre résultat prouvant la mauvaise qualité de l’eau, le « nombre de familles de micropolluants détectées » : Villefranche est la seule ville française où un laboratoire a détecté toutes les familles de polluants recherchés (rappel, les solvants chlorés, principaux polluants de Villefranche, n’ont pas été recherchés, et malgré cela Villefranche est à la plus mauvaise place française).

Le rapport note bien le grave problème de l’eau du robinet de Villefranche-sur-Saône :

Page 21 : 8 polluants à Villefranche, l’une des 2 villes les plus impactées

Page 22 : toujours Villefranche à la plus mauvaise place nationale, cité 2 fois, pour le nombre de polluants et le cumul de ces molécules (nitrates et triazines)

Page 23 : Villefranche est à la plus mauvaise place du tableau parmi les 41 villes, seule ville où un labo a détecté toutes les familles de polluants

Page 30 à 32 : Villefranche, pesticides et aluminium, record avec 6 molécules détectées (maximum de toutes les eaux du robinet prélevées en 2010)

29 mai 2011 Posted by | Eau Lyon, Eau Villefranche, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

Origine et date de la pollution aux solvants chlorés de l’eau du robinet de Villefranche

Pour le tétrachloréthylène et le trichloréthylène, identifiés en 1994 comme provenant de la zone industrielle d’Arnas (étude Anjou), la pollution a dû démarrer dans les années 70, période d’installation des usines dans la zone industrielle.
Pour le tétrachlorure de carbone et le trichloroéthane-111, l’étude « Anjou » de 1994 prouve que la pollution provient de l’amont de la voie ferrée, c’est à dire des industries implantées dans la partie nord de la ville de Villefranche-sur-Saône. La pollution est ancienne, peut-être depuis les années 40-50.
Suite à la directive européenne de 1980 fixant des normes pour les solvants chlorés, la première analyse a eu lieu quelques années plus tard à Villefranche. L’eau distribuée à Villefranche était déjà contaminée au-dessus de la valeur guide de 1 microg/l par solvant chloré. Depuis cette première analyse jusqu’à aujourd’hui en 2011, 100 % des analyses de l’eau de Villefranche ont dépassé cette norme.

26 mai 2011 Posted by | Eau Villefranche, Micropolluants, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

Nouvelle pollution de l’eau de Villefranche : 112-trichloroéthane

Après la pollution au tétrachloréthylène de février 2009 au-dessus de la limite de qualité, le 3 février 2011, une pollution de 9,4 microg/l de 112-trichloroéthane a été quantifiée dans l’eau distribuée à Villefranche-sur-Saône. Ce solvant chloré n’ayant aucune limite de qualité en France, l’analyse est passée « conforme ».

Cependant pour évaluer le risque pour la santé, on peut voir les normes des autres pays, en particulier des Etats-Unis où des études sanitaires poussées sont réalisées. Au niveau fédéral (de nombreux états ont des normes plus strictes), les normes pour le 112 trichloroéthane sont :

  • 5 microg/l pour la norme fédérale stricte (celle où on interdit la consommation en cas de dépassement?).
  • 3 microg/l pour l’objectif maximal à atteindre

Donc, l’eau distribuée à Villefranche en février 2011 a été dangereuse pour la santé, mais aucune information des usagers n’a eu lieu (comme d’habitude).

Les pollutions au 112-trichloroéthane sont rares en France. Ce produit serait utilisé lors de la fabrication d’adhésifs, de tubes téflon et de laques.

Cette analyse est disponible sur le site : http://orobnat.sante.gouv.fr/orobnat/afficherPage.do?methode=menu&menuniveau1=envir&menuniveau2=eaurob&menuniveau3=dernres&menuniveau4=null&idRegion=82

De plus, en consultant le site précédent du ministère de la santé (orobnat.sante.gouv.fr), j’ai découvert une énormité. L’analyse non conforme de 5 février 2009 a été classée en analyse conforme dans la base de données du ministère de la santé (analyse sur la commune de DENICE). Denice_090205

« Conformité   Conclusions sanitaires  Eau d’alimentation conforme aux normes en vigueur pour l’ensemble des paramètres mesurés. » Alors que juste au-dessus, les analyses montrant la non-conformité sont présentes. Erreur de frappe ?, mais qui arrange les statistiques françaises sur la potabilité de l’eau.

23 mai 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Micropolluants, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène | Un commentaire

Preuves des décharges au milieu des captages d’eau de Lyon (1)

Dans un reportage sur France 3 diffusé le 10 janvier 2011, une responsable de la Direction de l’Eau du Grand Lyon a affirmé : 

« Il n’y a pas de décharge existant sur le site, et donc pas de pollution aujourd’hui au niveau de la qualité des eaux qui sont produites et distribuées qui sortent de Crépieux Charmy. »

http://rhone-alpes.france3.fr/info/grand-lyon/grand-lyon—menaces-sur-la-nappe-phreatique–66749810.html?onglet=videos

Donc les habitants de Vaulx-en-Velin, qui ont vu pendant 30 ans le site de Crépieux Charmy être une gigantesque décharge,  sont des menteurs ; les journalistes de la Tribune de Lyon et du Progrès pas très sérieux d’avoir publié des articles sur ces décharges ; et les commissaires enquêteurs n’ont pas fait correctement leur travail.

http://www.tribunedelyon.fr/index.php?actus/societe/24726-lyon-:-menaces-sur-la-nappe-phreatique

Pour trancher, il faut des preuves. Difficile car les visites sur le site sont interdites à cause de la peur des terroristes. Mais en recherchant dans la base de données Infoterre du BRGM, des preuves ont été trouvées.

Ci-dessous des coupes de sondages réalisés en 1971 au centre des puits de Charmy. Les captages d’eau forment un cercle autour de l’ancienne décharge, donc l’intégralité de la pollution de la décharge  se retrouve (s’est retrouvé) dans l’eau du robinet des lyonnais (au début seulement dans la banlieue de Lyon).

Centre de Charmy : Coupe d'un sondage dans une ancienne décharge

Charmy : autre sondage dans une décharge

Un habitant de Vaulx-en-Velin a tout vu. Le site de Charmy a été exploité pour l’extraction des graviers et du sable au début des années 1950. Juste après l’extraction, toutes ces carrières étaient remblayées de déchets divers : industriels (fûts de 200 litres plein de polluants), ménagers (ordures), démolition… Il se souvient bien de la décharge de Charmy, car les déchets industriels d’une usine de fabrication de peinture de Villeurbanne (Galia Color ?) étaient jetés dans la carrière. L’eau au fond de la carrière-décharge avait une drôle de couleur et d’odeur. A cet endroit, la nappe phréatique est donc polluée par des solvants hydrocarbonés, des solvants chlorés et des métaux lourds (plomb…). En 1971, les sondages ont touché ces déchets industriels, car l’argile n’est pas « bleue ». Le bleu, le jaune, c’est la pollution industrielle, la peinture. Il se souvient également que les déchets (os, carcasses, abats) d’un gros charcutier de Lyon (Fonbonne) étaient jetés dans cette décharge.

En dessous, il y a des « débris de toutes natures » ???

En 1957, après la fin du remplissage des décharges, la Société des Eaux de la banlieue de Lyon (devenue Compagnie Générale des Eaux, puis VEOLIA) a pris 20 hectares du site, puis 20 autres hectares, pour forer des puits de captages d’eau. On n’ose pas imaginer la quantité de solvants chlorés dans l’eau du robinet dans les années 50, 60 et 70 (à cette époque, les solvants chlorés n’étaient jamais analysés, les premières analyses montant la pollution de l’eau captée à Crépieux Charmy datent des années 80).

Le plan suivant montre qu’en 1963, il restait une ancienne petite carrière au centre de Charmy (comblée ensuite avec des déchets).

Preuve d'une ancienne carrière en 1963 (26 et 31 sont les puits les plus au sud de Charmy, actuellement toujours fortement pollués par les solvants chlorés)

Sur Crépieux, ce n’est guère mieux. En 1979, la COURLY (devenue Grand Lyon aujourd’hui) a creusé toute une série de puits de captage d’eau dans une ancienne carrière remblayée en décharge. Cette grande décharge de 60 000 m2 ou  6 hectares est située au lieu-dit la Saulée sur la carte IGN. Il y a des dizaines de coupes de creusements des puits prouvant cela. En voici quelques-unes ci-dessous.

Puits F12 creusé dans une décharge de 4,3 m de profondeur en 1979

Puits F10 creusé en 1979 dans une décharge de 4,1 m de profondeur à Crépieux

Il ne s’agit là que d’un début des preuves des décharges à l’intérieur du site de Crépieux Charmy (= à l’intérieur du périmètre de protection immédiate). La suite dans un prochain message (vous verrez l’inconcevable!).

En conclusion : comment, en une phrase, on peut dire 2 énormes mensonges (pour les preuves de la pollution de l’eau distribuée à Lyon voir : https://leau.wordpress.com/2011/01/16/preuves-de-la-pollution-de-leau-du-grand-lyon/).

5 février 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

Désinformation des usagers

En accompagnement de leur facture d’eau, de nombreux français ont reçu « la lettre n°6 de VEOLIA EAU ». Ce beau dépliant en couleur contient de nombreuses affirmations mensongères sur la qualité de l’eau du robinet. Sur ce sujet touchant à la vie ou la mort des citoyens et de nos enfants, cela est  inadmissible, et VEOLIA doit corriger son dépliant, et dire la vérité à ses clients.

Le lettre n°6 de VEOLIA EAU

En première page, un enfant souriant est en train de boire de l’eau du robinet à la paille. Cette image, particulièrement communicante, est une incitation à faire boire l’eau du robinet à nos enfants. A côté de l’enfant, il est écrit : « Votre eau du robinet   À consommer sans modération ! ». Le message de VEOLIA est clair, votre eau du robinet est sûre pour tout le monde, puisque même les enfants doivent la boire.

Le premier problème de ce document publicitaire de VEOLIA est pour les usagers raccordés avec des canalisations en plomb. En effet, les documents de la DDASS sur la qualité de l’eau indiquent «  De plus, il est vivement conseillé aux enfants et aux femmes enceintes de ne pas boire l’eau du robinet ayant été en contact avec une canalisation en plomb. » La photographie de la première page est donc grave pour la santé des enfants. VEOLIA doit immédiatement corriger son erreur auprès des usagers concernés. De plus, pendant des années les documents originaux de la DDASS étaient en couleur, et l’agence VEOLIA de Villefranche-sur-Saône (70 000 usagers) envoyait une mauvaise photocopie en noir et blanc du document, quasi-illisible sur le conseil aux enfants de ne pas boire l’eau du robinet. Ensuite, pour l’année 2008, VEOLIA n’a envoyé aucun document de la DDASS, donc aucun conseil. A la place, il y avait le résultat d’un sondage sur ce que les français pensaient de la qualité de l’eau du robinet !

Ensuite, « Vous pouvez la consommer en toute sérénité ». Cette affirmation de VEOLIA est fausse. Dans les régions de Lyon, Villefranche-sur-Saône et Belleville, l’eau du robinet provient à 80 % environ de rivières très polluées, et contient donc une multitude de polluants à faibles doses. Les risques pour la santé sont réels. Donc, quand VEOLIA distribue de l’eau polluée potentiellement dangereuse pour la santé, cette multinationale devrait tout faire pour limiter les risques pour les enfants, et non les encourager à boire de l’eau du robinet.

Ensuite le paragraphe « Une eau contrôlée au quotidien » est trompeur pour les clients de VEOLIA. En effet, les « millions d’analyses chaque année » sont principalement des analyses bactériologiques sur de l’eau chlorée, et dont la teneur en chlore est contrôlée (rappel : l’eau chlorée est cancérigène). C’est à dire que ces analyses ne servent strictement à rien, à part à diluer les mauvaises analyses chimiques et pouvoir dire que l’eau distribuée est d’excellente qualité en France. Vous êtes à 100 km/h sur l’autoroute, allez-vous payer une coûteuse analyse pour savoir si votre voiture est à l’arrêt ou en marche ? Bien sûr, le respect des normes de qualité bactériologique est très important, et les analyses bactériologiques sont utiles pour les réseaux non chlorés (nombreux villages et petites villes, Mulhouse, Grenoble…).

Pour les 1,3 millions d’analyses de la part de VEOLIA, on peut s’interroger sur leur utilité quand on a vu le reportage sur France 3 «  Du poison dans l’eau du robinet » : dans le laboratoire d’analyses de VEOLIA, un responsable a dit au journaliste concernant les pesticides dans l’eau distribuée, « SI VOUS COMMENCEZ À NOUS PARLER DE VÉRITÉ, ON EST DANS LA MERDE !». VEOLIA n’a pas présenté d’excuses à ses clients, ni démenti ces propos horribles pour la santé des français.

« Des normes de qualité très strictes » Cette affirmation de VEOLIA est fausse. D’abord ces prétendues « normes » sont en réalité des valeurs guides ou des objectifs de qualité de l’eau distribuée. Il n’y a aucune norme en France, car quand une limite est dépassée, l’état accorde une « dérogation » sans restriction de consommation dans 99 % des cas (chiffre 2008, dernier paragraphe de la page 1 de la lettre). Une norme est une limite qui, quand elle est dépassée, entraine des restrictions de consommation de l’eau.

Par contre quand les prétendues « normes » sont respectées, les responsables de l’eau sont très contents, et vont jusqu’à dire que l’eau est excellente (eau du Grand Lyon gérée par VEOLIA). Les « normes » de VEOLIA sont donc en fait des objectifs de qualité pour nos responsables.

 « 54 paramètres de potabilité référencés en France ». Cette affirmation de VEOLIA est fausse. En réalité, il y a 32 « limites de qualité », en fait plutôt des objectifs ou valeurs guides. Les 22 autres paramètres sont des « références de qualité », qui n’apportent aucune contrainte sur la potabilité de l’eau.

« Normes très strictes » affirmation fausse. La preuve en comparaison avec certaines normes fédérales des Etats-Unis :

  • Tétrachloréthylène, France : objectif 10 microg/l (quand trichloréthylène < 0,5), USA : Objectif 0 microg/l, norme stricte 5 microg/l en cours de révision, proposition de nouvelle norme stricte à 0,5 microg/l ou 1 microg/l
  • Tétrachlorure de carbone (cancérigène), France : aucun objectif ou norme, USA : Objectif 0 microg/l, norme stricte 5 microg/l
  • 1,2-dichloréthane (cancérigène de l’eau du Grand Lyon), France : aucun objectif ou norme, USA : Objectif 0 microg/l, norme stricte 5 microg/l
  • Di(2-ethylhexyl) phthalate (perturbateur endocrinien),  France : aucun objectif ou norme, USA : Objectif 0 microg/l, norme stricte 6 microg/l
  • France : 32 objectifs de qualité, USA : 79 objectifs de qualité
  • France : 0 vraie norme réglementaire, USA : 80 normes réglementaires
  • Nouvelles normes en cours d’études officielles et publiques : France : 0 ( ?), USA : 118
  • Pour les pesticides, par contre, les normes aux USA sont particulièrement élevées.

Au niveau sanitaire, certaines normes françaises ne sont pas strictes, mais au contraire tellement hautes que la santé des consommateurs n’est pas protégée. Exemple : limite de qualité de 10 microg/l (ou 10 µg/l) pour le tétrachloréthylène (si absence de trichloréthylène) alors que l’absence de risque pour la santé imposerait une norme de 0,06 microg/l : 160 FOIS MOINS!

« Les normes sont établies à partir de travaux scientifiques, avec une marge de sécurité importante, afin que vous puissiez boire deux litres d’eau chaque jour durant toute votre vie ». Ces affirmations de VEOLIA sont fausses. Les normes sont établies à partir des limites de détection des appareils de mesures dans les années 1970 pour les pesticides, et pour les solvants chlorés par les mystères des couloirs du parlement européen. En 1997, l’Europe a demandé à des experts scientifiques une proposition de normes pour le tétrachloréthylène et le trichloréthylène. http://ec.europa.eu/health/scientific_committees/environmental_risks/opinions/sctee/old_committee/sctecc_out02_en.htm

Le rapport scientifique a proposé 2 µg/l pour le tétrachloréthylène (PCE) et 3 µg/l pour le trichloréthylène (TCE), avec révision des normes au cas de nouvelles données scientifiques, ce qui est arrivé quelques années plus tard, où la nouvelle norme devrait être de 0,06 µg/l pour le tétrachloréthylène. Ensuite, le parlement a voté une norme de 10 µg/l pour le tétrachloréthylène (si trichloréthylène < 0,5 µg/l). Puis la France a transformé cette norme en une sorte de valeur guide-objectif, qui n’entraine aucune restriction quand elle est dépassée (exemple des usagers et de l’usine Blédina à Villefranche-sur-Saône en février 2009).

Dans les autres pays, quand une norme est visiblement aberrante, elle n’est pas utilisée. Exemple du Canada où la norme pour le trichloréthylène est élevée, les autorisations sanitaires affirment ne jamais utiliser la norme de leur pays, et appliquer les normes et objectifs des USA : logique car les polluants ne changent pas de nature en traversant une frontière.

 « Dépassement d’une norme : vous êtes systématiquement informés par tous les moyens appropriés : affichage en mairie, information dans la presse et alerte téléphonique à votre domicile » Encore une affirmation mensongère. Pendant des années, nous avons eu des dépassements pour le pesticide oxadixyl : aucun affichage en mairie car le maire refusait de s’embêter avec cela.

En février 2009, la « norme » de 10 µg/l a été dépassée pour le tétrachloréthylène + trichloréthylène à Villefranche-sur-Saône : aucun affichage, aucune information dans la presse, aucune information dans le document de la DDASS, aucune information dans le rapport annuel de la CAVIL et de VEOLIA, ni appel téléphonique au domicile ! Au contraire, les autorités ont tout fait pour cacher le dépassement, on ne l’a appris qu’en juin 2010 lors de la publication d’un rapport de la DDASS. Aujourd’hui fin janvier 2011, toujours aucune information dans la presse sur ce dépassement, malgré des communiqués de presse envoyés par certains usagers, des rencontres avec des journalistes. L’agence VEOLIA de Villefranche va-t-elle donc utiliser sa notoriété pour que les usagers soient enfin informés ?

Il n’est jamais trop tard pour tenir ses engagements. VEOLIA « peut contacter 100 000 foyers en moins d’une heure », donc il lui faut donc moins de 20 minutes pour informer les 60 000 usagers concernés par le dépassement du 5 février 2009. Nous verrons le résultat dans une semaine.

29 janvier 2011 Posted by | Eau, Eau Rhône, Eau Villefranche, Tétrachloréthylène | 2 commentaires

Preuves de la pollution de l’eau du Grand Lyon

Depuis des décennies, les autorités disent que l’eau du robinet de Lyon est excellente. La récente campagne de publicité (mensongère) de la Grand’O de Lyon affirme même que l’eau vient directement des glaciers alpins sans passer par le Rhône.

Preuve de la pollution de l’eau distribuée par le tétrachloréthylène :

Extrait de la page 44 du rapport du Grand Lyon de 2006

Avertissement : ce rapport de 2006 est un document public présenté à l’enquête publique de 2010. Nous vous conseillons de le lire dans son intégralité. L’extrait ci-dessus est donné à titre d’information pour convaincre les usagers du grave problème de l’eau du robinet à Lyon.

Cette figure montre l’énormité de la pollution de l’eau du robinet du Grand Lyon. En 2000, pour la nourrice de Charmy, la concentration moyenne en tétrachloréthylène était de 1,2 µg/l (max 4 µg/l). Pour la totalité de la production, cette concentration correspond  à une quantité de 100 kg par an de tétrachloréthylène envoyés aux robinets des usagers. Si on ajoute quelques dizaines de kg de trichloréthylène (TCE), tétrachlorure de carbone, 1,2-dichloroéthane, trichloroéthane, chloroforme …, on atteint 200 kg de solvants chlorés cancérigènes envoyés dans le réseau d’eau potable chaque année. Au total depuis 1964, on peut estimer que plusieurs tonnes de solvants chlorés ont pollué l’eau potable du Grand Lyon.

D’après la figure ci-dessous parue dans la presse, certains puits sont implantés sur d’anciennes décharges de déchets divers. Ils ont été construits à partir de 1958 (Compagnie Générale des Eaux, Veolia) et de 1964 (COURLY, Grand Lyon). La pollution aux solvants chlorés a donc dû être très importante au début, dans les années 60 et 70, plusieurs dizaines de microgramme par litre dans l’eau distribuée. Aujourd’hui la pollution aux solvants chlorés baisse, c’est normal car la plupart des produits toxiques ont déjà été envoyé dans le réseau d’eau potable, et on dilue au maximum avec les bassins d’infiltration de l’eau du Rhône vers les captages. Cette pollution globale aux tétrachloréthylène (PCE), trichloréthylène (TCE), tétrachlorure de carbone, 1,2-dichloroéthane a peut-être fait (ou fera) des morts par cancer parmi les habitants du Grand Lyon.

La pollution continue toujours : 03/12/2009, analyse du contrôle sanitaire à Vénissieux, tétrachloréthylène = 1,1 µg/l aux robinets des usagers

Pour info, il ne s’agit pas du « seuil de détection », mais du seuil de quantification du contrat commercial avec le laboratoire. Avant 1993, ce contrat avait un seuil de 0,1 µg/l. On a donc remonté les seuils pour essayer de cacher la pollution aux solvants chlorés!

Cartes des anciennes décharges

Cette carte a pour origine la version papier de l’article de journal suivant : http://www.tribunedelyon.fr/index.php?actus/societe/24726-lyon-:-menaces-sur-la-nappe-phreatique

Carte des anciennes décharges au milieu des puits de captage d'eau

Preuves de la pollution de l’eau par le tétrachlorure de carbone, le 1,2-dichloroéthane, le trichloréthylène, les pesticides (atrazine)

Extrait de la page 44 de l'avis des hydrogéologues agréés (décembre 2007)

Avertissement : cet avis des hydrogéologues agréés est un document public présenté à l’enquête publique de 2010. Nous vous conseillons de le lire dans son intégralité. L’extrait ci-dessus est donné à titre d’information pour convaincre les usagers du grave problème de l’eau du robinet à Lyon.

Rapport 2006 sur la qualité de l’eau : Tétrachlorure de carbone : 0,1 µg/l. Cette substance est très cancérigène.

Sur un seul puits près de la décharge 1, 78 détections de solvants chlorés entre 1988 et 1999, dont 2 µg/l de tétrachlorure de carbone le 26/11/1991.

Preuve de la pollution de l’eau par les HAP

Rapport 2006 sur la qualité de l’eau : Benzo (a) Pyrène : 0,002 µg/l. Cette substance est très cancérigène.

16/09/2009, analyse du contrôle sanitaire à Lyon, phénanthrène : 0,033 µg/l

03/12/2009, analyse du contrôle sanitaire à Vénissieux, phénanthrène : 0,021 µg/l

Preuve de la pollution de l’eau par les métaux lourds dans un puits situé près de la décharge 1 ci-dessus :

  • mercure : 0,1 µg/l   le 10/08/1989
  • cadmium : 1 µg/l   le 15/02/1995
  • chrome : 10 µg/l   le 08/06/1990

Ces métaux lourds proviennent certainement de l’ancienne décharge de déchets dangereux (1 sur la carte). On n’ose pas imaginer les concentrations en métaux lourds quand les puits ont été mis en service dans les années 60.

Preuve de l’alimentation directe des captages par le fleuve Rhône (et non les glaciers alpins)

Origine de l'eau distribuée dans le Grand Lyon

L’origine de l’eau bue par les lyonnais est claire :

  • Glaciers alpins : 0 %
  • Rhône : 88 %  (somme du Vieux Rhône, des canaux de Miribel et de Jonage et des bassin d’infiltration de l’eau du Rhône)
  • Nappe amont : 12 % (apport de la nappe du couloir de Décines)

16 janvier 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, HAP, Pesticides, Tétrachloréthylène | Un commentaire

Observations lors de l’enquête publique du Grand Lyon

Insuffisances techniques du dossier d’enquête publique sur les périmètres des captages de Crépieux-Charmy. Mauvaise qualité de l’eau du Rhône (90 % de l’eau distribuée)

Comme l’ont noté les hydrogéologues agréés (pages 41 et 42 de leur rapport), l’étude du Grand Lyon est insuffisante. L’étude de la qualité de l’eau du Rhône (page 36 à 38) est honteuse.

46 pesticides ont été détectés dans le Rhône en amont des prises d’eau potable, de nombreux pesticides bien au-dessus de la norme de l’eau potable. 119 polluants au total dans le Rhône. Le filtre sableux naturel, jamais nettoyé, donc dangereux (risque de relargage brusque et violent des toxiques stockés) et inefficace, laisse passer des pesticides dans l’eau distribuée. Les seuils de quantification, extrêmement élevés des analyses présentées dans le dossier, et les produits de dégradation non recherchés, masquent ce fait. Ces mauvaises analyses empêchent de vérifier la norme de 0,5 µg/l pour le total des pesticides. Cette tromperie est la responsabilité des pouvoirs publics car les laboratoires sont tout à fait capables de descendre très bas les seuils de détection (si le Grand Lyon leur demande). Mais si on trouvait des pesticides dans l’eau distribuée, on ne pourrait plus affirmer que l’eau de Lyon est excellente, puis les lyonnais se demanderaient pourquoi une eau qui provient directement des glaciers alpins contient les pesticides déversés dans la plaine de l’Ain et la Dombes : http://www.grandodelyon.org/

 Grave pollution aux solvants chlorés de la nappe de l’est lyonnais (10 % de l’eau distribuée)

Cette pollution est extrêmement importante : jusqu’à 4 µg/l en tétrachloroéthylène en 2000, alors que la norme était de 1 µg/l à l’époque. Il y avait alors une obligation réglementaire d’information des plus d’un million d’usagers sur la pollution, or rien n’a été fait : https://leau.wordpress.com/2008/11/24/les-lyonnais-enfin-informes-sur-les-solvants-chlores/

Cette pollution est connue depuis au moins 1984 par les analyses de la DDASS, et a été cachée aux usagers (directive européenne de 1980 qui fixait la norme à 1 µg/l pour le tétrachloroéthylène). 

Aucune mention de la pollution due aux algues des bassins d’infiltration de l’eau du Rhône vers les puits : cet oubli est grave dans un dossier d’enquête publique

https://leau.wordpress.com/2010/03/27/leau-du-rhone-dans-les-captages-du-grand-lyon/

« La preuve de l’alimentation volontaire de la nappe phréatique, donc des puits de captages d’eau potable, avec l’eau du Rhône (on voit l’ampleur de la tromperie du consommateur quand on lui explique que l’eau du robinet vient d’une rivière souterraine de 800 m3/s en provenance directe des glaciers alpins, sans rapport avec l’eau du Rhône) :

Etude insuffisante pour déterminer les temps de transfert

La modélisation en pages 39 à 40 est insuffisante car les chenaux préférentiels d’écoulement n’ont pas été déterminés et quantifiés (mesures de la vitesse par traçages).

En pages 38 et 39 du rapport des hydrogéologues agréés, la mauvaise qualité du modèle est détaillée (manque de données piézométriques, coefficient d’emmagasinement fixe, pas de temps trop grand, débits réels d’exploitation non mesurés, variation du colmatage des berges…). Ces problèmes vont conduire à une mauvaise définition des périmètres de protection. Des prescriptions vont pénaliser inutilement certains propriétaires de terrains, alors que des terrains vulnérables sur des circulations préférentielles ne vont pas avoir de protections. Cette non-qualité des études est grave car le sujet est la santé de plus d’un million de citoyens.

Qualité de l’eau distribuée

Les multiples analyses présentées dans le dossier sont de mauvaise qualité, pas à cause du laboratoire, mais à cause des pouvoirs publics qui demandent des seuils de quantification extrêmement élevés pour cacher la pollution de l’eau du robinet :

  • Solvants chlorés : Seuil de 500 ng/l pour le tétrachloroéthylène, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 2 ng/l
  • Pesticides. Seuil de 30 ng/l pour l’atrazine, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 6 ng/l. Seuil de 35 ng/l pour le métolachlor, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 8 ng/l. Le métolachlor a atteint 2 fois la norme dans le Rhône, et en plus les produits de dégradation ne sont pas analysés (10 à 100 fois le produit brut).
  • HAP : seuil de 10 ng/l pour le Benzo(a)pyrène alors que le Rhône est très pollué, que la norme est de 10 ng/l et que les laboratoires peuvent donner un seuil de 0,8 ng/l utile pour ce polluant cancérigène à toxicité sans seuil.

Conclusions

La gravité de la situation de l’eau « potable » polluée de Lyon, due à des dizaines d’années d’inaction, de tromperie des usagers et d’une gestion non conforme à l’intérêt des usagers, nécessite des actions immédiates :

  • Information objective des usagers sur la qualité réelle, passée et actuelle, de l’eau distribuée dans le Grand Lyon.
  • Information des usagers sur les conséquences potentielles sur la santé : cancers, malformations des nouveaux nés, stérilité des adultes, pertes des caractères sexuels, nouvelles maladies inconnues qui risquent d’apparaître dues aux nouvelles générations de pesticides…
  • Réalisation des analyses normales : seuils de détection normaux (= beaucoup plus bas) pour les pesticides, recherche de tous les polluants dans l’eau, produits de dégradation des pesticides (Métolachlor…), perturbateurs endocriniens du Rhône.

Concernant le projet d’arrêté préfectoral, je m’oppose à l’article 9 qui prévoie uniquement une chloration pour traiter l’eau. L’eau chlorée donne des cancers (d’après des nombreuses études et la classification du CIRC de Lyon). L’eau ne doit donc pas être chlorée, éventuellement désinfectée par d’autres techniques (UV…). Le chlore sert à masquer le manque d’entretien des réseaux d’eau, entretien non réalisé par les groupes privés. Grenoble, Mulhouse, la plupart des villes d’Allemagne distribuent une eau non chlorée (distribution par des régies qui font leur travail d’entretien).

De manière provisoire, l’eau doit être traitée avec des moyens efficaces pour enlever tous les polluants (solvants chlorés, pesticides du Rhône, perturbateurs endocriniens… ). Les hydrogéologues agréés ont demandé un traitement des eaux polluées en page 44 de leur rapport. Pourquoi cette demande n’est-elle pas reprise dans l’arrêté préfectoral ? Je demande qu’un traitement efficace de l’eau distribuée soit inscrit dans l’arrêté préfectoral, en particulier pour les solvants chlorés comme le demandent les hydrogéologues agréés. Rappel : la norme réglementaire pour le tétrachloréthylène est de 0,06 µg/l d’après le Code de la Santé Publique, article L1321-1. La norme est la plus basse valeur entre l’absence de danger potentiel pour la santé (0,06 µg/l d’après la circulaire du 30 mai 2006 du Ministère de la Santé) et la limité de qualité (inférieur ou égale à 10 µg/l).

 Le champ captant de Crépieux Charmy doit être abandonné, car il est absurde d’alimenter un million d’habitants avec de l’eau aussi polluée. L’eau potable du Grand Lyon (et de tout le département du Rhône) doit venir de zones non polluées et totalement protégées, sans pesticides, sans engrais chimique, sans industries polluantes (dans les Alpes, le Jura ou le massif central). Tout le Sud de France, New-York, Allemagne… sont alimentés de cette manière avec de l’eau d’excellente qualité (vraiment excellente, pas les mensonges actuels de la Grand’O de Lyon). http://www.l-eau.fr/

 Extraits de la Constitution Française : « Chacun a le droit de vivre dans un environnement respectueux de la santé. Toute personne a le droit de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. » Je pense que dans le domaine de l’eau potable à Lyon, ces obligations constitutionnelles ne sont pas respectées : faire boire l’eau quasiment non traitée d’un grand fleuve très pollué à une agglomération d’un million d’habitants est inacceptable. L’alimentation actuelle avec un filtre sableux jamais nettoyé n’est pas conforme au Développement Durable, donc illégale (le respect du Développement Durable est obligation pour les politiques publiques d’après la Constitution Française).

12 janvier 2011 Posted by | Eau, Eau Lyon, Pesticides, Tétrachloréthylène | Un commentaire

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