Plus d’un million d’habitants du département du Rhône boivent l’eau en provenance du champ captant de Crépieux-Charmy, alimenté principalement par l’eau du fleuve Rhône. L’eau distribuée est brute sans aucun traitement (à part l’ajout de chlore). En 2006, d’après les rapports du Grand Lyon, 93 % de l’eau du Grand Lyon provenait de Crépieux-Charmy, soit 1 100 000 habitants consommant une eau en provenance du fleuve Rhône.
La qualité de l’eau du Grand Lyon est donc dépendante de l’eau du Rhône. La station de mesure de la qualité la plus proche est située au pont de Jons. Voici la (longue) liste des pesticides détectés dans le Rhône par les analyses officielles du réseau européen RCS-RCO (Réseau de Contrôle de Surveillance et Réseau de Contrôle Opérationnel).
Alachlore : max 0,06 µg/l le 16/05/1997, produits de dégradation non analysés (10 à 100 fois le produit brut)
Acétochlore : traces le 03/06/2008, produits de dégradation non analysés (10 à 100 fois le produit brut)
Aminotriazole : nombreuses détections, max 0,59 µg/l le 04/03/2008, 6 fois la norme de l’eau potable
AMPA (produit de dégradation du glyphosate) : nombreuses détections, max 0,51 µg/l le 14/12/2004, 5 fois la norme de l’eau potable
Anthraquinone : 0,07 µg/l le 19/11/2003
Atrazine déséthyl (produit de dégradation de l’atrazine) : 0,17 µg/l le 13/03/2002
Atrazine : 1,4 µg/l le 19/06/2001, 14 fois la norme de l’eau potable
Carbendazime : nombreuses détections, max 0,34 µg/l le 02/06/2005, 3 fois la norme de l’eau potable
Carbofuran : max 0,02 µg/l le 23/05/2007
Chlortoluron : 0,05 µg/l le 14/11/2001
Cyprodinil : 0,18 µg/l le 11/12/2001
Diclofop méthyl : 0,59 µg/l le 18/08/1999, 6 fois la norme de l’eau potable
Diméthénamide : 0,05 µg/l
Diuron : 0,05 µg/l
Ethofumésate : 0,11 µg/l
Glyphosate : max 0,56 µg/l, 6 fois la norme de l’eau potable
HCH gamma : 0,02 µg/l
Isoproturon : 0,23 µg/l, traces en 2009
Mécoprop : 0,04 µg/l le 19/07/2006, traces en 2009
Métalaxyl : nombreuses détections, max 0,06 µg/l
Métazachlore : traces
Métolachlore : nombreuses détections, max 0,2 µg/l le 19/06/2001, 2 fois la norme de l’eau potable, produits de dégradation non analysés (10 à 100 fois le produit brut)
Monolinuron : 0,3 µg/l
Norflurazon : 0,28 µg/l le 19/06/2001
Oxadixyl : 0,13 µg/l le 19/06/2001
Piperonil butoxide : 0,04 µg/l, traces en 2009
Simazine : nombreuses détections, max 0,1 µg/l
Tébutame : 0,03 µg/l
Terbuthylazine : 0,1 µg/l
Terbutryne : 0,04 µg/l
2 4 MCPA : 0,03 µg/l
Dans la station plus en amont (près de Lagnieu), d’autres pesticides ont été détectés :
Foséthyl aluminium : 1,1 µg/l le 19/06/2008, 11 fois la norme de l’eau potable
Hexazinone : 0,64 µg/l le 09/05/2006, 6 fois la norme de l’eau potable
Oxadiazon : 0,06 µg/l le 11/05/2005
Terbuthylazine hydroxy : traces le 28/08/2008
2 6 Dichlorobenzamide : 0,03 µg/l le 21/02/2008, produit de dégradation du Dichlobenil
Détections supplémentaires dans l’Ain près de la confluence avec le Rhône :
Glufosinate-ammonium : 0,11 µg/l le 06/02/2006
Au total, 37 pesticides différents ont été détectés dans le Rhône par les analyses officielles en amont des captages du Grand Lyon.
Le Rhône a un débit moyen de 600 m3/s à Lyon, pour un prélèvement pour l’eau potable de 3,3 m3/s (100 000 000 m3/an). Le prélèvement d’eau du Grand Lyon représente 0,55 % du débit du Rhône. Quand le Rhône est pollué par un pesticide à 0,5 µg/l, cela signifie qu’il transporte 26 kg de pesticides par jour, quantité largement suffisante pour contaminer l’eau de 1,1 million d’habitants au dessus de la norme de l’eau potable (0,1 µg/l). Certains prétendus “experts” du Grand Lyon disent qu’à cause du fort débit pompé, l’eau de Lyon ne pourra jamais être polluée : cela est faux.
Certains de ces 37 pesticides, plus leurs produits de dégradation, se retrouvent donc aux robinets des lyonnais. Le minimum serait de les informer (hors rien n’est fait, à part de dire que l’eau est d’excellente qualité, et l’une des meilleures de France : faux d’après les analyses précédentes).
Un traitement de l’eau distribuée aux charbons actifs serait une solution provisoire. Le prix de l’eau est très élevé à Lyon, un tel prix devrait inclure un traitement de l’eau. A 3 € TTC le m3, distribuer un eau sans traitement est anormal (2,99 € TTC exactement pour une consommation de 120 m3/an).
La solution définitive devrait être d’aller chercher l’eau ailleurs, et d’arrêter de faire boire aux lyonnais l’eau du Rhône (cela dure depuis 150 ans). Il faudrait reprendre les projets du 19° siècle, qui ont été abandonnés car la Compagnie Générale des Eaux (VEOLIA aujourd’hui) a toujours proposé aux lyonnais de boire l’eau du Rhône.