Qualité de l’eau dans le Rhône

Pour une gestion de l’eau dans l’intérêt des usagers

Pollution des captages d’eau potable de Villefranche-sur-Saône

Quelques chiffres donnent une idée de l’ampleur de la pollution. Depuis 20 ans, 400 kg de solvants industriels ont été injectés dans le réseau d’eau « potable ». En 2006, 16 kg de tétrachloréthylène et 40 kg de solvants vont être distribués aux usagers. Comment certaines personnes peuvent-elles encore dire qu’il n’y a aucun problème ?  

La présence d’un produit de dégradation du tétrachloréthylène–trichloréthylène (cis -1,2-Dichloroéthylène) et la présence de solvants interdits d’utilisation aujourd’hui (trichloroéthane, tétrachlorure de carbone, trichlorotrifluoéthane…) montrent que les déversements des solvants dans la nappe datent de plusieurs années. Or les concentrations en solvants continuent d’augmenter dans l’eau potable chaque année depuis 20 ans. La quantité de polluants déversés dans la nappe peut donc être estimée à plus d’une tonne, probablement plusieurs tonnes de solvants. Seule une grosse industrie, ou un centre où transitaient des corps creux souillés (fûts métalliques ou bidons), peut être à l’origine d’une pollution aussi importante.  

L’étude de la DDASS de 1996 prouve que les solvants chlorés proviennent de la zone industrielle d’Arnas (d’après plusieurs dizaines d’analyses sur les puits dans et autour du champ captant). Dans des nappes similaires, les vitesses de l’eau mesurées par traçage varient de 500 m/j à quelques mètres par jour, soit des temps de transfert de 3 jours à 2 ans. Un temps de transfert de 6 mois entre la zone industrielle et les captages est une première estimation. 

D’après le site internet BASOL, le seul endroit, où a été découvert des sols pollués aux solvants chlorés dans la zone industrielle, est le site n° 69 139 où 25 kg de chlorobenzènes ont été évacués en 2005. Le site est actuellement exploité par la société X, mais la pollution des sols est ancienne, avant 2002 date de l’inspection de la Drire qui a découvert les sols pollués. Avant 2001, le site était occupé par les sociétés X (partie sud où ont été découverts les sols pollués aux solvants) et X (partie nord sans sols pollués). D’après l’étude d’X de 1994, les activités sont « Récupération de métaux ferreux et non-ferreux » pour X et « Dépôt de bennes d’OM. et de déchets verts » pour X. La consultation à la Préfecture des études menées sur le site BASOL 69 139 montre des investigations insuffisantes : une seule analyse des solvants chlorés dans les sols sur un site de 9 000 m2 ; échantillon choisi à cause de la couleur et l’odeur du sol, alors que les études suivantes ont montré que c’était une erreur ; piézomètres de surveillance de la nappe mal implantés et mal conçus pour les solvants chlorés plus lourds que l’eau ; aucune analyse des chlorobenzènes dans les captages d’eau potable en aval alors que c’est obligatoire pour une Evaluation Simplifiée des Risques (s’il n’existe pas d’analyses précédentes). Après le déversement des chlorobenzènes sur le site 69 139 dans les années 80 ou 90, l’eau potable a pu être contaminée, mais aucune analyse de chlorobenzènes n’est été réalisée à ce moment. 

En bordure de la Saône et au nord des captages, les polluants s’accumulent à cause de la faible perméabilité des berges de la Saône (100 mg/l de nitrates). En l’absence des puits de captage, la concentration en solvants chlorés de la nappe dépasserait 1 000 µg/l. Nos captages sont donc de véritables ouvrages de dépollution de la nappe phréatique de la Saône. En payant notre facture d’eau, nous payons la dépollution pour le compte du pollueur. Sans les captages, le pollueur aurait des ennuis avec l’administration, on lui demanderait de réaliser une couteuse dépollution de la nappe de la Saône. Où est le principe du pollueur-payeur ? 

Nous rappelons que :

  •  Les premières analyses montrant la pollution aux solvants chlorés des captages d’eau datent du milieu, ou de la fin, des années 80.
  •  Depuis 10 ans, des associations, des particuliers ne cessent d’attirer l’attention des responsables de la distribution d’eau sur le problème des solvants chlorés.
  • Une lettre dénonçant la présence anormale de ce produit cancérigène dans l’eau « potable » avait déjà été envoyée à la mairie de Lacenas le 5 décembre 1999, suite à l’analyse du 22 juin de l’eau du robinet de l’école de Lacenas montrant une concentration de tétrachloréthylène de 1,2 µg/l.
  • En l’absence totale d’information sur la qualité de l’eau à Lacenas, nous sommes obligés de payer nous-mêmes des analyses.
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10 janvier 2007 - Posted by | Eau, Eau Villefranche

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