Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Preuves des décharges au milieu des captages d’eau de Lyon (1)

Dans un reportage sur France 3 diffusé le 10 janvier 2011, une responsable de la Direction de l’Eau du Grand Lyon a affirmé : 

« Il n’y a pas de décharge existant sur le site, et donc pas de pollution aujourd’hui au niveau de la qualité des eaux qui sont produites et distribuées qui sortent de Crépieux Charmy. »

http://rhone-alpes.france3.fr/info/grand-lyon/grand-lyon—menaces-sur-la-nappe-phreatique–66749810.html?onglet=videos

Donc les habitants de Vaulx-en-Velin, qui ont vu pendant 30 ans le site de Crépieux Charmy être une gigantesque décharge,  sont des menteurs ; les journalistes de la Tribune de Lyon et du Progrès pas très sérieux d’avoir publié des articles sur ces décharges ; et les commissaires enquêteurs n’ont pas fait correctement leur travail.

http://www.tribunedelyon.fr/index.php?actus/societe/24726-lyon-:-menaces-sur-la-nappe-phreatique

Pour trancher, il faut des preuves. Difficile car les visites sur le site sont interdites à cause de la peur des terroristes. Mais en recherchant dans la base de données Infoterre du BRGM, des preuves ont été trouvées.

Ci-dessous des coupes de sondages réalisés en 1971 au centre des puits de Charmy. Les captages d’eau forment un cercle autour de l’ancienne décharge, donc l’intégralité de la pollution de la décharge  se retrouve (s’est retrouvé) dans l’eau du robinet des lyonnais (au début seulement dans la banlieue de Lyon).

Centre de Charmy : Coupe d'un sondage dans une ancienne décharge

Charmy : autre sondage dans une décharge

Un habitant de Vaulx-en-Velin a tout vu. Le site de Charmy a été exploité pour l’extraction des graviers et du sable au début des années 1950. Juste après l’extraction, toutes ces carrières étaient remblayées de déchets divers : industriels (fûts de 200 litres plein de polluants), ménagers (ordures), démolition… Il se souvient bien de la décharge de Charmy, car les déchets industriels d’une usine de fabrication de peinture de Villeurbanne (Galia Color ?) étaient jetés dans la carrière. L’eau au fond de la carrière-décharge avait une drôle de couleur et d’odeur. A cet endroit, la nappe phréatique est donc polluée par des solvants hydrocarbonés, des solvants chlorés et des métaux lourds (plomb…). En 1971, les sondages ont touché ces déchets industriels, car l’argile n’est pas « bleue ». Le bleu, le jaune, c’est la pollution industrielle, la peinture. Il se souvient également que les déchets (os, carcasses, abats) d’un gros charcutier de Lyon (Fonbonne) étaient jetés dans cette décharge.

En dessous, il y a des « débris de toutes natures » ???

En 1957, après la fin du remplissage des décharges, la Société des Eaux de la banlieue de Lyon (devenue Compagnie Générale des Eaux, puis VEOLIA) a pris 20 hectares du site, puis 20 autres hectares, pour forer des puits de captages d’eau. On n’ose pas imaginer la quantité de solvants chlorés dans l’eau du robinet dans les années 50, 60 et 70 (à cette époque, les solvants chlorés n’étaient jamais analysés, les premières analyses montant la pollution de l’eau captée à Crépieux Charmy datent des années 80).

Le plan suivant montre qu’en 1963, il restait une ancienne petite carrière au centre de Charmy (comblée ensuite avec des déchets).

Preuve d'une ancienne carrière en 1963 (26 et 31 sont les puits les plus au sud de Charmy, actuellement toujours fortement pollués par les solvants chlorés)

Sur Crépieux, ce n’est guère mieux. En 1979, la COURLY (devenue Grand Lyon aujourd’hui) a creusé toute une série de puits de captage d’eau dans une ancienne carrière remblayée en décharge. Cette grande décharge de 60 000 m2 ou  6 hectares est située au lieu-dit la Saulée sur la carte IGN. Il y a des dizaines de coupes de creusements des puits prouvant cela. En voici quelques-unes ci-dessous.

Puits F12 creusé dans une décharge de 4,3 m de profondeur en 1979

Puits F10 creusé en 1979 dans une décharge de 4,1 m de profondeur à Crépieux

Il ne s’agit là que d’un début des preuves des décharges à l’intérieur du site de Crépieux Charmy (= à l’intérieur du périmètre de protection immédiate). La suite dans un prochain message (vous verrez l’inconcevable!).

En conclusion : comment, en une phrase, on peut dire 2 énormes mensonges (pour les preuves de la pollution de l’eau distribuée à Lyon voir : https://leau.wordpress.com/2011/01/16/preuves-de-la-pollution-de-leau-du-grand-lyon/).

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5 février 2011 - Posted by | Eau, Eau Lyon, Eau Rhône, Tétrachloréthylène

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