Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Observations lors de l’enquête publique du Grand Lyon

Insuffisances techniques du dossier d’enquête publique sur les périmètres des captages de Crépieux-Charmy. Mauvaise qualité de l’eau du Rhône (90 % de l’eau distribuée)

Comme l’ont noté les hydrogéologues agréés (pages 41 et 42 de leur rapport), l’étude du Grand Lyon est insuffisante. L’étude de la qualité de l’eau du Rhône (page 36 à 38) est honteuse.

46 pesticides ont été détectés dans le Rhône en amont des prises d’eau potable, de nombreux pesticides bien au-dessus de la norme de l’eau potable. 119 polluants au total dans le Rhône. Le filtre sableux naturel, jamais nettoyé, donc dangereux (risque de relargage brusque et violent des toxiques stockés) et inefficace, laisse passer des pesticides dans l’eau distribuée. Les seuils de quantification, extrêmement élevés des analyses présentées dans le dossier, et les produits de dégradation non recherchés, masquent ce fait. Ces mauvaises analyses empêchent de vérifier la norme de 0,5 µg/l pour le total des pesticides. Cette tromperie est la responsabilité des pouvoirs publics car les laboratoires sont tout à fait capables de descendre très bas les seuils de détection (si le Grand Lyon leur demande). Mais si on trouvait des pesticides dans l’eau distribuée, on ne pourrait plus affirmer que l’eau de Lyon est excellente, puis les lyonnais se demanderaient pourquoi une eau qui provient directement des glaciers alpins contient les pesticides déversés dans la plaine de l’Ain et la Dombes : http://www.grandodelyon.org/

 Grave pollution aux solvants chlorés de la nappe de l’est lyonnais (10 % de l’eau distribuée)

Cette pollution est extrêmement importante : jusqu’à 4 µg/l en tétrachloroéthylène en 2000, alors que la norme était de 1 µg/l à l’époque. Il y avait alors une obligation réglementaire d’information des plus d’un million d’usagers sur la pollution, or rien n’a été fait : https://leau.wordpress.com/2008/11/24/les-lyonnais-enfin-informes-sur-les-solvants-chlores/

Cette pollution est connue depuis au moins 1984 par les analyses de la DDASS, et a été cachée aux usagers (directive européenne de 1980 qui fixait la norme à 1 µg/l pour le tétrachloroéthylène). 

Aucune mention de la pollution due aux algues des bassins d’infiltration de l’eau du Rhône vers les puits : cet oubli est grave dans un dossier d’enquête publique

https://leau.wordpress.com/2010/03/27/leau-du-rhone-dans-les-captages-du-grand-lyon/

« La preuve de l’alimentation volontaire de la nappe phréatique, donc des puits de captages d’eau potable, avec l’eau du Rhône (on voit l’ampleur de la tromperie du consommateur quand on lui explique que l’eau du robinet vient d’une rivière souterraine de 800 m3/s en provenance directe des glaciers alpins, sans rapport avec l’eau du Rhône) :

Etude insuffisante pour déterminer les temps de transfert

La modélisation en pages 39 à 40 est insuffisante car les chenaux préférentiels d’écoulement n’ont pas été déterminés et quantifiés (mesures de la vitesse par traçages).

En pages 38 et 39 du rapport des hydrogéologues agréés, la mauvaise qualité du modèle est détaillée (manque de données piézométriques, coefficient d’emmagasinement fixe, pas de temps trop grand, débits réels d’exploitation non mesurés, variation du colmatage des berges…). Ces problèmes vont conduire à une mauvaise définition des périmètres de protection. Des prescriptions vont pénaliser inutilement certains propriétaires de terrains, alors que des terrains vulnérables sur des circulations préférentielles ne vont pas avoir de protections. Cette non-qualité des études est grave car le sujet est la santé de plus d’un million de citoyens.

Qualité de l’eau distribuée

Les multiples analyses présentées dans le dossier sont de mauvaise qualité, pas à cause du laboratoire, mais à cause des pouvoirs publics qui demandent des seuils de quantification extrêmement élevés pour cacher la pollution de l’eau du robinet :

  • Solvants chlorés : Seuil de 500 ng/l pour le tétrachloroéthylène, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 2 ng/l
  • Pesticides. Seuil de 30 ng/l pour l’atrazine, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 6 ng/l. Seuil de 35 ng/l pour le métolachlor, alors que les laboratoires sont capables de descendre à 8 ng/l. Le métolachlor a atteint 2 fois la norme dans le Rhône, et en plus les produits de dégradation ne sont pas analysés (10 à 100 fois le produit brut).
  • HAP : seuil de 10 ng/l pour le Benzo(a)pyrène alors que le Rhône est très pollué, que la norme est de 10 ng/l et que les laboratoires peuvent donner un seuil de 0,8 ng/l utile pour ce polluant cancérigène à toxicité sans seuil.

Conclusions

La gravité de la situation de l’eau « potable » polluée de Lyon, due à des dizaines d’années d’inaction, de tromperie des usagers et d’une gestion non conforme à l’intérêt des usagers, nécessite des actions immédiates :

  • Information objective des usagers sur la qualité réelle, passée et actuelle, de l’eau distribuée dans le Grand Lyon.
  • Information des usagers sur les conséquences potentielles sur la santé : cancers, malformations des nouveaux nés, stérilité des adultes, pertes des caractères sexuels, nouvelles maladies inconnues qui risquent d’apparaître dues aux nouvelles générations de pesticides…
  • Réalisation des analyses normales : seuils de détection normaux (= beaucoup plus bas) pour les pesticides, recherche de tous les polluants dans l’eau, produits de dégradation des pesticides (Métolachlor…), perturbateurs endocriniens du Rhône.

Concernant le projet d’arrêté préfectoral, je m’oppose à l’article 9 qui prévoie uniquement une chloration pour traiter l’eau. L’eau chlorée donne des cancers (d’après des nombreuses études et la classification du CIRC de Lyon). L’eau ne doit donc pas être chlorée, éventuellement désinfectée par d’autres techniques (UV…). Le chlore sert à masquer le manque d’entretien des réseaux d’eau, entretien non réalisé par les groupes privés. Grenoble, Mulhouse, la plupart des villes d’Allemagne distribuent une eau non chlorée (distribution par des régies qui font leur travail d’entretien).

De manière provisoire, l’eau doit être traitée avec des moyens efficaces pour enlever tous les polluants (solvants chlorés, pesticides du Rhône, perturbateurs endocriniens… ). Les hydrogéologues agréés ont demandé un traitement des eaux polluées en page 44 de leur rapport. Pourquoi cette demande n’est-elle pas reprise dans l’arrêté préfectoral ? Je demande qu’un traitement efficace de l’eau distribuée soit inscrit dans l’arrêté préfectoral, en particulier pour les solvants chlorés comme le demandent les hydrogéologues agréés. Rappel : la norme réglementaire pour le tétrachloréthylène est de 0,06 µg/l d’après le Code de la Santé Publique, article L1321-1. La norme est la plus basse valeur entre l’absence de danger potentiel pour la santé (0,06 µg/l d’après la circulaire du 30 mai 2006 du Ministère de la Santé) et la limité de qualité (inférieur ou égale à 10 µg/l).

 Le champ captant de Crépieux Charmy doit être abandonné, car il est absurde d’alimenter un million d’habitants avec de l’eau aussi polluée. L’eau potable du Grand Lyon (et de tout le département du Rhône) doit venir de zones non polluées et totalement protégées, sans pesticides, sans engrais chimique, sans industries polluantes (dans les Alpes, le Jura ou le massif central). Tout le Sud de France, New-York, Allemagne… sont alimentés de cette manière avec de l’eau d’excellente qualité (vraiment excellente, pas les mensonges actuels de la Grand’O de Lyon). http://www.l-eau.fr/

 Extraits de la Constitution Française : « Chacun a le droit de vivre dans un environnement respectueux de la santé. Toute personne a le droit de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. » Je pense que dans le domaine de l’eau potable à Lyon, ces obligations constitutionnelles ne sont pas respectées : faire boire l’eau quasiment non traitée d’un grand fleuve très pollué à une agglomération d’un million d’habitants est inacceptable. L’alimentation actuelle avec un filtre sableux jamais nettoyé n’est pas conforme au Développement Durable, donc illégale (le respect du Développement Durable est obligation pour les politiques publiques d’après la Constitution Française).

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12 janvier 2011 - Posted by | Eau, Eau Lyon, Pesticides, Tétrachloréthylène

Un commentaire »

  1. Pourquoi les grandes villes comme Lyon, Paris, …, ne veulent-elles pas avouer que l’eau du robinet ne peut plus être exempte de polluants. Paris conseille de l’eau pour les biberons avec plus de 35 mg/l de nitrates !!!

    Bon courage. A force de répèter, nos élus seront peut être, un jour, plus conscient de leurs responsabilités.

    Commentaire par igepac | 14 janvier 2011 | Réponse


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