Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Analyses d’eau potable truquées à Villefranche (1)

En examinant précisément les analyses d’eau potable du contrôle sanitaire à Villefranche-sur-Saône, j’ai découvert des anomalies dans les résultats. Il est clair que le contrôle officiel de l’eau est arrangé pour obtenir un respect des normes, alors que l’eau ne respecte pas les normes au robinet des usagers. Les 2 trucages trouvés sont :

  • Des résultats d’analyses qui disparaissent de la banque de données du ministère de la santé quand le pesticide oxadixyl est très au-dessus de la norme de l’eau potable. Sur les séries d’analyses de 2003 et 2004, cela est clair. Quand les concentrations en oxadixyl sur l’eau brute sont élevées (0,362 µg/l le 9 avril 2003 et 0,212 µg/l  le 10 mars 2003), aucune analyse sur l’eau distribuée n’est dans la base de données. Alors que quand l’eau brute est correcte, les analyses (bien sûr correctes) d’eau distribuée sont présentes.
  • Avant l’arrivée du préleveur d’eau du contrôle sanitaire, on fait fonctionner uniquement les puits peu pollués par l’oxadixyl. L’eau est bonne lors du contrôle, alors que normalement tous les puits fonctionnent et les usagers ont une eau polluée non conforme (il y a parfois des ratés comme en mars et avril 2003, mais on voit que l’exploitant a bien compris après). Sur le champ captant de Villefranche-Arnas, il y a 14 puits étalés sur 1 km, qui sont tous pollués de manière différente, plus une interconnexion sur l’eau brute avec Anse (Syndicat Saône Turbine) qui fonctionne régulièrement car l’eau polluée ne peut pas rester immobile. Il suffit de choisir les puits pompés au moment du contrôle pour avoir une eau conforme (ou de faire marcher l’interconnexion sur l’eau brute).

La preuve est dans l’analyse des chlorures. Les puits fortement pollués en oxadixyl ont une concentration faible en chlorures (< 40 mg/l, puits 5 à 10). Or quand la concentration en chlorure est faible, il n’y a aucune analyse d’oxadixyl sur l’eau distribuée dans la base de données du ministère de la santé (les analyses ont dû être faites, car comme elles étaient très au-dessus des normes, elles ont disparu). Quand la concentration en chlorures est élevée (on a fait fonctionner uniquement les « bons » puits avant le contrôle, puits 1 à 4), les analyses d’eau distribuée (bien sûr correctes) sont présentes dans la base de données.

Justifications : Analyses_CAVIL_MCA_TTP _2003

Ensuite dans les analyses de 2004- 2005, on observe toujours la même corrélation entre les concentrations en oxadixyl et en chlorures, c’est à dire que l’on choisit les puits pompés avant le contrôle pour obtenir de « bonnes analyses ».

En 2003-2004, sur toute une série de d’analyses « conformes », on a une concentration moyenne en chlorures de 54 mg/l, alors que 9 puits (sur 14) ont une concentration inférieure à 30 mg/l. Il y a plus qu’une ANOMALIE!

De plus, certains puits peu pollués en oxadixyl (puits 1 à 3) ont aussi une faible pollution en solvants chlorés (somme PCE + TCE < 10) et en nitrates (< 40 mg/l). En choissisant les « bons puits », on améliore aussi le contrôle sur les solvants chlorés et les nitrates.

Dépassements "officiels" en pesticides sur l'eau distribuée à Villefranche (1998-2007)

La figure officielle précédente est truquée. On voit bien des « trous » sans analyses, en particulier début 2003. Dans la réalité, les dépassements de la norme des pesticides sont permanents et bien plus importants : plus de 0,3 µg/l en avril 2003, 3 fois la norme de l’eau potable. Depuis des mois, les usagers demandent à la CAVIL où sont les dérogations pour permettre de distribuer une eau non conforme à 60 000 usagers et à l’usine Blédina, aucune réponse écrite pour l’instant. Seule réponse orale du Président de la CAVIL : ce ne sont que des « petits dépassements » sans importance.

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19 février 2011 - Posted by | Eau, Eau Rhône, Eau Villefranche, Pesticides, Qualité de l'eau potable

Un commentaire »

  1. Je profite de cet article pour faire un rappel à propos des analyses :

    http://www.igepac.com/article-eau-de-lyon-bron-analyse-des-resultats-d-un-controle-sanitaire-67503793.html

    Si toutes les analyses se faisaient  » normalement  » du point de vue du consommateur, c’est-à-dire lorsque la pollution est maximale, il faudrait fermer de nombreuses ressources.

    Les eaux du robinet sont souvent potables mais non buvables ! Ce n’est qu’un constat.

    Merci à Bruno pour ses nombreuses investigations et informations.

    Pierre

    Commentaire par igepac | 21 février 2011 | Réponse


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