Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Liste des polluants de l’eau de Villefranche

L’Association Rhône Beaujolais des Usagers de l’Eau (ARBUE) a actualisé la liste des polluants du réseau d’eau de Villefranche-sur-Saône (puits de captage et eau distribuéee) :

http://eaubeaujolais.wordpress.com/liste-des-polluants/

  • 27 pesticides
  • 33 micropolluants
  • 9 métaux lourds ou toxiques
  • Nouveaux polluants de 2011 : dioxine, cyanure, résidu médicamenteux (carbamazepine), perfluorés
  • Nouveaux polluants de 2012 : phtalates (DEHP), dithio carbamates
Publicités

5 janvier 2013 Posted by | Eau Villefranche, Micropolluants, Pesticides, Phtalates, Qualité de l'eau potable, Villefranche-Beaujolais | Laisser un commentaire

Nouvelle dégradation de la qualité de l’eau à Villefranche

Les dernières analyses de l’eau du robinet sont inquiétantes. Après la détection d’un pesticide interdit dans l’eau brute (monuron en mars 2011), un pesticide interdit vient d’être détecté dans l’eau du robinet distribuée aux usagers : 30 ng/l de simazine le 9 juin 2011. Comme pour d’autres analyses proches, une forte suspicion d’un usage illégal de simazine existe. La simazine a été interdite en 2003, et ne peut pas réapparaître sans raison dans l’eau distribuée.

Pour la pollution aux HAP (qui a démarré en 2007 dans l’eau du robinet), un nouveau seuil vient d’être franchi le 2 juillet 2011 avec 4 HAP en même temps détectés dans l’eau distribuée avec une concentration totale 107 ng/l.

En plus, le pesticide présent depuis longtemps ne baisse pas : 82 ng/l d’oxadixyl dans l’eau du robinet le 4 août 2011. Le 2 décembre 2010, la concentration totale en pesticides dans l’eau distribuée avait atteint 154 ng/l.

Le 4 août 2011, la pollution de l’eau du robinet au trichloréthylène a atteint 1 100 ng/l (tétrachloréthylène : 3 700 ng/l). Cette nouvelle pollution est inquiétante car le trichloréthylène est un cancérigène à toxicité sans seuil, une seule molécule dans l’eau du robinet peut causer un cancer, puis la mort d’un usager. De plus, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) vient de reconnaître, officiellement, que le trichloréthylène (TCE) est un produit «cancérigène chez l’humain par toutes les voies d’exposition». Auparavant (1987), le produit était classé comme «cancérigène probable». Le TCE y est aussi reconnu comme pouvant causer des maladies autres que le cancer.

Et toujours, l’efficacité du traitement de l’eau est douteuse, le 9 juin 2011 on avait 40 µg/l ( 40 000 ng/l) d’aluminium et 17 µg/l de manganèse dans l’eau du robinet. La concentration en manganèse de l’eau brute est autour de 50 µg/l (le traitement à l’aluminium sert à enlever le manganèse), donc le gestionnaire privé rajoute dans l’eau plus d’aluminium neurotoxique, qu’il n’enlève de manganèse, oligoélément bon pour la santé. L’année dernière, le président de la CAVIL avait dit qu’il « étudiait » la suppression de l’aluminium, qu’attend-il?

L’évolution du nombre de pesticides détectés lors d’une même analyse dans un puits de captage (P3) montre également la forte dégradation de la qualité de l’eau captée depuis 2008.

Nombre de pesticides dans l'eau du puits 3 à Villefranche

25 octobre 2011 Posted by | Aluminium, Eau, Eau Villefranche, HAP, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Laisser un commentaire

Un pesticide interdit retrouvé dans l’eau de Villefranche

Le 9 mars 2011, deux nouveaux pesticides ont été détectés pour la première fois dans un puits de captage sur la commune de Villefranche-sur-Saône, dont le MONURON.

Or le monuron est désherbant INTERDIT EN FRANCE depuis 1994.

L’évaluation de la toxicité de ce pesticide est inquiétante (extrait d’une thèse universitaire). De toute façon, s’il a été interdit en 1994, c’est qu’il doit être particulièrement toxique.

« Le monuron pourrait de plus présenter des propriétés carcinogènes, mais l’insuffisance des études sur cet aspect n’autorise aucune affirmation. Peu de publications sont disponibles sur la toxicité des métabolites. Toutefois, certains produits potentiels de dégradation sont connus pour leurs risques carcinogènes (dérivés phénoliques, anilines). La mise en évidence de propriétés phytosanitaire supérieure ou égale à celle du pesticide pour certains composés résultant de N-déalkylation entraîne une interrogation quant aux risques pour l’homme [21]. »

Actuellement le monuron est fabriqué en Chine. Or de récentes enquêtes de la presse et de la télévision prouvent des trafics illégaux de pesticides interdits, provenant de Chine et utilisés en France.

D’où vient le monuron trouvé sur la commune de Villefranche-sur-Saône?

Cette molécule n’a jamais été détectée dans la Saône et dans le Nizerand (eau, sédiments, matières en suspension et bryophytes) :

http://eaubeaujolais.wordpress.com/liste-des-polluants/

Ces deux rivières alimentent à 80 % environ l’eau des captages de la CAVIL. Donc le monuron devrait venir des 20 % d’alimentation restante, la nappe phréatique en amont (à l’ouest) du champ captant. La moitié est occupée par la zone industrielle d’Arnas (pas d’utilisation de ce pesticide), et l’autre moitié par les périmètres de protection, qui sont en fait une vaste zone de culture intensive, où les pesticides sont utilisés à tout va.

Epandage de pesticides à l’intérieur des périmètres de protection de Villefranche.

(quand on voit cette photo, on imagine la dose qu’il doit rester dans les légumes vendus à coté dans les grandes surfaces et les marchés locaux : double peine pour les habitants du Beaujolais, eau et légumes aux pesticides)

A l’intérieur des périmètres de protection, on a une vaste zone de culture de céréales au nord (blé-orge et maïs, le monuron n’est pas adapté à ces cultures) et une immense zone de cultures maraîchères au sud. La substance interdite pourrait donc provenir d’une utilisation en maraîchage.

Plantations maraîchères dans le périmètre de protection immédiate des captages (20/06/2011)

Cultures intensives à l'intérieur du périmètre de protection immédiate (15/08/2010)

De plus, le monuron a été quantifié dans le puits n°3 avec une concentration de 30 ng/l. Or le P3 est l’un des puits les moins exposés et les plus protégés des 14 puits du champ captant, car il est l’un des plus éloignés de la Saône et des cultures intensives. Quelle aurait été la pollution du monuron si l’analyse avait été réalisée dans le P4, P6 (arrêté) ou P7 (drains)? Probablement bien plus importante, et supérieure à la norme de 100 ng/l.

Champ captant de Beauregard : implantation du P3 et extension du PPI non respectée

Quand?

En 1994 (date de l’interdiction du monuron), une étude agropédologique complète a été réalisée par la Chambre d’Agriculture du Rhône, sur les activités agricoles à l’intérieur des périmètres de protection. Une liste impressionnante (plusieurs dizaines)  des pesticides maraîchers utilisés dans les périmètres  est donnée. Le monuron n’est pas dans cette liste. Donc le monuron retrouvé en 2011 dans le P3 ne provient pas d’une activité légale avant 1994. Il devrait provenir d’un épandage récent en 2010 ou 2011. De plus, l’absence totale de détection avant 2011 dans tous les milieux suggère une utilisation récente donc illégale.

Les responsabilités du Maire :

  • La distribution de l’eau potable (même s’il y a une communauté, un syndicat ou un exploitant privé, le Maire reste toujours le principal responsable pénal en cas de problème).
  • Protection des captages d’eau potable située sur sa commune (même s’il n’alimente pas sa commune) : ici le P3 est sur la commune de Villefranche-sur-Saône et alimente la même commune.
  • Information sur la qualité de l’eau du robinet : la détection d’un pesticide interdit depuis 17 ans dans un puits de captage d’eau du robinet est une information indispensable pour les usagers et les citoyens. Pourquoi ne pas utiliser le fabuleux procédé vanté par Veolia aux usagers qui permet de « contacter 100 000 foyers en moins d’une heure »?
  • La santé des usagers….

Cette nouvelle pollution fait donc partie des responsabilités du Député-Maire de Villefranche-sur-Saône. Je lui demande d’éclaircir cette affaire, et toutes les autres citées dans ce blog. Comme l’on déjà fait des usagers (mais « classement sans suite »), je lui demande de porter plainte pour toutes les pollutions, et pour cette pollution illégale au monuron. Le minimum serait la réalisation immédiate (tout retard entraîne la disparition des preuves) d’une vraie enquête judiciaire et douanière, avec des analyses du monuron et de ses produits de dégradations (dérivés phénoliques, anilines, composés résultant de N-déalkylation).

Article L1324-4
Modifié par Loi n°2004-806 du 9 août 2004 – art. 70 JORF 11 août 2004

« Le fait de dégrader des ouvrages publics destinés à recevoir ou à conduire  des eaux d’alimentation ou de laisser introduire des matières susceptibles de  nuire à la salubrité, dans l’eau de source, des fontaines, des puits, des  citernes, conduites, aqueducs, réservoirs d’eau servant à l’alimentation  publique, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende. »

Article L1324-3
Modifié par LOI  n°2009-526 du 12 mai 2009 – art. 125

« I.-Est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 Euros d’amende le fait :

De ne pas se conformer aux dispositions relatives à l’interdiction et à la réglementation des activités, travaux, dépôts et installations, dans les périmètres de protection mentionnés aux articles L. 1322-3 à L. 1322-7 ; »

9 octobre 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Monuron, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Un commentaire

Deux nouveaux pesticides dans l’eau de Villefranche (encore et toujours)

Début 2011, 2 nouveaux pesticides ont été détectés dans l’eau de Villefranche-sur-Saône : l’isoproturon et le monuron.

On atteint le nombre de 25 pesticides détectés dans un même réseau d’eau potable (puits et distribution), probablement un triste record mondial.

Liste des 25 pesticides et produits de dégradation de pesticides : atrazine, atrazine-déséthyl, atrazine-déisopropyl, bentazone, dichloropropène-2,3, diuron, terbuthylazine-hydro, métolachlor, oxadixyl, simazine, simazine-hydroxy, tébutame, asulame, 2,6-dichlorobenzamide, linuron, métoxuron, bromacile, 2-hydroxy-atrazine, deisopropyl-déséthyl-atrazine, lenacile, terbuthylazine-déséthyl, carbofuran, chlortoluron,  isoproturon (09/03/2011), monuron (09/03/2011).

Lors de la dernière analyse du 06/07/2011,  il y avait 11 pesticides différents dans l’eau brute,  plus 6 solvants chlorés, plus 8 métaux lourds ou toxiques (dont Plomb dans l’eau brute, Aluminium dans l’eau traitée…). Rappel : 25 solvants chlorés et micropolluants différents ont été détectés dans l’eau de Villefranche, là encore un record.

L’isoproturon est un désherbant des céréales. Le monuron est un pesticide interdit en France depuis 1994 : désherbant sélectif des cultures d’asperges, donc utilisé en maraîchage. La question se pose de l’origine de ces nouveaux pesticides. Viennent-ils des cultures illégales de céréales et de légumes à l’intérieur du périmètre de protection immédiate (PPI) des captages? Ce serait grave pour nos élus (qui ne font rien pour arrêter les déversements de pesticides dans le PPI) et pour les personnes qui utiliseraient des pesticides interdits.

Quelques photos des cultures illégales en 2010 et 2011 dans le PPI : céréales et légumes, qui utilisent justement les nouveaux pesticides détectés en 2011.

https://leau.wordpress.com/2011/06/23/perimetres-de-protection-non-respectes-a-villefranche-encore/

https://leau.wordpress.com/2010/08/29/arrete-prefectoral-non-respecte-et-tromperie-des-usagers/

8 octobre 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Monuron, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Laisser un commentaire

Périmètres de protection non respectés à Villefranche (encore)

En juin 2010, nous avions constaté 5 infractions graves à la réglementation des périmètres de protection de Villefranche-sur-Saône (arrêté préfectoral n°2009-1954 du 25 février 2009). Qu’ont fait depuis, la CAVIL, nos élus pour faire respecter la réglementation : RIEN. Car en juin 2011, ça recommence. Nous avons pris comme preuves de nombreuses photos. En voici quelques-unes.

Plantation illégale de maïs dans le périmètre de protection immédiate des captages de la CAVIL à Arnas (20/06/2011)

Plantation illégale de salades dans le périmètre de protection immédiate des captages de la CAVIL à Villefranche-sur-Saône. Les cultures maraîchères s'étendent à perte de vue en amont. Au fond, on voit les premiers bâtiments de la zone industrielle qui pollue les captages avec des solvants chlorés (20/06/2011)

Epandage de pesticides à l'intérieur des périmètres de protection de Villefranche. En aval, des captages qui alimentent 60 000 personnes et une usine de fabrication d'aliments pour bébés, que font nos "responsables" pour éviter cela?

https://leau.wordpress.com/2010/08/29/arrete-prefectoral-non-respecte-et-tromperie-des-usagers/

23 juin 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Pesticides, Qualité de l'eau potable | 2 commentaires

Evolution de la qualité de l’eau captée à Villefranche (1)

L’eau du robinet de Villefranche est un mélange de plusieurs dizaines de puits de captages. Ces puits, repartis sur des kilomètres, sont pollués de manière différente. Le « traitement de l’eau par mélange » permet de faire disparaître les polluants des analyses, en les faisant passer en dessous du seuil de quantification du laboratoire. Donc, on ne peut pas connaître l’évolution de l’eau captée avec les analyses officielles de l’ARS (ex-DDASS) qui sont toutes (eaux brutes et eaux traitées) faites sur ce mélange. Pour connaître l’évolution de la qualité de la nappe phréatique, les analyses puits par puits sont nécessaires. Elles sont réalisées lors d’études particulières ou par le délégataire. Voici quelques courbes d’évolution de la qualité de l’eau des puits :

Oxadixyl dans le puits 5 de Villefranche

Comme les dépassements de la norme dans l’eau distribuée sont moins nombreux, les autorités disent que la pollution par le pesticide Oxadixyl diminue. La courbe précédente prouve que cela est faux, la pollution a même tendance à augmenter dans le P5. En fait, c’est VEOLIA qui se perfectionne dans l’art du mélange. Les « traitements par mélange » sont faits de manière « scientifique ».

Tétrachloroéthylène dans le puits 5

Idem pour le tétrachloréthylène dans le puits 5 qui augmente de 2005 à 2010, avec une brusque montée en 2008.  L’absence de dépassement de la limite de qualité en 2010 est donc due à l’amélioration de la technique de mélange, et non à l’amélioration de la qualité de l’eau captée.

Nitrates dans le puits 7 à Villefranche

Les nitrates aussi ont tendances à augmenter dans le puits 7.

Conclusion : la qualité de l’eau captée continue de dégrader actuellement. L’inaction des pouvoirs publics depuis 40 ans est la cause de la mauvaise qualité de l’eau du robinet dans le Beaujolais. Le « traitement de l’eau par mélange » augmente la toxicité de l’eau du robinet par effet cocktail, il est donc illégal. Nous demandons à la CAVIL l’arrêt des mélanges d’eau, entre les champs captants de Villefranche et Anse-Ambérieu, et entre les 14 puits de Villefranche-Arnas.

22 juin 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Pesticides, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

Le port de Villefranche pollue notre eau « potable », absence de dérogation…

Malgré le refus de la CAVIL d’accès à un document public (rapport du délégataire VEOLIA 2010), un usager après une journée de « bataille » a réussi à consulter le fameux document le 16 juin. En page 62, on voit que l’eau brute du puits n°4 est toujours supérieure à la norme : 252 mg/l de chlorures, alors que la norme pour les chlorures est de 200 mg/l. Les premières analyses des chlorures datent de 2009, toutes supérieures à la norme d’après le rapport du délégataire 2009 (consulté pour la première fois le 16 juin 2011, depuis juillet 2010 la CAVIL refusait aux usagers la consultation de ce rapport, et n’a fourni au public le rapport annuel « qualité et prix de l’eau » qu’en novembre 2010, rapport « vide » sans les analyses non conformes du puits n°4, rappel : les dates légales de mise à disposition du public, avec affichage obligatoire bien sûr jamais fait par la CAVIL, sont le 15 juin pour le rapport de VEOLIA, et le 15 juillet pour le rapport annuel sur l’eau).

En page 54 du rapport, VEOLIA affirme que la norme des chlorures sur l’eau brute est une « référence de qualité ». Cela est faux, cette norme est une « limite de qualité » (facilement vérifiable dans l’annexe 2 de l’arrêté du 11 janvier 2007). En 2010, nous avons plusieurs fois signalé à la CAVIL ce mensonge de VEOLIA, déjà répété en page 36 du rapport annuel eau 2009. Donc entre le 1 juin 2011 (date légale de fourniture du rapport à la CAVIL) et le 15 juin 2011 (date légale de mise à disposition du public), le rapport aurait dû être corrigé. La CAVIL et VEOLIA ont donc « trompé » les consommateurs d’eau (délit pénal), une « petite tromperie » peut-être, mais si l’on additionne la totalité des « tromperies » et des « tromperies aggravées » sur l’eau de Villefranche depuis quelques dizaines d’années, cela fait beaucoup.

La CAVIL devrait donc faire des demandes de dérogation pour l’ensemble des dépassements des normes : des dizaines de dépassements pour les pesticides depuis 20 ans, des dépassements pour les solvants chlorés, et maintenant pour les chlorures. Tout le monde était persuadé que la CAVIL avait des dérogations officielles pour distribuer de l’eau non conforme. Or une enquête indépendante a été faite, la CAVIL et le SIEOV n’ont jamais demandé, et donc obtenu de dérogation, donc ont distribué illégalement de l’eau non conforme. Nous demandons donc une régularisation de toutes les demandes de dérogation non faites ; pesticides, solvants chlorés et chlorures. Toute demande de dérogation est bien sûr étudiée par les experts, avec les usages de l’eau (usine Blédina avec 500 millions de doses pour biberons fabriqués par an avec cette eau). Cette étude par des experts serait très gênante pour la CAVIL et VEOLIA, donc ils préfèrent distribuer illégalement une eau non conforme en espérant que ça passe et que personne n’agira en justice.

D’où vient la pollution aux chlorures? Comme l’a indiqué un bureau d’étude de la CAVIL en 2009, et comme cela est absolument évident, les activités de négoce de sel du port de la Chambre de Commerce sont à l’origine de la pollution. Des dizaines de milliers de tonnes de sel sont stockés à l’air libre à quelques mètres du canal en liaison avec la Saône, sans aucune protection pour éviter une pollution de l’eau. Depuis la découverte du dépassement de la norme en 2009, des mesures auraient dû être prises pour protéger les captages, où rien n’a été fait. Pire, en mars 2011, le port a été rempli à ras bord de dizaines de milliers de tonnes de sel qui restent depuis cette date à l’air libre (comme il n’a pas neigé, ni gelé en mars 2011). Chaque nouvelle pluie pollue donc la Saône, puis les nappes phréatiques captées pour l’eau potable. Le port stocke également d’autres marchandises, d’énormes tas de nitrate d’ammonium (produit qui a explosé à Toulouse), et a des locaux d’entreprises polluantes (dépollution…), donc peut être aussi à l’origine de la pollution au 112-trichloroéthane. Une extension du port en direction des captages est même prévue par la CCI. Le problème du dépassement de la norme est enterré probablement pour ne pas gêner cette extension.

Stockage de dizaines de milliers de tonnes de sel sans protection qui pollue au-dessus de la norme le captage d'eau potable de Villefranche. Photo du 20 juin 2011 du sel apporté en mars 2011, et qui restera jusqu'à l'hiver 2012 s'il neige, ou bien plus s'il ne neige pas. Un scandale : à chaque pluie, les chlorures vont polluer la Saône et les nappes phréatiques captées pour l'eau potable

Voir également : https://leau.wordpress.com/2010/06/17/nouvelle-pollution-de-leau-a-villefranche-chlorures/

Dans le rapport Eau CAVIL 2009, il est écrit : « Les 3 non-conformités (Référence de qualité) concernent le paramètre Chlorures sur le Puits 4. Une analyse et un suivi plus spécifique de l’évolution de ce paramètre au niveau du champs captant de Beauregard sera réalisé en 2010. » En 2010, une seule analyse a été faite, donc pour la CAVIL « 1 > 3 », comme « 4 m = 1,5 m » pour la chute d’eau du Nizerand. Une nouvelle fois, la CAVIL a trompé les consommateurs d’eau, qui ont cru, en lisant le rapport 2009, que la CAVIL allait s’occuper du dépassement de la norme sur les chlorures.

20 juin 2011 Posted by | Chlorure, Eau, Eau Villefranche | Laisser un commentaire

Origine et date de la pollution aux solvants chlorés de l’eau du robinet de Villefranche

Pour le tétrachloréthylène et le trichloréthylène, identifiés en 1994 comme provenant de la zone industrielle d’Arnas (étude Anjou), la pollution a dû démarrer dans les années 70, période d’installation des usines dans la zone industrielle.
Pour le tétrachlorure de carbone et le trichloroéthane-111, l’étude « Anjou » de 1994 prouve que la pollution provient de l’amont de la voie ferrée, c’est à dire des industries implantées dans la partie nord de la ville de Villefranche-sur-Saône. La pollution est ancienne, peut-être depuis les années 40-50.
Suite à la directive européenne de 1980 fixant des normes pour les solvants chlorés, la première analyse a eu lieu quelques années plus tard à Villefranche. L’eau distribuée à Villefranche était déjà contaminée au-dessus de la valeur guide de 1 microg/l par solvant chloré. Depuis cette première analyse jusqu’à aujourd’hui en 2011, 100 % des analyses de l’eau de Villefranche ont dépassé cette norme.

26 mai 2011 Posted by | Eau Villefranche, Micropolluants, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène | Laisser un commentaire

Nouvelle pollution de l’eau de Villefranche : 112-trichloroéthane

Après la pollution au tétrachloréthylène de février 2009 au-dessus de la limite de qualité, le 3 février 2011, une pollution de 9,4 microg/l de 112-trichloroéthane a été quantifiée dans l’eau distribuée à Villefranche-sur-Saône. Ce solvant chloré n’ayant aucune limite de qualité en France, l’analyse est passée « conforme ».

Cependant pour évaluer le risque pour la santé, on peut voir les normes des autres pays, en particulier des Etats-Unis où des études sanitaires poussées sont réalisées. Au niveau fédéral (de nombreux états ont des normes plus strictes), les normes pour le 112 trichloroéthane sont :

  • 5 microg/l pour la norme fédérale stricte (celle où on interdit la consommation en cas de dépassement?).
  • 3 microg/l pour l’objectif maximal à atteindre

Donc, l’eau distribuée à Villefranche en février 2011 a été dangereuse pour la santé, mais aucune information des usagers n’a eu lieu (comme d’habitude).

Les pollutions au 112-trichloroéthane sont rares en France. Ce produit serait utilisé lors de la fabrication d’adhésifs, de tubes téflon et de laques.

Cette analyse est disponible sur le site : http://orobnat.sante.gouv.fr/orobnat/afficherPage.do?methode=menu&menuniveau1=envir&menuniveau2=eaurob&menuniveau3=dernres&menuniveau4=null&idRegion=82

De plus, en consultant le site précédent du ministère de la santé (orobnat.sante.gouv.fr), j’ai découvert une énormité. L’analyse non conforme de 5 février 2009 a été classée en analyse conforme dans la base de données du ministère de la santé (analyse sur la commune de DENICE). Denice_090205

« Conformité   Conclusions sanitaires  Eau d’alimentation conforme aux normes en vigueur pour l’ensemble des paramètres mesurés. » Alors que juste au-dessus, les analyses montrant la non-conformité sont présentes. Erreur de frappe ?, mais qui arrange les statistiques françaises sur la potabilité de l’eau.

23 mai 2011 Posted by | Eau, Eau Villefranche, Micropolluants, Qualité de l'eau potable, Tétrachloréthylène | Un commentaire

Analyses d’eau potable truquées à Villefranche (1)

En examinant précisément les analyses d’eau potable du contrôle sanitaire à Villefranche-sur-Saône, j’ai découvert des anomalies dans les résultats. Il est clair que le contrôle officiel de l’eau est arrangé pour obtenir un respect des normes, alors que l’eau ne respecte pas les normes au robinet des usagers. Les 2 trucages trouvés sont :

  • Des résultats d’analyses qui disparaissent de la banque de données du ministère de la santé quand le pesticide oxadixyl est très au-dessus de la norme de l’eau potable. Sur les séries d’analyses de 2003 et 2004, cela est clair. Quand les concentrations en oxadixyl sur l’eau brute sont élevées (0,362 µg/l le 9 avril 2003 et 0,212 µg/l  le 10 mars 2003), aucune analyse sur l’eau distribuée n’est dans la base de données. Alors que quand l’eau brute est correcte, les analyses (bien sûr correctes) d’eau distribuée sont présentes.
  • Avant l’arrivée du préleveur d’eau du contrôle sanitaire, on fait fonctionner uniquement les puits peu pollués par l’oxadixyl. L’eau est bonne lors du contrôle, alors que normalement tous les puits fonctionnent et les usagers ont une eau polluée non conforme (il y a parfois des ratés comme en mars et avril 2003, mais on voit que l’exploitant a bien compris après). Sur le champ captant de Villefranche-Arnas, il y a 14 puits étalés sur 1 km, qui sont tous pollués de manière différente, plus une interconnexion sur l’eau brute avec Anse (Syndicat Saône Turbine) qui fonctionne régulièrement car l’eau polluée ne peut pas rester immobile. Il suffit de choisir les puits pompés au moment du contrôle pour avoir une eau conforme (ou de faire marcher l’interconnexion sur l’eau brute).

La preuve est dans l’analyse des chlorures. Les puits fortement pollués en oxadixyl ont une concentration faible en chlorures (< 40 mg/l, puits 5 à 10). Or quand la concentration en chlorure est faible, il n’y a aucune analyse d’oxadixyl sur l’eau distribuée dans la base de données du ministère de la santé (les analyses ont dû être faites, car comme elles étaient très au-dessus des normes, elles ont disparu). Quand la concentration en chlorures est élevée (on a fait fonctionner uniquement les « bons » puits avant le contrôle, puits 1 à 4), les analyses d’eau distribuée (bien sûr correctes) sont présentes dans la base de données.

Justifications : Analyses_CAVIL_MCA_TTP _2003

Ensuite dans les analyses de 2004- 2005, on observe toujours la même corrélation entre les concentrations en oxadixyl et en chlorures, c’est à dire que l’on choisit les puits pompés avant le contrôle pour obtenir de « bonnes analyses ».

En 2003-2004, sur toute une série de d’analyses « conformes », on a une concentration moyenne en chlorures de 54 mg/l, alors que 9 puits (sur 14) ont une concentration inférieure à 30 mg/l. Il y a plus qu’une ANOMALIE!

De plus, certains puits peu pollués en oxadixyl (puits 1 à 3) ont aussi une faible pollution en solvants chlorés (somme PCE + TCE < 10) et en nitrates (< 40 mg/l). En choissisant les « bons puits », on améliore aussi le contrôle sur les solvants chlorés et les nitrates.

Dépassements "officiels" en pesticides sur l'eau distribuée à Villefranche (1998-2007)

La figure officielle précédente est truquée. On voit bien des « trous » sans analyses, en particulier début 2003. Dans la réalité, les dépassements de la norme des pesticides sont permanents et bien plus importants : plus de 0,3 µg/l en avril 2003, 3 fois la norme de l’eau potable. Depuis des mois, les usagers demandent à la CAVIL où sont les dérogations pour permettre de distribuer une eau non conforme à 60 000 usagers et à l’usine Blédina, aucune réponse écrite pour l’instant. Seule réponse orale du Président de la CAVIL : ce ne sont que des « petits dépassements » sans importance.

19 février 2011 Posted by | Eau, Eau Rhône, Eau Villefranche, Pesticides, Qualité de l'eau potable | Un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :