Les lyonnais enfin informés sur les solvants chlorés

By brunod

En 2008, les 1 000 000 d’usagers de l’agglomération lyonnaise ont enfin été informés sur la présence de solvants chlorés dans leur eau “potable”.

“Dans l’eau mise en distribution à Croix Luizet, la valeur moyenne relevée est de 0,54 µg/l et la valeur maximale de 1,5 µg/l. “

Nous vous rappelons qu’en 2007, il n’y avait pas la moindre information, même dans le rapport détaillé du Grand Lyon sur la qualité de l’eau au cours de l’année 2006. Voir http://leau.wordpress.com/2008/07/13/98-des-habitants-du-rhone-sont-exposes-au-tetrachlorethylene/

C’est bien sûr un point positif, mais pourquoi cette information a lieu si tard. La présence des solvants chlorés est connue depuis au moins le début des années 80, avec une eau dans certains puits au dessus de la valeur guide (1 µg/l de 1980 à 2003). C’est à dire que l’on informe les usagers avec 25 ans de retard.

En conclusion, “L’eau distribuée est restée conforme aux limites de qualité réglementaire pour l’ensemble des paramètres physico-chimiques mesurés.” C’est vrai, mais cela n’intéresse pas les 1 000 000 d’usagers. Ce que les usagers veulent savoir, c’est si l’eau qu’ils utilisent est potable ou non.

Hors le tétrachloréthylène, le polluant de l’eau des lyonnais, est 3 fois plus toxique que l’atrazine (limite de qualité de 0,1 µg/l). La pollution moyenne est de 0,54 µg/l. L’eau distribuée est donc très polluée. En utilisant les instructions officielles du Ministère de la Santé, la norme du tétrachloréthylène devrait être de 0,06 µg/l. L’eau est dangereuse pour la santé, donc non potable d’après la loi (Code de la Santé Publique, l’article R 1321-2).

Il y a aussi tous les paramètres physico-chimiques non mesurés : produits de dégradation des pesticides du Rhône (du métolachlore…), médicaments et résidus de médicaments, perturbateurs endocriniens des eaux usées rejetées dans le Rhône, phtalates, autres polluants détectés dans le Rhône : nonylphénols, tributylphosphate, monooctylétain, benzo (a) Pyrène (aussi détecté dans l’eau distribuée)…

La loi française est claire. Les pouvoirs publics ont une obligation de résultat sur la qualité de l’eau. La simple conformité à quelques limites de qualité n’est pas suffisante pour déclarer l’eau potable. L’eau réelle (pas celle des analyses de la DDASS) ne doit pas être dangereuse pour la santé.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.