Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Le port de Villefranche pollue notre eau « potable », absence de dérogation…

Malgré le refus de la CAVIL d’accès à un document public (rapport du délégataire VEOLIA 2010), un usager après une journée de « bataille » a réussi à consulter le fameux document le 16 juin. En page 62, on voit que l’eau brute du puits n°4 est toujours supérieure à la norme : 252 mg/l de chlorures, alors que la norme pour les chlorures est de 200 mg/l. Les premières analyses des chlorures datent de 2009, toutes supérieures à la norme d’après le rapport du délégataire 2009 (consulté pour la première fois le 16 juin 2011, depuis juillet 2010 la CAVIL refusait aux usagers la consultation de ce rapport, et n’a fourni au public le rapport annuel « qualité et prix de l’eau » qu’en novembre 2010, rapport « vide » sans les analyses non conformes du puits n°4, rappel : les dates légales de mise à disposition du public, avec affichage obligatoire bien sûr jamais fait par la CAVIL, sont le 15 juin pour le rapport de VEOLIA, et le 15 juillet pour le rapport annuel sur l’eau).

En page 54 du rapport, VEOLIA affirme que la norme des chlorures sur l’eau brute est une « référence de qualité ». Cela est faux, cette norme est une « limite de qualité » (facilement vérifiable dans l’annexe 2 de l’arrêté du 11 janvier 2007). En 2010, nous avons plusieurs fois signalé à la CAVIL ce mensonge de VEOLIA, déjà répété en page 36 du rapport annuel eau 2009. Donc entre le 1 juin 2011 (date légale de fourniture du rapport à la CAVIL) et le 15 juin 2011 (date légale de mise à disposition du public), le rapport aurait dû être corrigé. La CAVIL et VEOLIA ont donc « trompé » les consommateurs d’eau (délit pénal), une « petite tromperie » peut-être, mais si l’on additionne la totalité des « tromperies » et des « tromperies aggravées » sur l’eau de Villefranche depuis quelques dizaines d’années, cela fait beaucoup.

La CAVIL devrait donc faire des demandes de dérogation pour l’ensemble des dépassements des normes : des dizaines de dépassements pour les pesticides depuis 20 ans, des dépassements pour les solvants chlorés, et maintenant pour les chlorures. Tout le monde était persuadé que la CAVIL avait des dérogations officielles pour distribuer de l’eau non conforme. Or une enquête indépendante a été faite, la CAVIL et le SIEOV n’ont jamais demandé, et donc obtenu de dérogation, donc ont distribué illégalement de l’eau non conforme. Nous demandons donc une régularisation de toutes les demandes de dérogation non faites ; pesticides, solvants chlorés et chlorures. Toute demande de dérogation est bien sûr étudiée par les experts, avec les usages de l’eau (usine Blédina avec 500 millions de doses pour biberons fabriqués par an avec cette eau). Cette étude par des experts serait très gênante pour la CAVIL et VEOLIA, donc ils préfèrent distribuer illégalement une eau non conforme en espérant que ça passe et que personne n’agira en justice.

D’où vient la pollution aux chlorures? Comme l’a indiqué un bureau d’étude de la CAVIL en 2009, et comme cela est absolument évident, les activités de négoce de sel du port de la Chambre de Commerce sont à l’origine de la pollution. Des dizaines de milliers de tonnes de sel sont stockés à l’air libre à quelques mètres du canal en liaison avec la Saône, sans aucune protection pour éviter une pollution de l’eau. Depuis la découverte du dépassement de la norme en 2009, des mesures auraient dû être prises pour protéger les captages, où rien n’a été fait. Pire, en mars 2011, le port a été rempli à ras bord de dizaines de milliers de tonnes de sel qui restent depuis cette date à l’air libre (comme il n’a pas neigé, ni gelé en mars 2011). Chaque nouvelle pluie pollue donc la Saône, puis les nappes phréatiques captées pour l’eau potable. Le port stocke également d’autres marchandises, d’énormes tas de nitrate d’ammonium (produit qui a explosé à Toulouse), et a des locaux d’entreprises polluantes (dépollution…), donc peut être aussi à l’origine de la pollution au 112-trichloroéthane. Une extension du port en direction des captages est même prévue par la CCI. Le problème du dépassement de la norme est enterré probablement pour ne pas gêner cette extension.

Stockage de dizaines de milliers de tonnes de sel sans protection qui pollue au-dessus de la norme le captage d'eau potable de Villefranche. Photo du 20 juin 2011 du sel apporté en mars 2011, et qui restera jusqu'à l'hiver 2012 s'il neige, ou bien plus s'il ne neige pas. Un scandale : à chaque pluie, les chlorures vont polluer la Saône et les nappes phréatiques captées pour l'eau potable

Voir également : https://leau.wordpress.com/2010/06/17/nouvelle-pollution-de-leau-a-villefranche-chlorures/

Dans le rapport Eau CAVIL 2009, il est écrit : « Les 3 non-conformités (Référence de qualité) concernent le paramètre Chlorures sur le Puits 4. Une analyse et un suivi plus spécifique de l’évolution de ce paramètre au niveau du champs captant de Beauregard sera réalisé en 2010. » En 2010, une seule analyse a été faite, donc pour la CAVIL « 1 > 3 », comme « 4 m = 1,5 m » pour la chute d’eau du Nizerand. Une nouvelle fois, la CAVIL a trompé les consommateurs d’eau, qui ont cru, en lisant le rapport 2009, que la CAVIL allait s’occuper du dépassement de la norme sur les chlorures.

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20 juin 2011 - Posted by | Chlorure, Eau, Eau Villefranche

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