Archives pour novembre 2008

Causes des inondations de Villefranche

6 novembre 2008

L’on entend parler de catastrophe naturelle, mais les inondations exceptionnelles de Villefranche-sur-Saône ne sont pas entièrement naturelles.
Les inondations ont 2 causes artificielles (en plus de la cause naturelle due à des précipitations équivalentes à celle de 2003. En 2003, il n’y avait pas eu de dégâts aussi importants à Villefranche et à l’ouest de Villefranche).
• Des aménagements irresponsables dans la vallée du Morgon.
• La rupture d’un barrage dans la vallée de la Galoche.

Une photo, prise le 22 octobre, avant la crue, montre un chemin formant un barrage dans la vallée de la Galoche. Lors de la crue, des objets ont pu boucher l’orifice d’écoulement de l’eau au pied du barrage (simple hypothèse : des branches d’arbres ou la section insuffisante du passage de l’eau ont pu provoquer le remplissage du barrage). Il s’est alors complètement rempli d’eau, et a débordé par dessus le chemin (preuve par les marques de boue tout autour de la retenue). Puis le barrage a cassé brusquement libérant plusieurs dizaines de milliers de m3 d’eau d’un coup. La pointe de crue a dû être brève car les débris n’ont pas été emportés sur une longue distance.

Les traces de la vague sont visibles en aval :
• Champ de maïs couchés
• 2 murs emportés (toujours sur une faible distance, prouvant que la vague a été violente et faible durée) en face du château de Saint-Fond.
• Inondation d’un lotissement à Gleizé
• Inondations (?) à Villefranche-sur-Saône (d’après certains témoignages, le Morgon avait déjà commencé à déborder bien avant la rupture du barrage).

Dans la vallée du Morgon, on observe depuis quelques années des pratiques irresponsables :
• Remblaiements, sans aucune autorisation, des lits des cours d’eau temporaires par les propriétaires, destinés à faire passer les eaux de crues sur les routes goudronnées (cela est totalement illégal, à Lacenas, le Maire avait été prévenu de ces remblaiements, et il n’a rien fait), puis à rendre constructible les terrains.
• Constructions en zone inondable (même une crèche par la CCBNM à Cogny, qui risque d’être détruite en cas d’orage localisé exceptionnel). Depuis quelques années, on assiste à une accélération des constructions et rénovations en zone inondable. En effet, les propriétaires réalisent de fabuleux bénéfices en vendant un terrain inondable sans valeur en terrain constructible.
• Rénovations des granges situées en zone inondable pour les transformer en habitations.
• Remblaiement des zones d’épandages des crues du Morgon.

Une partie des dégâts matériels à Gleizé et Villefranche est d’origine artificielle (aménagements irresponsables et rupture du barrage), et non naturelle. Est-ce à la collectivité (fond de catastrophe naturelle) de payer des erreurs humaines ?

Pourquoi a-t-on laissé un ouvrage aussi dangereux au dessus d’une ville de 50 000 habitants ? La catastrophe devait forcément arriver un jour, avec un passage de l’eau de 1,5 m2 au pied d’une digue de 5 m de haut juste conçue pour supporter le passage d’une voiture.
On peut même imaginer une catastrophe humaine si la rupture du barrage avait eu lieu en plein jour.

Il serait bon que l’inondation du 2 novembre 2008 serve de leçon pour améliorer l’avenir. Mais non, dès le lundi matin 3 novembre, de nouveaux aménagements et constructions en zone inondable démarraient (voir la photo d’une pelle mécanique sur la zone artisanale de Denicé-CCBNM). Prépare-t-on la prochaine inondation catastrophique dans Villefranche, coté Arnas près du Nizerand, et dans la zone industrielle d’Arnas en aval ? La ZA de Denicé est une aberration, elle barre complètement le lit majeur du Nizerand, obligeant le Nizerand en crue à couler sur la route goudronnée. A Denicé, des maisons anciennes en zone autrefois non inondable, ont été inondées à cause de la ZA.
Comme cela se pratique déjà sur tout le territoire du Grand Lyon, je suis pour l’interdiction totale des constructions (et remblaiements) en zone inondable au dessus de Villefranche (rivières du Morgon et du Nizerand). Autrement, Villefranche sera de plus en plus souvent inondé (les bassins de rétention ne seront jamais assez gros, d’ailleurs déjà nombreux dans la vallée de la Galoche, ils n’ont pas été suffisants).

Chiffrage des propositions pour Villefranche

5 novembre 2008

Les propositions :

  1. Information des usagers sur la qualité réelle de l’eau et les dangers pour la santé
  2. Résolution de la question de la potabilité de l’eau. L’application de la loi française (Code de la Santé Publique) entraine que l’eau est non potable à Villefranche et que la norme du Tétrachloréthylène est de 0,06 µg/l.
  3. Action technique : pompage en continu dans le puits n°6 et rejet de l’eau dans la Saône. Cette action est simple, rapide avec une mise en œuvre en 2 jours maximum et peu coûteuse. Si elle avait été faite en novembre 2006 (lettre recommandée envoyée), des vies auraient probablement pu être sauvées plus tard. A court terme, ce pompage peut faire baisser la concentration en solvants chlorés dans l’eau distribuée de 30 %, peut être 50 % ou plus. En France, de nombreux champs captants utilisent cette technique pour résoudre les pollutions aux solvants chlorés. Par exemple, dans un département voisin, l’eau pompée dans un champ captant est sans aucune trace de pollution : efficacité de 100 % du pompage en continu dans le puits en direction de l’arrivée des solvants chlorés. 
  4. En parallèle, il faut obstruer les drains des puits n° 10 et 11 en direction de la Saône (coulis de ciment injecté avec une canne de 60 m de long pour colmater totalement les drains). En effet, le rejet dans la Saône de l’eau du puits n°6 va entrainer une augmentation du débit, et donc de la pollution, venant de la Saône. Ces drains aberrants prennent l’eau à 20-30 m de la Saône. ils envoient de l’eau très polluée de la Saône dans le réseau d’eau potable. Cette action entrainera une amélioration de la qualité de l’eau par une diminution des polluants en provenance de la Saône (HAP, pesticides, perturbateurs endocriniens, mercure…). De plus, la majorité du manganèse provient des drains des puits 10 et 11. L’obturation des drains résoudra de manière définitive le problème du manganèse. Le problème de la pollution bactériologique de l’eau brute devrait également entièrement résolu par le colmatage des drains.
  5. Résolution définitive du problème de l’eau par déplacement du champ captant.  

Coût des propositions

  1. 0 €, il suffit d’utiliser les moyens de communication déjà en place (avec un contenu différent)
  2. 0  €, il suffit de lire
  3. 1000 € pour la mise en place : branchement de la pompe en place sur une canalisation d’irrigation rigide ou un tuyau de pompiers
  4. 5000 € pour le bouchage des drains
  5. A  calculer, mais peut-être inférieur au 2 000 000 € que VEOLIA veut faire dépenser à la CAVIL pour un traitement au charbon actif
     

Gain pour la collectivité

  •     Des malades évités, des vies humaines sauvées (coût incalculable)
  •     Baisse importante du prix de l’eau et amélioration de la qualité

Perte pour l’exploitant du captage, et tous ceux qui veulent augmenter inutilement le prix de l’eau par la pollution volontaire, et des traitements inutiles

  • Enorme : L’installation fixe de 2 millions d’euros ne sera pas construite, et la rente illimitée de son exploitation envolée
  • L’obturation des drains devrait entrainer immédiatement une eau conforme en permanence pour le fer et le manganèse, d’où un traitement d’eau inutile pendant des années qui ajoute de l’aluminium toxique dans l’eau distribuée. J’espère que la CAVIL annulera alors le contrat avec l’exploitant privé immédiatement sans indemnité pour faute grave.

Dernières analyses de l’eau de Villefranche-sur-Saône

5 novembre 2008

Dernières analyses, parues sur la banque de données publiques ADES, de l’eau captée à Villefranche (qui alimentent 60 00 personnes et une usine de fabrication d’aliments pour bébés)

  • Juillet 2008 : détection d’un nouveau pesticide : BROMACILE
  • Mars 2008 : détection d’un nouveau pesticide : 2-hydroxy atrazine
  • Mars 2008 : détection d’un autre nouveau pesticide : deisopropyl déséthyl atrazine = 0,1 µg/l = hors norme eau potable
  • 2007 et 2008 : 6 détections de SIMAZINE (sur toutes les analyses de 2008)
  • Détections d’ATRAZINE sur toutes les analyses de 2007 et 2008
  • Détections d’atrazine déséthyl sur toutes les analyses de 2007 et 2008
  • Détections de DIURON sur presque toutes les analyses de 2007 et 2008
  • Détections d’OXADIYL sur toutes les analyses de 2007 et 2008
  • Détections de 2-6 DICHLOROBENZAMIDE sur toutes les  analyses de 2007 et 2008
  • Détections Atrazine déisopropyl en 2007
  • 3 détections de METOLACHLOR en 2007
  • 5 détections de LENACILE en 2007 et 2008
  • 4 détections de TERBUTHYLAZINE DESETHYL en 2007 et 2008
  • Détection d’ASULAME en 2005

Autre pesticides détectés dans l’eau potable : carbofuran, dichloropropène-2,3 ,  terbuthylazine hydro, simazine hydroxy, tébutame, linuron, métoxuron

21  pesticides différents détectés dans un même captage d’eau potable : un record ?

A cela, il faut ajouter les pesticides et produits de dégradations (du métolachlor, de l’acétochlor…) jamais analysés. Il y a en réalité plusieurs dizaines de pesticides en permanence dans l’eau de Villefranche-sur-Saône, et une eau probablement en permanence non potable pour le paramètre pesticides.

Un responsable de la DDASS (pas celle du Rhône) déclare que dès qu’il y a 2 pesticides dans un captage, il agit et résout le problème (en protégeant ou déplaçant le captage), et que dans son département il est impossible d’arriver à 5 pesticides dans un même captage AEP. Dans le Rhône, à Villefranche, aucune action efficace n’est menée, à part dire que TOUT VA BIEN. L’extension actuelle des périmètres concerne moins de 1 % de l’eau captée de Villefranche, et il est certain que 15 des 17 pesticides ne viennent pas des maraichers. Les périmètres de protection n’amélioreront pas la qualité de l’eau.

Pour les solvants chlorés, on a atteint un record fin 2007 avec 7,8 µg/l de tétrachloréthylène, soit 4 fois la proposition de norme des experts européens (2 µg/l) et 130 fois la norme française définie par le Code de la Santé Publique (0,06 µg/l).